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	<title>Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</title>
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	<description>Droit des marques, droit d’auteur et droit du numérique à Paris</description>
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	<title>Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</title>
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	<item>
		<title>Logiciel développé par un freelance, une agence ou avec l&#8217;IA : votre entreprise est-elle vraiment propriétaire ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie Matteoda avocat PI]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Oct 2026 14:25:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/propriete-logiciel-freelance-agence-ia-no-code">Logiciel développé par un freelance, une agence ou avec l&rsquo;IA : votre entreprise est-elle vraiment propriétaire ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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				<div class="et_pb_text_inner"><p style="text-align: justify;"><strong>Vous préparez une levée de fonds. L&rsquo;investisseur vous demande une pièce simple : la preuve que votre société détient les droits sur son logiciel. Or le code a été écrit par un freelance, complété par une agence, puis enrichi avec un outil d&rsquo;IA.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous avez tout payé. Vous utilisez le logiciel tous les jours. Et pourtant, vous ne trouvez aucun document qui dise que le code est à vous.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cette situation est fréquente. Elle l&rsquo;est plus encore depuis que les outils d&rsquo;IA et de no-code permettent de créer une application en quelques jours, parfois sans savoir coder, et sans que les contrats aient suivi.</p>
<p style="text-align: justify;">Le fil rouge de cet article : payer un logiciel, l&rsquo;utiliser et en être propriétaire sont trois choses différentes. Un investisseur ou un acquéreur ne paie que la troisième.</p>
<p style="text-align: justify;">À qui appartient le code écrit par un prestataire, un salarié ou un associé ? Que vaut la « propriété » promise par un outil d&rsquo;IA ? Que possédez-vous vraiment sur une plateforme no-code ? Et comment sécuriser tout cela avant une opération ?</p>
<h2 style="text-align: justify;">À qui appartient un logiciel développé par un prestataire ?</h2>
<p style="text-align: justify;"><em><strong></strong></em></p>
<p><em><strong> » J&rsquo;ai payé le développement, le code est à moi, non ? « </strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">Pas nécessairement. En <a href="/avocat-droit-auteur">droit d&rsquo;auteur</a>, payer une prestation ne transfère pas la propriété de ce qui a été créé. Sans contrat de cession, les droits restent en principe à celui qui a écrit le code.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le logiciel est une œuvre protégée par le droit d&rsquo;auteur</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;article L. 112-2, 13° du Code de la propriété intellectuelle range parmi les œuvres de l&rsquo;esprit  » les logiciels « , y compris le matériel de conception préparatoire ». Les droits naissent sur la tête de la personne qui crée le code.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces droits sont étendus. Selon l&rsquo;article L. 122-6 du même code, l&rsquo;auteur d&rsquo;un logiciel a seul le droit d&rsquo;autoriser sa reproduction, sa modification et sa mise sur le marché. Faire évoluer un logiciel ou le commercialiser suppose donc de détenir ces droits.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Sans écrit précis, pas de transfert</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Deux textes encadrent la cession :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>L&rsquo;article L. 131-2 : </strong>les contrats par lesquels sont transmis des droits d&rsquo;auteur doivent être constatés par écrit.</li>
<li><strong>L&rsquo;article L. 131-3 : </strong>chacun des droits cédés doit faire l&rsquo;objet d&rsquo;une mention distincte, et le domaine d&rsquo;exploitation doit être délimité quant à son étendue, sa destination, son lieu et sa durée.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">En pratique, ne valent pas cession :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>une facture acquittée, même libellée « développement sur mesure »</li>
<li>la livraison du code source ou l&rsquo;accès au dépôt</li>
<li>une mention générale du type « tous droits cédés », dont la portée peut être contestée.</li>
</ul>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Avec une agence, une chaîne à vérifier</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une agence ne peut vous céder que ce qu&rsquo;elle détient elle-même. Si ses développeurs sont salariés, elle est en principe titulaire des droits. Si elle a fait appel à des freelances, elle doit avoir obtenu leur cession avant de vous céder quoi que ce soit.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Sans cession, vous disposez au mieux d&rsquo;un droit d&rsquo;usage, dont l&rsquo;étendue se discute au cas par cas. Confier l&rsquo;évolution du code à un autre prestataire ou revendre le logiciel devient alors risqué.</em></p>
<h2 style="text-align: left;">Salarié, stagiaire, associé : qui est couvert par la dévolution automatique ?</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em> » C&rsquo;est mon associé qui a tout codé, la société est donc propriétaire ? « </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pas automatiquement. La loi ne prévoit un transfert automatique à l&rsquo;entreprise que dans des cas précis. Un associé ou un dirigeant non salarié n&rsquo;en fait pas partie.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les salariés : la règle la plus favorable à l&rsquo;entreprise</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Selon l&rsquo;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000039279818" target="_blank" rel="noopener">article L. 113-9 du Code de la propriété intellectuelle sur les logiciels créés par les salariés</a>, les droits patrimoniaux sur les logiciels et leur documentation créés par un employé dans l&rsquo;exercice de ses fonctions, ou d&rsquo;après les instructions de son employeur, sont dévolus à l&#8217;employeur. La règle s&rsquo;applique sauf stipulations contraires.</p>
<p style="text-align: justify;">Deux limites sont à garder en tête. La règle vise le logiciel, pas les autres créations du salarié (charte graphique, contenus, visuels). Et elle suppose un travail réalisé dans le cadre des fonctions ou sur instructions.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les stagiaires : un régime étroit</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Depuis le 17 décembre 2021, l&rsquo;article L. 113-9-1 étend cette dévolution à des personnes non salariées. Mais ses conditions sont strictes. La personne doit être accueillie, dans le cadre d&rsquo;une convention, par une structure  » réalisant de la recherche « , percevoir une contrepartie et être placée sous l&rsquo;autorité d&rsquo;un responsable de cette structure.</p>
<p style="text-align: justify;">Toutes les entreprises et tous les stages n&rsquo;entrent pas dans ce cadre. En cas de doute, une cession écrite reste le réflexe le plus sûr.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les associés et dirigeants non salariés : l&rsquo;angle mort</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">C&rsquo;est la situation la plus fréquente dans les jeunes sociétés. Le cofondateur technique écrit le code, sans contrat de travail. Aucun texte ne transfère ses droits à la société.</p>
<p style="text-align: justify;">La Cour de cassation l&rsquo;a rappelé dans un arrêt du 15 janvier 2015 (Cass. 1re civ., n° 13-23.566, publié au Bulletin) : une personne morale ne peut pas avoir la qualité d&rsquo;auteur. Elle a censuré une cour d&rsquo;appel qui avait reconnu à une société la qualité d&rsquo;auteur de deux logiciels, fruit du travail de ses associés.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>De nombreux fondateurs pensent que le code  » appartient à la boîte  » parce qu&rsquo;il a été écrit pour elle. C&rsquo;est inexact pour un associé non salarié : sans cession ou apport écrit, les droits restent à la personne qui a codé.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le bon réflexe : faire signer une cession de droits à la société par chaque fondateur qui a contribué au code, dès la création. C&rsquo;est simple quand tout va bien, et très difficile après un départ conflictuel.</em></p>
<h2 style="text-align: left;">Code préexistant et open source : ce que le prestataire ne peut pas vous céder</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong><em> » J&rsquo;ai une clause de cession, je suis tranquille ? « </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pas tout à fait. Une cession ne porte que sur ce que le prestataire a créé pour vous et qu&rsquo;il a le droit de céder. Or un logiciel est rarement écrit à partir d&rsquo;une page blanche.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Les briques du prestataire : </strong>bibliothèques, modules ou outils qu&rsquo;il réutilise d&rsquo;un client à l&rsquo;autre. Il ne vous les cède pas, il vous en concède l&rsquo;usage. Les conditions de cette licence comptent : durée, droit de modifier, sort en cas de changement de prestataire.</li>
<li><strong>Les composants de tiers : </strong>ils restent soumis à leur propre licence, que votre contrat ne peut pas modifier.</li>
<li><strong>L&rsquo;open source : </strong>la licence suit le code. Certaines licences imposent des obligations fortes, par exemple diffuser le code modifié sous la même licence.</li>
</ul>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Un risque qui se chiffre</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le non-respect d&rsquo;une licence libre peut constituer une contrefaçon. La cour d&rsquo;appel de Paris l&rsquo;a jugé le 14 février 2024, à propos d&rsquo;un logiciel diffusé sous licence GNU GPL version 2.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle a alloué à son éditeur 800 000 euros de dommages et intérêts : 500 000 euros pour les conséquences économiques, 150 000 euros pour le préjudice moral et 150 000 euros au titre des bénéfices réalisés.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le bon réflexe : exiger à la livraison un inventaire des composants préexistants et open source, avec leurs licences. Ce document vous sera demandé lors de tout audit.</em></p>
<h2 style="text-align: left;">Logiciel créé avec l&rsquo;IA : possédez-vous vraiment le code ?</h2>
<p style="text-align: left;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong><em> » L&rsquo;outil dit que le code généré m&rsquo;appartient. Ça suffit ? « </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Non. Les conditions d&rsquo;utilisation d&rsquo;un outil règlent vos rapports avec son éditeur. Elles ne créent pas un droit d&rsquo;auteur opposable à tous.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Ce que disent les conditions d&rsquo;un outil</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Prenons l&rsquo;exemple de Lovable, un outil qui génère des applications à partir d&rsquo;instructions en langage courant. Ses conditions, mises à jour le 28 août 2026, prévoient que :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>l&rsquo;utilisateur est propriétaire des applications qu&rsquo;il construit et des résultats générés pour lui par l&rsquo;IA</li>
<li>cette propriété s&rsquo;entend sous réserve des droits de tiers sur les modèles, les données d&rsquo;entraînement ou les résultats</li>
<li>l&rsquo;éditeur ne garantit pas que ces résultats soient uniques ni libres de droits de tiers, et ils peuvent être similaires ou identiques à ceux générés pour d&rsquo;autres utilisateurs.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Autrement dit, l&rsquo;éditeur ne revendique pas le code. Il ne vous garantit pas pour autant que personne d&rsquo;autre ne peut le revendiquer, ni que vous pourrez en interdire la copie.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Ce que dit le droit d&rsquo;auteur</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le droit d&rsquo;auteur protège une création humaine. Pour un logiciel, la Cour de cassation exige depuis 1986 qu&rsquo;il porte la marque de l&rsquo;apport intellectuel de son auteur (Cass. ass. plén., 7 mars 1986, n° 83-10.477).</p>
<p style="text-align: justify;">Un code produit par une IA sans choix humains identifiables risque donc de ne pas être protégé. À notre connaissance, aucune décision française n&rsquo;a encore tranché cette question pour du code généré, à la date de rédaction de cet article. L&rsquo;incertitude est réelle.</p>
<p style="text-align: justify;">La conséquence est concrète. Ce qui n&rsquo;est pas protégé par le droit d&rsquo;auteur ne peut ni être cédé à ce titre, ni être défendu par une action en contrefaçon. En revanche, lorsqu&rsquo;un développeur conçoit l&rsquo;architecture, sélectionne, corrige et réécrit, une protection reste envisageable sur ses apports, au cas par cas.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Votre freelance a utilisé l&rsquo;IA</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Beaucoup de prestataires utilisent aujourd&rsquo;hui ces outils pour livrer plus vite. Votre clause de cession ne couvre alors que ce qui est protégeable. Trois points méritent d&rsquo;être écrits :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>une déclaration du prestataire sur les outils d&rsquo;IA utilisés</li>
<li>une garantie contre les réclamations de tiers sur le code livré</li>
<li>la conservation des éléments qui documentent ses apports personnels.</li>
</ul>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Et la confidentialité ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Les mêmes conditions prévoient que l&rsquo;éditeur peut utiliser les données de ses clients pour développer et entraîner des modèles d&rsquo;IA, sauf demande contraire de l&rsquo;utilisateur. Or le secret des affaires ne protège une information que si elle fait l&rsquo;objet de mesures de protection raisonnables (article L. 151-1 du Code de commerce). Vérifier ce réglage fait partie de ces mesures.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>De nombreux contenus affirment que « le code généré par l&rsquo;IA vous appartient ». C&rsquo;est une simplification : ce que l&rsquo;outil vous accorde par contrat n&rsquo;est pas un droit d&rsquo;auteur, et ne vous protège pas contre un concurrent qui obtiendrait un code similaire.</em></p>
<h2 style="text-align: left;">Application en no-code : propriétaire ou locataire ?</h2>
<p style="text-align: left;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong><em> » J&rsquo;ai construit mon appli sans coder, elle est à moi ? « </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">En partie seulement. Sur une plateforme no-code, vous êtes propriétaire de ce que vous y apportez, pas du moteur qui fait fonctionner l&rsquo;application.</p>
<p style="text-align: justify;">Bubble, l&rsquo;une des plateformes les plus utilisées, l&rsquo;explique dans sa documentation :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Ce qui vous revient : </strong>vos données et le design de votre application.</li>
<li><strong>Ce qui reste à la plateforme : </strong>le code sous-jacent qui fait fonctionner l&rsquo;application.</li>
<li><strong>Ce que vous ne pouvez pas faire : </strong>exporter votre application sous forme de code. Elle ne fonctionne que sur la plateforme. Si vous la quittez, la logique applicative est à reconstruire.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">La plateforme précise que cette page est informative et que ses conditions générales prévalent. Elle s&rsquo;engage par ailleurs à publier son code sous licence libre si elle cessait son activité.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Ce que cela change pour votre entreprise</strong></h3>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Vous ne détenez pas un « code source » que vous pourriez céder, déposer ou faire auditer.</li>
<li>La valeur de votre application repose sur d&rsquo;autres actifs : la marque, les données, le design, la clientèle, les contrats.</li>
<li>Votre activité dépend des conditions et des tarifs de la plateforme.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><em>Point clé : le no-code n&rsquo;est pas un mauvais choix. C&rsquo;est un modèle de dépendance assumée, qu&rsquo;il faut connaître avant de promettre à un investisseur ou à un acquéreur la « propriété du logiciel ».</em></p>
<h2 style="text-align: left;">Fonctionnalités et concept : le droit d&rsquo;auteur s&rsquo;arrête au code</h2>
<p style="text-align: left;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong><em> » Un concurrent peut-il refaire mon logiciel avec l&rsquo;IA ? « </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">En principe oui, s&rsquo;il ne copie pas votre code. Le droit d&rsquo;auteur protège la forme d&rsquo;un logiciel, pas ce qu&rsquo;il fait.</p>
<p style="text-align: justify;">La Cour de justice de l&rsquo;Union européenne l&rsquo;a jugé dans son <a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:62010CJ0406" target="_blank" rel="noopener">arrêt SAS Institute du 2 mai 2012 sur la protection des fonctionnalités d&rsquo;un logiciel</a> (CJUE, C-406/10) : ni la fonctionnalité d&rsquo;un programme d&rsquo;ordinateur, ni le langage de programmation, ni le format de fichiers de données ne sont protégés par le droit d&rsquo;auteur sur les programmes d&rsquo;ordinateur.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec les outils d&rsquo;IA, reproduire les fonctions d&rsquo;un logiciel existant sans en copier une ligne est devenu rapide et peu coûteux. D&rsquo;autres protections doivent donc prendre le relais :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>La marque : </strong>elle protège le nom sous lequel votre logiciel est connu.</li>
<li><strong>Le secret des affaires : </strong>il protège vos algorithmes, votre architecture et vos données, à condition de les garder réellement confidentiels.</li>
<li><strong>Les contrats : </strong>confidentialité, non-concurrence, conditions d&rsquo;utilisation interdisant certaines reprises.</li>
<li><strong>La concurrence déloyale et le parasitisme : </strong>ils peuvent sanctionner certains comportements, au cas par cas et sous réserve de preuve.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>À RETENIR</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔&nbsp; Sans cession écrite et détaillée, le code reste à celui qui l&rsquo;a écrit (art. L. 131-2 et L. 131-3 CPI).</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔&nbsp; Seuls les salariés bénéficient d&rsquo;une dévolution automatique à l&#8217;employeur (art. L. 113-9 CPI).</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔&nbsp; Une société ne peut pas être auteur : l&rsquo;associé non salarié doit céder ses droits (Cass. 1re civ., 15 janv. 2015).</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔&nbsp; La « propriété » accordée par un outil d&rsquo;IA n&rsquo;est pas un droit d&rsquo;auteur.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔&nbsp; Les fonctionnalités ne sont pas protégées : seul le code l&rsquo;est (CJUE, 2 mai 2012, C-406/10).</strong></p>
<h2 style="text-align: left;">Levée de fonds ou cession : ce que l&rsquo;investisseur va vérifier</h2>
<p style="text-align: left;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong><em> » Qu&rsquo;est-ce que je risque vraiment ? « </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">De découvrir le problème au pire moment. Lors d&rsquo;une levée ou d&rsquo;une cession, la propriété du logiciel est l&rsquo;un des premiers points audités. Trois vérifications reviennent presque toujours.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>La chaîne de titularité : </strong>pour chaque personne qui a contribué au code, un contrat de travail, une cession ou un apport.</li>
<li><strong>L&rsquo;inventaire des composants : </strong>briques de prestataires et composants open source, avec leurs licences.</li>
<li><strong>L&rsquo;usage de l&rsquo;IA et du no-code : </strong>quelle part du logiciel a été générée, avec quels outils, sous quelles conditions.</li>
</ul>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les conséquences d&rsquo;une chaîne incomplète</strong></h3>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Une décote sur la valorisation.</li>
<li>Des garanties renforcées demandées au fondateur.</li>
<li>Une régularisation exigée avant la signature, qui retarde l&rsquo;opération.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><em>Régulariser après coup suppose l&rsquo;accord de l&rsquo;auteur. Un ancien prestataire ou un cofondateur parti en mauvais termes se retrouve alors en position de force pour négocier.</em></p>
<h2 style="text-align: left;">Le plan d&rsquo;action : six étapes pour sécuriser la propriété de votre logiciel</h2>
<p style="text-align: left;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong><em> » Par où je commence ? « </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Par un état des lieux. Les six étapes suivantes se déroulent dans cet ordre, et les premières peuvent être menées en quelques jours.</p>
<ol style="text-align: justify;">
<li><strong> </strong><strong>Cartographier qui a écrit quoi. </strong>Salariés, freelances, agences, associés, stagiaires, outils d&rsquo;IA : dressez la liste des contributeurs et des périodes.</li>
<li><strong> </strong><strong>Rassembler les contrats. </strong>Pour chaque contributeur, vérifiez l&rsquo;existence d&rsquo;un écrit et la précision de la cession.</li>
<li><strong> </strong><strong>Régulariser les cessions manquantes. </strong>Tant que les relations sont bonnes, un acte de cession confirmatif se signe sans difficulté.</li>
<li><strong> </strong><strong>Encadrer l&rsquo;IA et l&rsquo;open source dans vos contrats. </strong>Déclaration des outils utilisés, inventaire des composants, garantie contre les réclamations de tiers.</li>
<li><strong> </strong><strong>Documenter les apports humains. </strong>Spécifications, choix d&rsquo;architecture, historique des versions : ces éléments prouvent l&rsquo;originalité et datent la création.</li>
<li><strong> </strong><strong>Protéger ce que le droit d&rsquo;auteur ne couvre pas. </strong>Dépôt de la marque, mesures de confidentialité, clauses adaptées dans vos conditions d&rsquo;utilisation.</li>
</ol>
<h2>Trois situations concrètes</h2>
<p><strong><em></em></strong></p>
<p><strong><em> » Est-ce que mon cas ressemble à l&rsquo;un de ceux-là ? « </em></strong></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cas 1 · Le micro-SaaS construit en no-code</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Un fondateur a créé seul, sur une plateforme no-code, un outil de gestion qui compte 300 clients. Un acquéreur lui demande de céder « le logiciel et son code source ».</p>
<p style="text-align: justify;">Le risque : promettre ce qu&rsquo;il ne détient pas. La cession doit être construite sur les actifs réels : marque, données, design, contrats clients, compte sur la plateforme, dans le respect des conditions de celle-ci.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cas 2 · La PME et son agence web</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une PME a fait développer un outil métier par une agence, sur simple devis. Trois ans plus tard, elle veut confier la maintenance à un autre prestataire. L&rsquo;agence s&rsquo;y oppose et invoque ses droits sur le code.</p>
<p style="text-align: justify;">Le risque : un blocage, voire un contentieux. Tout dépend des documents échangés. Une clause de cession dans le contrat initial, avec un inventaire des briques réutilisées, aurait évité la discussion.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cas 3 · Le cofondateur technique qui s&rsquo;en va</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Deux associés créent une start-up. L&rsquo;un, non salarié, écrit l&rsquo;essentiel du code, en s&rsquo;aidant d&rsquo;un outil d&rsquo;IA. Il quitte la société avant la première levée de fonds.</p>
<p style="text-align: justify;">Le risque : la société n&rsquo;est pas titulaire des droits sur son produit principal. L&rsquo;investisseur exigera une cession, que l&rsquo;ancien associé est libre de négocier. Une cession signée à la création aurait sécurisé la société.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L&rsquo;enseignement commun : dans les trois cas, le logiciel fonctionne et les factures sont payées. Ce qui manque, c&rsquo;est l&rsquo;écrit qui dit à qui il appartient.</em></p>
<h2 style="text-align: left;">FAQ : propriété d&rsquo;un logiciel développé par un tiers</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le code source qui m&rsquo;a été livré m&rsquo;appartient-il ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Pas nécessairement. La remise du code source ne transfère pas les droits d&rsquo;auteur. Il faut un contrat écrit qui mentionne chaque droit cédé et délimite son étendue, sa destination, son lieu et sa durée (article L. 131-3 du Code de la propriété intellectuelle). Sans cet écrit, vos droits se limitent en principe à un usage.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Mon freelance peut-il réutiliser le code chez un autre client ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Cela dépend de votre contrat. Sans cession, il reste titulaire des droits et peut en principe réutiliser son code. Avec une cession exclusive, il ne le peut plus pour ce qui a été cédé. Les briques qu&rsquo;il utilisait déjà avant votre projet restent généralement sa propriété.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le code généré par une IA est-il protégé par le droit d&rsquo;auteur ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Ce n&rsquo;est pas certain. Le droit d&rsquo;auteur suppose un apport intellectuel humain. Un code généré sans intervention créative identifiable risque de ne pas être protégé, et aucune décision française n&rsquo;a, à notre connaissance, tranché la question à la date de rédaction. Les apports d&rsquo;un développeur qui structure et réécrit le code peuvent en revanche être protégés, au cas par cas.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Puis-je vendre une application créée en no-code ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Oui, mais pas comme un logiciel classique. Vous cédez vos données, votre design, votre marque, vos contrats et l&rsquo;accès à votre compte, dans le respect des conditions de la plateforme. Le code sous-jacent reste la propriété de celle-ci. L&rsquo;acte de cession doit décrire précisément ces actifs.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Comment régulariser une cession de droits oubliée ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Par un acte de cession signé avec l&rsquo;auteur du code, qui couvre les développements déjà réalisés. Cet acte doit respecter les mêmes exigences qu&rsquo;une cession initiale. Il suppose l&rsquo;accord de l&rsquo;auteur : mieux vaut donc s&rsquo;en occuper avant tout désaccord ou toute opération sur le capital.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Faut-il déposer son logiciel pour être protégé ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Non. Le droit d&rsquo;auteur naît sans formalité, du seul fait de la création. Un dépôt reste utile pour dater le code et faciliter la preuve en cas de litige. Il ne remplace ni un contrat de cession, ni la conservation des éléments qui démontrent l&rsquo;originalité.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>En conclusion, payer un logiciel, l&rsquo;utiliser et en être propriétaire sont trois choses différentes.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les enjeux sont doubles. Au quotidien, la propriété conditionne votre liberté de faire évoluer le code, de changer de prestataire et de vous défendre contre une copie. Lors d&rsquo;une levée de fonds ou d&rsquo;une cession, elle conditionne la valeur de l&rsquo;entreprise. Les outils d&rsquo;IA et de no-code n&rsquo;ont pas changé ces règles : ils ont multiplié les situations où personne ne s&rsquo;est posé la question.</p>
<p style="text-align: justify;">La bonne posture n&rsquo;est ni de renoncer à ces outils, ni de s&rsquo;en remettre à leurs conditions générales. C&rsquo;est de savoir précisément ce que l&rsquo;on détient, et de l&rsquo;écrire avant d&rsquo;en avoir besoin.&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">En savoir plus, je vous invite à lire mon article : <a href="/ia-droit-auteur-presomption-exploitation-entreprise">IA et droit d’auteur : votre entreprise est-elle exposée à un risque de contrefaçon en 2026 ?</a></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Votre logiciel a été développé par un prestataire, un associé ou avec l&rsquo;IA ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><em>Le Cabinet Nathalie Matteoda, avocat en propriété intellectuelle et <a href="/avocat-droit-numerique">droit du numérique à Paris</a>, vous accompagne : audit de la titularité du code, régularisation des cessions, clauses IA et open source dans vos contrats de développement.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Prendre rendez-vous&nbsp; :<span>&nbsp;</span></strong><strong>Tél. 06 42 18 50 53<span>&nbsp;</span>ou prenez<span>&nbsp;</span><a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/avocat-prendre-rdv">rendez-vous en ligne.</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Suivre mon actualité sur Linkedin ?<span>&nbsp;</span><a href="https://www.linkedin.com/in/matteoda-nathalie/" target="_blank" rel="noopener">Nathalie Matteoda – Avocat en droit de la propriété intellectuelle</a></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Cet article fournit une information juridique générale et ne constitue pas un conseil individualisé. Chaque logiciel, chaque contrat et chaque outil méritent une analyse dédiée. Les conditions d&rsquo;utilisation des outils cités sont celles publiées à la date de rédaction et peuvent évoluer. Pour sécuriser la propriété de votre logiciel, consultez un avocat en propriété intellectuelle.</em></p></div>
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<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/propriete-logiciel-freelance-agence-ia-no-code">Logiciel développé par un freelance, une agence ou avec l&rsquo;IA : votre entreprise est-elle vraiment propriétaire ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
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		<title>Donner son nom à son entreprise : qui peut ensuite l&#8217;utiliser comme marque ?</title>
		<link>https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/donner-son-nom-entreprise-marque-patronymique</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie Matteoda avocat PI]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Oct 2026 12:44:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/donner-son-nom-entreprise-marque-patronymique">Donner son nom à son entreprise : qui peut ensuite l&rsquo;utiliser comme marque ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><div class="et_pb_section et_pb_section_1 et_section_regular" >
				
				
				
				
				
				
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				<div class="et_pb_text_inner"><p style="text-align: justify;"><strong>Une créatrice de bijoux signe une collection capsule pour une enseigne de mode, sous son prénom et son nom. Le 11 septembre 2025, le tribunal judiciaire de Paris y voit une contrefaçon de marque.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La marque en cause ? Son propre nom, cédé quelques années plus tôt avec les actifs de son entreprise.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L&rsquo;histoire paraît extrême. Elle concerne pourtant tout fondateur dont le nom figure sur la porte : artisan, consultant, créateur, dirigeant d&rsquo;une entreprise familiale.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Car un nom de famille change de nature lorsqu&rsquo;il devient dénomination sociale, nom commercial ou marque. Il n&rsquo;est plus seulement une identité. Il devient un actif, qui se dépose, se cède, se concède en licence et se défend.</p>
<p style="text-align: justify;">Le fil rouge de cet article : votre nom vous appartient, sa valeur commerciale appartient à celui que vos contrats désignent.</p>
<p style="text-align: justify;">Qui peut déposer un nom de famille comme marque ? Qui en est titulaire quand l&rsquo;entreprise grandit ? Que reste-t-il au fondateur après une cession ? Et le repreneur peut-il tout se permettre ? Les réponses tiennent en trois moments : la création, le développement, le départ.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Un nom de famille peut-il vraiment cesser de vous appartenir ?</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em> » C&rsquo;est mon nom, j&rsquo;en fais ce que je veux, non ? « </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pas dans la vie des affaires. Votre nom reste le vôtre à l&rsquo;état civil, et personne ne peut vous en priver. Mais son usage commercial obéit à d&rsquo;autres règles dès lors que vous l&rsquo;avez apporté à une entreprise.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Un même nom, deux natures juridiques</strong></h3>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Le nom, attribut de la personne : </strong>il vous identifie, il ne se vend pas et il ne se perd pas.</li>
<li><strong>Le nom, signe distinctif : </strong>dénomination sociale, nom commercial, enseigne, marque ou nom de domaine. Sous cette forme, il identifie une entreprise ou des produits. C&rsquo;est un bien incorporel, qui peut être cédé comme n&rsquo;importe quel autre actif.</li>
</ul>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Un principe posé dès 1985</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Dans l&rsquo;arrêt Bordas (Cass. com., 12 mars 1985, n° 84-17.163), la Cour de cassation a jugé que le patronyme inséré dans les statuts d&rsquo;une société devient un signe distinctif qui se détache de la personne physique qui le porte, pour s&rsquo;appliquer à la personne morale qu&rsquo;il distingue. Il devient ainsi un objet de propriété incorporelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette affaire, le fondateur d&rsquo;une maison d&rsquo;édition avait quitté la société qui portait son nom. Il n&rsquo;a pas pu lui interdire de continuer à l&rsquo;utiliser.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Point clé : ce qui vous reste toujours, c&rsquo;est votre identité. Ce qui peut vous échapper, c&rsquo;est le droit d&rsquo;utiliser votre nom pour désigner une entreprise, des produits ou des services.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">À la création : porter un nom ne donne pas le droit de le déposer</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em> » Je m&rsquo;appelle ainsi, personne ne peut m&#8217;empêcher d&rsquo;en faire ma marque ? « </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Si. Un nom de famille se dépose comme n&rsquo;importe quel autre signe : il doit être disponible. Or vous n&rsquo;êtes peut-être ni le seul à le porter, ni le premier à l&rsquo;exploiter.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les droits antérieurs s&rsquo;appliquent aussi aux noms</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Selon l&rsquo;article L. 711-3 du Code de la propriété intellectuelle, une marque ne peut pas porter atteinte à des droits antérieurs. Sont notamment visés :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>une marque déjà déposée</li>
<li>une dénomination sociale, un nom commercial, une enseigne ou un nom de domaine, sous certaines conditions</li>
<li>un droit de la personnalité d&rsquo;un tiers, notamment son nom de famille.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Un homonyme qui exploite déjà le même nom dans le même secteur peut donc, selon les cas, s&rsquo;opposer à votre dépôt ou en demander la nullité.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>L&rsquo;exception du nom</strong> de<strong> famille est plus étroite qu&rsquo;on ne le croit</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;article L. 713-6 du même code prévoit que le titulaire d&rsquo;une marque ne peut pas interdire à un tiers l&rsquo;usage, dans la vie des affaires, de son nom de famille. Deux conditions limitent fortement cette exception :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Le tiers doit être une personne physique. </strong>Une société qui porte le nom de son fondateur ne peut pas s&rsquo;en prévaloir.</li>
<li><strong>L&rsquo;usage doit être conforme aux usages loyaux du commerce. </strong>L&rsquo;exception ne joue pas si l&rsquo;usage crée une confusion ou tire profit de la marque d&rsquo;autrui.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><em>De nombreux contenus affirment que l&rsquo;on peut toujours exercer sous son propre nom. C&rsquo;est une simplification inexacte : l&rsquo;exception ne protège ni les sociétés, ni les usages déloyaux.</em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Vouloir protéger son nom ne suffit pas à justifier un dépôt</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La Cour de cassation l&rsquo;a rappelé dans son <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000052587277">arrêt du 13 novembre 2025 sur le dépôt d&rsquo;un nom de famille comme marque</a> (Cass. com., n° 24-14.355, publié au Bulletin).</p>
<p style="text-align: justify;">Deux entreprises du secteur des fermetures utilisaient le même patronyme. L&rsquo;une d&rsquo;elles a déposé comme marque ce patronyme, suivi du mot « Fermetures », puis a agi en contrefaçon contre l&rsquo;autre. La cour d&rsquo;appel avait écarté toute mauvaise foi : selon elle, vouloir protéger son nom de famille était un but légitime.</p>
<p style="text-align: justify;">La Cour de cassation censure ce raisonnement. La volonté de protéger son patronyme ne suffit pas, à elle seule, à exclure la mauvaise foi. Les juges doivent examiner les circonstances du dépôt, notamment :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>la connaissance qu&rsquo;avait le déposant de l&rsquo;exploitation du signe par un tiers</li>
<li>son intention réelle d&rsquo;exploiter la marque.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">La Cour précise aussi que la mauvaise foi visée à l&rsquo;article L. 712-6 du Code de la propriété intellectuelle n&rsquo;exige pas que le dépôt ait visé un tiers en particulier.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le bon réflexe : avant tout dépôt, faire réaliser une recherche d&rsquo;antériorité élargie (marques, dénominations sociales, noms commerciaux, noms de domaine) et identifier les autres exploitants du nom, y compris au sein de votre famille.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Pendant le développement : fondateur ou société, qui est titulaire de quoi ?</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em> » J&rsquo;ai mis mon nom dans les statuts, la société peut-elle en faire une marque ? « </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pas automatiquement. Accepter que la société porte votre nom et l&rsquo;autoriser à le déposer comme marque sont deux décisions distinctes.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>La nuance de l&rsquo;arrêt Ducasse</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Dans un arrêt du 6 mai 2003 (Cass. com., n° 00-18.192), la Cour de cassation a jugé que le consentement donné par un associé fondateur, dont le nom est notoirement connu, à l&rsquo;insertion de son patronyme dans la dénomination sociale ne suffit pas à autoriser la société à déposer ce nom comme marque. Il faut son accord, ou une renonciation à ses droits patrimoniaux sur son nom.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette solution a été rendue à propos d&rsquo;un nom notoire. Pour un nom moins connu, l&rsquo;analyse se fait au cas par cas. La leçon reste la même : chaque usage du nom doit être prévu par écrit.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Deux montages, deux séries de conséquences</strong></h3>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Le fondateur dépose la marque à titre personnel et concède une licence à la société. </strong>Il garde la maîtrise de son nom. En contrepartie, la société dépend d&rsquo;un actif qu&rsquo;elle ne détient pas, ce qui peut inquiéter un investisseur ou un acquéreur.</li>
<li><strong>La société dépose la marque. </strong>L&rsquo;actif est logé dans l&rsquo;entreprise et participe à sa valorisation. En contrepartie, le fondateur n&rsquo;a plus la main le jour où il part ou devient minoritaire.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Aucun montage n&rsquo;est meilleur dans l&rsquo;absolu. Le bon choix dépend du projet, de la répartition du capital et de la place du fondateur dans l&rsquo;image de l&rsquo;entreprise. Un transfert reste possible par la suite, par un écrit, conformément à l&rsquo;article L. 714-1 du Code de la propriété intellectuelle, mais il a un coût et des conséquences juridiques et fiscales.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le cas le plus risqué est l&rsquo;absence de choix : le nom figure dans la dénomination sociale, la marque a été déposée par un associé, le nom de domaine par un salarié. Cette dispersion se découvre souvent au pire moment, lors d&rsquo;un audit avant une levée de fonds ou une cession.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Au départ ou à la cession : ce que le fondateur peut perdre</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em> » J&rsquo;ai vendu ma société, je peux quand même signer mes créations ? « </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cela dépend de ce que vous avez cédé, et de la manière dont vous signez. Le jugement du tribunal judiciaire de Paris du 11 septembre 2025 (3e ch., n° 21/00963), rendu dans l&rsquo;affaire Aurélie Bidermann, en donne une illustration très concrète.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les faits</strong></h3>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>2016 : </strong>la société qui commercialisait les bijoux de la créatrice est placée en redressement judiciaire. Un repreneur acquiert ses actifs, dont le nom commercial, les marques éponymes, les dessins et modèles et des droits patrimoniaux d&rsquo;auteur.</li>
<li><strong>La même année : </strong>par une convention distincte, la créatrice cède à titre exclusif les droits patrimoniaux sur son nom patronymique. Elle s&rsquo;engage à ne pas l&rsquo;utiliser, seul ou en association, pour des activités de bijouterie notamment, sauf accord écrit.</li>
<li><strong>Par la suite : </strong>après avoir quitté le repreneur, elle crée sa propre société.</li>
<li><strong>2020 : </strong>cette société conclut une collaboration avec l&rsquo;enseigne Massimo Dutti. La collection de bijoux est présentée sous le signe « Mademoiselle Aurélie Bidermann ».</li>
</ul>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Ce que le tribunal retient</strong></h3>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Un usage à titre de marque. </strong>Le signe était apposé sur les produits, leurs emballages et leurs étiquettes, immédiatement à côté de la marque de l&rsquo;enseigne et dans une taille comparable. Il ne s&rsquo;agissait pas d&rsquo;une simple mention d&rsquo;auteur.</li>
<li><strong>Le droit moral ne suffit pas. </strong>L&rsquo;auteur a droit au respect de son nom (article L. 121-1 du Code de la propriété intellectuelle). Mais, selon le tribunal, la recherche d&rsquo;un juste équilibre entre les intérêts en présence « ne saurait autoriser l&rsquo;exercice de ce droit au mépris des droits du titulaire de marque ».</li>
<li><strong>La contrefaçon est retenue. </strong>Elle l&rsquo;est à l&rsquo;encontre de la société de la créatrice et des sociétés de l&rsquo;enseigne partenaire. Le tribunal évalue le préjudice du titulaire de la marque, à titre provisionnel, à 75 000 euros, mis à leur charge in solidum.</li>
<li><strong>La charge finale pèse sur la créatrice. </strong>Le tribunal condamne la créatrice et sa société à garantir l&rsquo;une des sociétés du groupe partenaire de l&rsquo;ensemble des condamnations mises à sa charge.</li>
<li><strong>L&rsquo;engagement ne peut plus être contesté. </strong>La créatrice demandait la nullité de la clause par laquelle elle s&rsquo;était engagée à ne plus utiliser son nom. Sa demande est déclarée irrecevable, car prescrite.</li>
</ul>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Ce qui reste possible</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le jugement ne dit pas qu&rsquo;une créatrice ne peut plus jamais être nommée. Il sanctionne un nom utilisé comme signe de ralliement de la clientèle. Une mention d&rsquo;auteur discrète, clairement distincte de la marque, relève d&rsquo;une autre analyse, à mener au cas par cas, selon le contrat signé et la présentation retenue.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le partenaire est exposé lui aussi. L&rsquo;entreprise qui collabore avec un créateur ayant cédé son nom peut voir sa propre responsabilité engagée. Dans cette affaire, il a obtenu d&rsquo;être garanti par la créatrice et sa société, sans échapper pour autant à la condamnation. La chaîne des droits se vérifie avant de lancer une collaboration, pas après.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Il s&rsquo;agit d&rsquo;un jugement de première instance, susceptible d&rsquo;appel. Sa portée doit être appréciée avec prudence, à la date de rédaction de cet article.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>À RETENIR</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔  Céder ses marques et céder les droits sur son nom sont deux actes différents, souvent signés ensemble.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔  Un nom placé sur le produit, à côté d&rsquo;une autre marque, est en principe un usage à titre de marque.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔  Le droit moral de l&rsquo;auteur ne permet pas de revenir sur ce que l&rsquo;on a cédé.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔  Le partenaire commercial peut être condamné avec la société du créateur (TJ Paris, 11 sept. 2025).</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔  L&rsquo;usage de son nom par une personne physique suppose des usages loyaux (art. L. 713-6 CPI).</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong></p>
<h2 style="text-align: left;">Le revers pour le repreneur : acheter une marque patronymique n&rsquo;autorise pas tout</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em> » J&rsquo;ai racheté la marque, je peux continuer à communiquer comme si le fondateur était là ? « </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Non. Vous pouvez exploiter la marque. Vous ne pouvez pas laisser croire que le fondateur participe encore à la création des produits.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Une marque valable, mais pas un blanc-seing</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une marque composée du nom d&rsquo;un créateur ne devient pas trompeuse du seul fait que celui-ci a quitté l&rsquo;entreprise. Le repreneur peut continuer à l&rsquo;exploiter. C&rsquo;est ce qui fait la valeur d&rsquo;une marque patronymique lors d&rsquo;une cession.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais la Cour de justice de l&rsquo;Union européenne a fixé une limite dans son <a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:62024CJ0168" target="_blank" rel="noopener">arrêt du 18 décembre 2025 sur la déchéance d&rsquo;une marque patronymique</a> (CJUE, C-168/24). Le droit de l&rsquo;Union ne s&rsquo;oppose pas à la déchéance d&rsquo;une marque constituée du nom d&rsquo;un créateur lorsque l&rsquo;usage qui en est fait conduit le consommateur moyen à croire, à tort, que ce créateur a participé à la conception des produits.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Une confirmation toute récente en France</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La Cour de cassation en a tiré les conséquences le 23 septembre 2026 (Cass. com., n° 22-23.833). Elle a approuvé la déchéance de marques patronymiques acquises par un repreneur dans le cadre d&rsquo;une procédure collective, pour des vêtements et des cosmétiques notamment.</p>
<p style="text-align: justify;">Le fondement est l&rsquo;article L. 714-6 du Code de la propriété intellectuelle : le titulaire encourt la déchéance de ses droits lorsque la marque est devenue, de son fait, propre à induire le public en erreur.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ce n&rsquo;est pas le départ du créateur qui est sanctionné. C&rsquo;est un usage postérieur à la cession, imputable au repreneur, qui entretient l&rsquo;illusion de sa participation.</em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Une mise en garde pour le créateur aussi</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le même arrêt rappelle une règle de prudence. Avertir les partenaires du repreneur d&rsquo;une possible contrefaçon, sans décision de justice préalable, peut constituer un dénigrement au sens de l&rsquo;article 1240 du Code civil. Un fondateur qui s&rsquo;estime lésé a donc intérêt à agir en justice avant d&rsquo;écrire aux distributeurs.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L&rsquo;enseignement commun : la cession d&rsquo;un nom ne donne les pleins pouvoirs à personne. Le fondateur ne peut plus s&rsquo;en servir comme d&rsquo;une marque. Le repreneur ne peut pas s&rsquo;en servir pour tromper. Entre les deux, c&rsquo;est le contrat qui trace la frontière.</em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les clauses qui décident de tout</strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><strong><em> » Qu&rsquo;est-ce que je dois faire écrire, concrètement ? « </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Tout ce que vous ne voulez pas laisser à l&rsquo;interprétation d&rsquo;un juge dans dix ans. Que vous soyez fondateur ou repreneur, six points méritent une rédaction précise.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Le périmètre de ce qui est cédé ou concédé : </strong>quels signes (nom seul, prénom et nom, initiales, signature manuscrite), pour quels produits et services, sur quels territoires, pour quelle durée.</li>
<li><strong>Les usages réservés au fondateur : </strong>mention d&rsquo;auteur, signature de ses créations, activité dans d&rsquo;autres secteurs, usage biographique de son nom.</li>
<li><strong>La forme de ces usages : </strong>emplacement, taille, association ou non avec une autre marque. C&rsquo;est précisément sur ces éléments que s&rsquo;est jouée l&rsquo;affaire Bidermann.</li>
<li><strong>Les engagements du repreneur : </strong>ce qu&rsquo;il peut dire de l&rsquo;implication du fondateur, et ce qu&rsquo;il doit cesser de dire après son départ.</li>
<li><strong>La non-concurrence : </strong>son objet, sa durée et son territoire, qui doivent rester proportionnés.</li>
<li><strong>Les événements de rupture : </strong>départ ou révocation du fondateur, séparation d&rsquo;associés, changement de contrôle, procédure collective.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><em>La règle d&rsquo;or : une clause sur le nom se négocie quand tout va bien. Signée dans l&rsquo;urgence d&rsquo;une cession ou d&rsquo;une procédure collective, elle se conteste très difficilement des années plus tard. Dans l&rsquo;affaire Bidermann, la demande de nullité de l&rsquo;engagement a été jugée prescrite.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Le plan d&rsquo;action : six réflexes selon le moment</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em> » Par où je commence ? « </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Par le moment où vous vous trouvez. Les bons réflexes ne sont pas les mêmes à la création, en cours de vie et à la sortie.</p>
<ol style="text-align: justify;">
<li><strong> </strong><strong>Avant de créer : vérifier la disponibilité du nom. </strong>Marques, dénominations sociales, noms commerciaux, noms de domaine, homonymes déjà actifs dans votre secteur.</li>
<li><strong> </strong><strong>Avant de créer : décider qui dépose. </strong>Le fondateur ou la société, en mesurant les conséquences de chaque option sur la gouvernance et la valorisation.</li>
<li><strong> </strong><strong>En cours de vie : cartographier les titres. </strong>Qui est titulaire de la marque, du nom de domaine, des comptes sur les réseaux sociaux ? Les réponses réservent souvent des surprises.</li>
<li><strong> </strong><strong>En cours de vie : formaliser l&rsquo;autorisation d&rsquo;usage du nom. </strong>Dans les statuts, dans un pacte d&rsquo;associés ou dans un contrat de licence, avec ses limites et sa durée.</li>
<li><strong> </strong><strong>Avant de céder ou de partir : négocier les usages réservés. </strong>Ce que vous pourrez encore faire de votre nom, sous quelle forme, dans quels secteurs.</li>
<li><strong> </strong><strong>Après la cession : faire relire tout nouveau projet. </strong>Collaboration, nouvelle marque, communication sur le fondateur. Cela vaut pour le créateur comme pour le repreneur.</li>
</ol>
<h2 style="text-align: justify;">Trois situations concrètes</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em> » Est-ce que mon cas ressemble à l&rsquo;un de ceux-là ? « </em></strong></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cas 1 · La créatrice qui a cédé sa marque éponyme</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une styliste a vendu sa société et les marques à son nom. Trois ans plus tard, une enseigne lui propose une collection commune, avec son prénom et son nom sur l&rsquo;étiquette.</p>
<p style="text-align: justify;">Le risque : un usage à titre de marque, donc une action en contrefaçon visant la créatrice comme l&rsquo;enseigne. Tout dépend de l&rsquo;acte de cession et de la présentation envisagée. Une relecture du contrat et un format de mention validé en amont changent l&rsquo;issue du projet.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cas 2 · Deux branches d&rsquo;une famille dans le même métier</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Deux cousins dirigent chacun une entreprise de couverture portant le nom familial, dans deux départements voisins. L&rsquo;un dépose ce nom comme marque française, puis met l&rsquo;autre en demeure de changer d&rsquo;enseigne.</p>
<p style="text-align: justify;">Le risque : celui qui a déposé s&rsquo;expose à une contestation pour dépôt de mauvaise foi, s&rsquo;il connaissait l&rsquo;exploitation de son cousin. L&rsquo;autre peut, sous conditions, faire valoir ses droits antérieurs. Un accord de coexistence aurait évité le contentieux.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cas 3 · Le consultant devenu minoritaire dans la société à son nom</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Un consultant a créé une société qui porte son nom. La marque a été déposée par la société. Après l&rsquo;entrée d&rsquo;investisseurs, il est révoqué et souhaite relancer une activité sous son nom, suivi de  » &amp; Associés « .</p>
<p style="text-align: justify;">Le risque : une action en contrefaçon et en concurrence déloyale. L&rsquo;exception du nom de famille ne bénéficie qu&rsquo;aux personnes physiques et suppose un usage loyal. Le pacte d&rsquo;associés aurait dû prévoir le sort du nom en cas de départ.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L&rsquo;enseignement commun : dans les trois cas, le problème n&rsquo;est pas le nom. C&rsquo;est l&rsquo;absence d&rsquo;écrit au bon moment.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">FAQ : nom de famille et marque</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Puis-je déposer mon nom de famille comme marque ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Oui, en principe, à condition qu&rsquo;il soit disponible. Votre dépôt ne doit pas porter atteinte à des droits antérieurs, comme une marque, une dénomination sociale ou le nom d&rsquo;un homonyme déjà exploité (article L. 711-3 du Code de la propriété intellectuelle). Une recherche d&rsquo;antériorité est indispensable avant de déposer.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Ma société peut-elle déposer mon nom comme marque sans mon accord ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Pas nécessairement. La Cour de cassation a jugé, à propos d&rsquo;un nom notoirement connu, que l&rsquo;accord donné pour la dénomination sociale ne vaut pas autorisation de déposer le nom comme marque (Cass. com., 6 mai 2003, n° 00-18.192). La situation s&rsquo;apprécie au cas par cas, selon les statuts et les accords passés.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Puis-je réutiliser mon nom après avoir vendu ma société ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Cela dépend de ce que vous avez cédé. Si les marques et les droits sur votre nom ont été transférés, un usage commercial de ce nom peut constituer une contrefaçon, comme l&rsquo;a retenu le tribunal judiciaire de Paris le 11 septembre 2025. Les usages qui vous restent ouverts doivent être vérifiés dans l&rsquo;acte de cession.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Un homonyme peut-il m&rsquo;interdire d&rsquo;utiliser mon propre nom ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Pas totalement. Une personne physique peut utiliser son nom de famille dans la vie des affaires, si cet usage est conforme aux usages loyaux du commerce (article L. 713-6 du Code de la propriété intellectuelle). Cette exception ne bénéficie pas aux sociétés et ne couvre pas un usage qui crée une confusion.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le repreneur d&rsquo;une marque peut-il continuer à communiquer sur le fondateur ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Avec prudence. Il peut exploiter la marque, mais il ne doit pas laisser croire que le fondateur participe encore à la conception des produits. À défaut, la marque encourt la déchéance pour usage trompeur (article L. 714-6 du Code de la propriété intellectuelle ; CJUE, 18 décembre 2025, C-168/24).</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Faut-il une clause spécifique sur le nom dans un pacte d&rsquo;associés ou un acte de cession ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Oui, c&rsquo;est vivement recommandé. Sans clause, le sort du nom dépend de règles générales et de l&rsquo;appréciation des juges. Une clause précise fixe ce que chacun peut faire du nom, sous quelle forme et pendant combien de temps.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>En savoir plus : consultez le guide compet  » <a href="/transferer-marque-societe-nom-personnel">Transférer une marque d’une société à son nom personnel</a>  » et mon article sur  » <a href="/audit-propriete-intellectuelle-avant-levee-cession">Audit de propriété intellectuelle avant une levée ou une cession</a> « </em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Votre nom vous appartient. Sa valeur commerciale appartient à celui que vos contrats désignent.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les décisions rendues depuis un an le montrent des deux côtés. Le fondateur qui a cédé son nom ne peut plus l&rsquo;utiliser comme une marque.</p>
<p style="text-align: justify;">Le repreneur qui l&rsquo;a acquis ne peut pas s&rsquo;en servir pour faire croire que le fondateur est toujours là. Et celui qui dépose un nom de famille ne peut pas se contenter d&rsquo;invoquer le fait qu&rsquo;il le porte.</p>
<p style="text-align: justify;">La bonne posture n&rsquo;est ni de renoncer à donner son nom à son entreprise, ni de le faire sans y penser. C&rsquo;est de décider, par écrit et au bon moment, qui détient quoi et qui pourra faire quoi.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Votre entreprise porte votre nom, ou vous envisagez de céder une marque à votre nom ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><em>Le Cabinet Nathalie Matteoda, avocat en propriété intellectuelle et <a href="/avocat-droit-marques">droit des marques</a> à Paris, vous accompagne : audit de la titularité du nom et des marques, stratégie de dépôt, rédaction des clauses de cession ou de licence, défense en cas de litige.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Prendre rendez-vous  :<span> </span></strong><strong>Tél. 06 42 18 50 53<span> </span>ou prenez<span> </span><a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/avocat-prendre-rdv">rendez-vous en ligne.</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Suivre mon actualité sur Linkedin ?<span> </span><a href="https://www.linkedin.com/in/matteoda-nathalie/" target="_blank" rel="noopener">Nathalie Matteoda – Avocat en droit de la propriété intellectuelle</a></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Cet article fournit une information juridique générale et ne constitue pas un conseil individualisé. Chaque nom, chaque montage et chaque contrat méritent une analyse dédiée. Pour sécuriser l&rsquo;usage de votre nom dans la vie des affaires, consultez un avocat en propriété intellectuelle. Article à jour à sa date de rédaction.</em></p></div>
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<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/donner-son-nom-entreprise-marque-patronymique">Donner son nom à son entreprise : qui peut ensuite l&rsquo;utiliser comme marque ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
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		<title>Vous faites créer votre parfum par un parfumeur : les clauses indispensables pour que la fragrance appartienne vraiment à votre marque</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie Matteoda avocat PI]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Sep 2026 09:34:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/contrat-creation-parfum-clauses-propriete">Vous faites créer votre parfum par un parfumeur : les clauses indispensables pour que la fragrance appartienne vraiment à votre marque</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
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				<div class="et_pb_text_inner"><p style="text-align: justify;">Votre parfum est devenu l’un des produits phares de votre marque. Vous souhaitez changer de maison de composition, renégocier vos conditions ou sécuriser un second fournisseur.</p>
<p style="text-align: justify;">Et vous découvrez que votre contrat ne vous permet ni d’obtenir la formule, ni de faire fabriquer la même fragrance ailleurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous avez pourtant financé le brief, validé les essais et payé la création. Mais cela ne signifie pas nécessairement que vous maîtrisez juridiquement la formule ni ses conditions d’exploitation.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette situation surprend beaucoup de fondateurs. Ce que vous pensiez avoir acheté dépend donc entièrement de ce que dit votre contrat, ou de ce qu&rsquo;il ne dit pas.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le fil rouge de cet article : la loi ne protège pas votre fragrance, votre contrat si.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">A qui appartient la formule d&rsquo;un parfum créé sur commande ? Avec qui signez-vous vraiment ? Quelles clauses exiger ? Et que change la nouvelle obligation d&rsquo;étiquetage des allergènes, applicable depuis le 31 juillet 2026 ?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Avertissement : cet article fournit une information juridique générale et ne constitue pas un conseil individualisé. </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Chaque projet de parfum, chaque fournisseur et chaque contrat méritent une analyse dédiée. Pour sécuriser la création de votre fragrance, consultez un avocat en propriété intellectuelle et <a href="/avocat-droit-marques">droit des marques.</a> Article à jour à sa date de rédaction.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">A qui appartient la formule d&rsquo;un parfum créé sur commande ?</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« J&rsquo;ai payé la création, donc la formule est à moi, non ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pas nécessairement. Le paiement d&rsquo;une création ne vous rend pas automatiquement propriétaire de la formule. Tout dépend du contrat signé avec le créateur, et en l&rsquo;absence de contrat, la situation est souvent défavorable à la marque.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le droit d&rsquo;auteur ne protège pas la fragrance</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La Cour de cassation juge qu&rsquo;une fragrance ne constitue pas une œuvre de l&rsquo;esprit protégeable par le droit d&rsquo;auteur, dans son <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000028329512/" target="_blank" rel="noopener">arrêt du 10 décembre 2013 sur la protection des fragrances de parfum</a> (Cass. com., n° 11-19.872), dans la ligne d&rsquo;une position déjà adoptée par la première chambre civile en 2006.</p>
<p style="text-align: justify;">Au niveau européen, la Cour de justice a retenu un raisonnement comparable pour la saveur d&rsquo;un aliment, faute de pouvoir l&rsquo;identifier de manière précise et objective (CJUE, 13 novembre 2018, Levola Hengelo, C-310/17).</p>
<p style="text-align: justify;">Conséquence directe : <strong>il n&rsquo;existe pas de « cession de droits d&rsquo;auteur » possible sur la fragrance elle-même.</strong> Le mécanisme habituel des contrats de création ne fonctionne pas ici.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>La formule reste en principe chez celui qui la détient</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Sans stipulation contraire, la formule est un savoir-faire détenu par le parfumeur ou la maison de composition.</p>
<p style="text-align: justify;">En pratique, les maisons de composition conservent d&rsquo;ailleurs fréquemment la propriété de leurs formules et concèdent à la marque une exclusivité d&rsquo;usage, plus ou moins large selon la négociation.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Imoprtant :&nbsp; De nombreux fondateurs pensent qu&rsquo;une facture « création de parfum » vaut transfert de propriété. C&rsquo;est une lecture inexacte : sans clause expresse, vous avez payé une prestation, pas nécessairement acquis un actif.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Parfumeur indépendant, maison de composition, fabricant à façon : qui fait quoi ?</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Avec qui je signe, au juste ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Avec un ou plusieurs acteurs dont les rôles, et donc les enjeux contractuels, sont différents.</p>
<p style="text-align: justify;">Identifier précisément qui crée, qui détient la formule et qui fabrique est la première étape de toute négociation.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Le parfumeur indépendant<br></strong>Il crée la fragrance à partir de votre brief. Il ne produit pas toujours le concentré et travaille parfois avec un laboratoire tiers. La question clé : que devient la formule une fois la création livrée ?</li>
<li><strong>La maison de composition<br></strong>Elle crée et fournit le concentré parfumé. Elle a souvent intérêt à rester la seule à pouvoir le produire. La question clé : quelle exclusivité, pour combien de temps, et à quelles conditions pouvez-vous partir ?</li>
<li><strong>Le fabricant à façon<br></strong>Il assure la dilution, la mise en flacon et le conditionnement, et propose parfois une création intégrée. La question clé : qui détient quoi quand tout est réalisé par le même prestataire ?</li>
<li><strong>La marque<br></strong>Elle est le plus souvent la « personne responsable » au sens de l&rsquo;article 4 du règlement (CE) n° 1223/2009 relatif aux produits cosmétiques. C&rsquo;est elle qui répond de la conformité du produit mis sur le marché.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Point clé :</strong> plus la chaîne compte d&rsquo;intervenants, plus le risque est grand qu&rsquo;un maillon détienne un élément indispensable sans que le contrat l&rsquo;ait prévu.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Sans droit d&rsquo;auteur, c&rsquo;est le contrat qui crée vos droits</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Si la loi ne protège pas mon parfum, qu&rsquo;est-ce qui le protège ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Trois outils, qui ne valent que s&rsquo;ils sont organisés : le secret des affaires, la confidentialité et le contrat.</p>
<p style="text-align: justify;">La marque, elle, protège le nom de votre parfum, pas son odeur.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li style="text-align: left;"><strong>Le secret des affaires : </strong>une formule est protégée si elle n&rsquo;est pas facilement accessible, si elle a une valeur commerciale du fait de ce caractère secret, et si son détenteur a pris des mesures de protection raisonnables (article L. 151-1 du Code de commerce). La protection suppose donc d&rsquo;agir : accès limités, engagements de confidentialité, traçabilité.</li>
<li style="text-align: left;"><strong>La confidentialité dès les négociations : </strong>celui qui utilise ou divulgue sans autorisation une information confidentielle obtenue pendant les négociations engage sa responsabilité (article 1112-2 du Code civil). Un accord de confidentialité écrit reste préférable, car il précise ce qui est confidentiel et pour combien de temps.</li>
<li style="text-align: left;"><strong>Le contrat de création et de fourniture : </strong>c&rsquo;est lui qui décide de la propriété ou de la licence de la formule, de l&rsquo;exclusivité, de l&rsquo;accès et de la sortie. C&rsquo;est le véritable titre de la marque sur sa fragrance.</li>
<li style="text-align: left;"><strong>La marque : </strong>elle protège le nom, le logo et éventuellement le flacon. La marque olfactive reste en pratique hors de portée : même si la représentation graphique n&rsquo;est plus exigée (article L. 711-1 du Code de la propriété intellectuelle), une odeur ne peut pas encore être représentée de façon claire, précise et objective (CJUE, 12 décembre 2002, Sieckmann, C-273/00).</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>La règle d&rsquo;or :</strong> une formule n&rsquo;est protégée que si vous l&rsquo;avez organisée comme un secret et encadrée par un contrat. Ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre ne se présument.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Les clauses indispensables du contrat de création et de fourniture</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Concrètement, qu&rsquo;est-ce que je dois exiger ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Des clauses précises sur six sujets. Aucune n&rsquo;est standard : chacune se négocie selon votre poids commercial, vos volumes et votre stratégie de gamme.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Objet, brief et livrables</strong></h3>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Ce qui est commandé : </strong>une création sur mesure, pas une formule issue d&rsquo;un catalogue déjà proposé à d&rsquo;autres clients.</li>
<li><strong>Le processus de validation : </strong>nombre d&rsquo;essais, critères d&rsquo;acceptation, date de validation de la formule définitive.</li>
<li><strong>Les livrables : </strong>concentré, fiche technique, certificat IFRA, données réglementaires.</li>
</ul>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Propriété ou licence exclusive de la formule</strong></h3>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>La cession de la formule : </strong>la marque devient propriétaire du savoir-faire. C&rsquo;est la solution la plus protectrice, mais souvent la plus coûteuse, et parfois refusée par les maisons de composition.</li>
<li><strong>La licence exclusive : </strong>le créateur conserve la formule mais s&rsquo;interdit de l&rsquo;exploiter pour d&rsquo;autres. Elle peut suffire si elle est bien bornée et assortie d&rsquo;un accès garanti à la formule.</li>
<li><strong>Les formules « proches » : </strong>prévoir ce que le créateur peut ou non proposer à d&rsquo;autres clients, au-delà de la formule strictement identique.</li>
</ul>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Exclusivité : durée, territoire, catégories de produits</strong></h3>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>La durée : </strong>limitée dans le temps et proportionnée, notamment au regard du droit de la concurrence.</li>
<li><strong>Le territoire et les catégories : </strong>parfum, mais aussi bougie, brume, gel douche ou déclinaisons d&rsquo;intérieur.</li>
<li><strong>Les contreparties : </strong>minimums de commande, prix, révision tarifaire. Une exclusivité conditionnée à des volumes irréalistes peut se retourner contre vous.</li>
</ul>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Confidentialité et secret</strong></h3>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Définir ce qui est confidentiel : brief, formule, données de vente, projets de gamme.</li>
<li>Fixer la durée de l&rsquo;obligation, au-delà de la fin du contrat.</li>
<li>Prévoir les mesures concrètes de protection, qui conditionnent le secret des affaires.</li>
</ul>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Changer de fournisseur : avez-vous réellement sécurisé votre sortie ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La question se pose rarement au lancement.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle apparaît souvent plusieurs années plus tard : hausse des tarifs, rupture d’approvisionnement, changement de stratégie industrielle ou volonté de mettre plusieurs fournisseurs en concurrence.</p>
<p style="text-align: justify;">Si le contrat n’organise aucun mécanisme d’accès à la formule ou de continuité de fabrication, la marque peut se retrouver dépendante de son fournisseur.</p>
<p style="text-align: justify;">Le contrat doit donc anticiper les conditions dans lesquelles la production pourra se poursuivre en cas de changement de partenaire.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li style="text-align: left;"><strong>Le séquestre</strong> : prévoir, lorsque cela est négociable, le dépôt de la formule ou de certains éléments techniques auprès d’un tiers de confiance et les événements permettant leur remise. (Cessation d&rsquo;activité, rupture d&rsquo;approvisionnement, fin du contrat).</li>
<li style="text-align: left;"><strong>La clause de sortie</strong> : déterminer dans quelles hypothèses la marque pourra faire fabriquer la fragrance par un tiers et selon quelles conditions.</li>
<li style="text-align: left;"><strong>La continuité de fabrication</strong> : identifier les documents, informations techniques et données qui devront être transmis pour permettre la poursuite de la production.</li>
<li style="text-align: left;"><strong>Les conditions financières et le préavis</strong> : prévoir les modalités applicables à la fin de la relation et la période de transition.</li>
<li style="text-align: left;"><strong>La clause de sortie : </strong>conditions dans lesquelles la marque peut faire produire la même fragrance ailleurs, et à quel prix.</li>
</ul>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Conformité réglementaire, garanties et fin du contrat</strong></h3>
<ul style="text-align: justify;">
<li style="text-align: left;"><strong>La conformité : </strong>respect des normes IFRA, des restrictions de la réglementation cosmétique et transmission des données nécessaires à l&rsquo;étiquetage (voir section 5).</li>
<li style="text-align: left;"><strong>Les garanties : </strong>création originale au sens commercial, absence de reprise d&rsquo;une formule appartenant à un tiers, absence de substances interdites.</li>
<li style="text-align: left;"><strong>La fin du contrat : </strong>sort des stocks, de l&rsquo;exclusivité et de la formule, préavis, transition vers un nouveau fournisseur.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>A RETENIR</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔&nbsp; La fragrance n&rsquo;est pas protégée par le droit d&rsquo;auteur (Cass. com., 10 déc. 2013).</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔&nbsp; Le secret des affaires suppose des mesures de protection effectives (art. L. 151-1 C. com.).</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔&nbsp; Choisir entre cession de la formule et licence exclusive, en connaissance de cause.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔&nbsp; Toujours prévoir un accès à la formule : séquestre ou clause de sortie.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔&nbsp; Borner l&rsquo;exclusivité : durée, territoire, catégories, formules proches.</strong></p>
<h2 style="text-align: justify;">Allergènes depuis le 31 juillet 2026 : pourquoi votre contrat doit prévoir l&rsquo;accès aux données</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« La formule est secrète, mais c&rsquo;est moi qui suis responsable de l&rsquo;étiquette ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui. C&rsquo;est la tension que la plupart des contrats ignorent encore. La maison de composition peut garder sa formule secrète, mais la marque, en tant que personne responsable, doit pouvoir justifier la conformité de son produit.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Ce qui a changé</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le <a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=CELEX%3A32023R1545" target="_blank" rel="noopener">règlement (UE) 2023/1545 sur l&rsquo;étiquetage des allergènes parfumants</a> du 26 juillet 2023 modifie l&rsquo;annexe III du règlement (CE) n° 1223/2009. Il étend fortement la liste des substances parfumantes allergisantes à mentionner individuellement dans la liste des ingrédients, qui passe de 26 à plus de 80 substances.</p>
<p style="text-align: justify;">La mention est obligatoire au-delà de 0,001 % dans les produits sans rinçage et de 0,01 % dans les produits rincés.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Produits mis sur le marché depuis le 31 juillet 2026 : </strong>ils doivent déjà respecter le nouvel étiquetage.</li>
<li><strong>Produits déjà commercialisés : </strong>ils doivent être mis en conformité avant le 31 juillet 2028.</li>
</ul>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Ce que cela implique pour votre contrat</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Pour étiqueter correctement, constituer le dossier d&rsquo;information produit (article 11 du règlement) et faire établir le rapport sur la sécurité (article 10), vous avez besoin de données précises sur la composition du concentré.</p>
<p style="text-align: justify;">Votre contrat doit donc organiser cette transmission.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Obligation de fournir la liste et la teneur des allergènes réglementés, et de la mettre à jour.</li>
<li>Transmission directe des informations nécessaires à l&rsquo;évaluateur de la sécurité, si la formule complète reste confidentielle.</li>
<li>Garantie de conformité du concentré et responsabilité du fournisseur en cas de données erronées.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Important :</strong>&nbsp; Une erreur d&rsquo;étiquetage engage d&rsquo;abord la marque, personne responsable, et peut conduire à un retrait ou à un rappel du produit.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Sans clause de transmission et de garantie, votre recours contre le fournisseur sera plus difficile à exercer.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Les risques d&rsquo;un contrat mal négocié</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Qu&rsquo;est-ce que je risque vraiment ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Rarement un contentieux immédiat. Le plus souvent, une dépendance qui se révèle au pire moment : lors d&rsquo;une hausse de prix, d&rsquo;une rupture d&rsquo;approvisionnement ou d&rsquo;une opération sur le capital.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Une formule proche chez un concurrent :<br></strong>faute d&rsquo;exclusivité ou de clause sur les formules voisines, le créateur peut proposer une fragrance très ressemblante à d&rsquo;autres marques.</li>
<li><strong>La dépendance au fournisseur :<br></strong>sans accès à la formule, changer de maison de composition oblige à recréer le jus, avec le risque que vos clients ne le reconnaissent plus.</li>
<li><strong>Une hausse de prix imposée :<br></strong>sans clause de révision encadrée, le fournisseur qui détient la formule détient aussi le rapport de force.</li>
<li><strong>La non-conformité réglementaire :<br></strong>des données d&rsquo;allergènes absentes ou erronées exposent la marque à un retrait du produit.</li>
<li><strong>La décote lors d&rsquo;une levée ou d&rsquo;une cession :<br></strong>un investisseur ou un acquéreur découvre que l&rsquo;actif central de la marque ne lui appartient pas.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Le bon réflexe :</strong> négocier l&rsquo;accès à la formule au moment où vous avez du poids, c&rsquo;est-à-dire avant le lancement, pas après le succès.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Sécuriser la création de votre parfum : le plan d&rsquo;action en 6 étapes</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Par où je commence ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Avant même le premier échange avec le parfumeur. La plupart des protections se jouent en amont, lorsque rien n&rsquo;est encore divulgué ni signé.</p>
<ol style="text-align: justify;">
<li style="text-align: left;"><strong> </strong><strong>Faire signer un accord de confidentialité avant le brief. </strong>Il protège votre concept, vos références olfactives et vos projets de gamme.</li>
<li style="text-align: left;"><strong> </strong><strong>Dater et conserver votre brief. </strong>Une enveloppe e-Soleau déposée à l&rsquo;INPI permet de prouver la date de vos idées. Elle ne crée aucun droit de propriété, mais constitue une preuve utile.</li>
<li style="text-align: left;"><strong> </strong><strong>Négocier la propriété ou la licence exclusive. </strong>Déterminer le niveau de maîtrise dont vous avez besoin, et le prix que vous êtes prêt à payer pour l&rsquo;obtenir.</li>
<li style="text-align: left;"><strong> </strong><strong>Organiser l&rsquo;accès à la formule. </strong>Séquestre auprès d&rsquo;un tiers de confiance ou clause de sortie précise.</li>
<li style="text-align: left;"><strong> </strong><strong>Intégrer la conformité réglementaire. </strong>Transmission des données d&rsquo;allergènes, certificat IFRA, garanties du fournisseur.</li>
<li style="text-align: left;"><strong> </strong><strong>Protéger ce qui peut l&rsquo;être par un dépôt. </strong>La marque pour le nom, le dessin et modèle pour le flacon et l&rsquo;étui.</li>
</ol>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>La règle d&rsquo;or :</strong> rien ne se présume dans un contrat de création de parfum. Ce qui n&rsquo;est pas écrit sera, en cas de désaccord, interprété au cas par cas.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Deux situations concrètes</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Est-ce que mon cas ressemble à l&rsquo;un de ceux-là ? »</em></strong></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cas 1 : Une marque en ligne et un parfumeur indépendant, sans contrat écrit</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une jeune marque vendue en ligne fait créer son premier parfum par un parfumeur indépendant, sur simple devis. Le lancement fonctionne.</p>
<p style="text-align: justify;">Un an plus tard, elle découvre sur les réseaux sociaux une fragrance très proche commercialisée par une autre marque, avec le même parfumeur.</p>
<p style="text-align: justify;">Sans clause d&rsquo;exclusivité ni définition des formules proches, son recours est incertain et dépend des faits. Un contrat de quelques pages, signé avant la création, aurait fixé l&rsquo;exclusivité et le sort de la formule.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cas 2 : Une marque qui veut changer de maison de composition</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Après trois ans de succès, une marque de cosmétiques souhaite changer de fournisseur pour réduire ses coûts. Le contrat prévoit une exclusivité, mais la formule appartient à la maison de composition et aucun séquestre n&rsquo;a été prévu.</p>
<p style="text-align: justify;">La marque doit choisir entre accepter les nouvelles conditions tarifaires et recréer une fragrance approchante, au risque de perdre ses clients fidèles.</p>
<p style="text-align: justify;">Une clause d&rsquo;accès à la formule, négociée au départ, aurait changé l&rsquo;équilibre de la discussion.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>L&rsquo;enseignement commun : dans les deux cas, la marque pensait détenir sa fragrance. Elle ne détenait qu&rsquo;une relation commerciale. C&rsquo;est le contrat, signé avant le lancement, qui transforme cette relation en actif.</em></strong></p>
<h2 style="text-align: justify;">Vos questions, Mes réponses : contrat de création de parfum</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Puis-je déposer mon parfum comme marque olfactive ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">En pratique, non. Depuis 2019, la représentation graphique d&rsquo;une marque n&rsquo;est plus exigée, mais le signe doit pouvoir être représenté de manière claire, précise et objective.</p>
<p style="text-align: justify;">Une formule chimique, une description ou un échantillon ne remplissent pas ces conditions selon la jurisprudence de la Cour de justice. Vous pouvez en revanche déposer le nom de votre parfum, son logo et, sous conditions, la forme de son flacon.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>L&rsquo;enveloppe Soleau protège-t-elle ma formule ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Non, pas au sens d&rsquo;un droit de propriété. L&rsquo;enveloppe e-Soleau de l&rsquo;INPI permet de prouver qu&rsquo;une information existait à une date donnée.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle peut être utile en cas de litige sur l&rsquo;antériorité d&rsquo;un brief ou d&rsquo;une formule, mais elle n&#8217;empêche personne d&rsquo;exploiter une fragrance. La protection de la formule repose sur le secret des affaires et sur le contrat.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le parfumeur peut-il revendre une formule proche à un concurrent ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Cela dépend du contrat. En l&rsquo;absence de clause, rien n&rsquo;interdit en principe au créateur de proposer une fragrance différente mais voisine à un autre client.</p>
<p style="text-align: justify;">Une clause d&rsquo;exclusivité peut viser non seulement la formule identique, mais aussi des formules proches, à condition de définir précisément ce que recouvre cette notion.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Faut-il signer un accord de confidentialité avant de transmettre le brief ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Oui, c&rsquo;est recommandé. L&rsquo;article 1112-2 du Code civil sanctionne déjà l&rsquo;utilisation d&rsquo;informations confidentielles obtenues pendant les négociations, mais un accord écrit précise ce qui est confidentiel, la durée de l&rsquo;obligation et les conséquences d&rsquo;un manquement.</p>
<p style="text-align: justify;">Il contribue aussi à démontrer les mesures de protection exigées par le secret des affaires.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Qui est responsable si un allergène n&rsquo;est pas étiqueté ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La personne responsable au sens du règlement (CE) n° 1223/2009, qui est le plus souvent la marque. C&rsquo;est elle qui répond de la conformité du produit mis sur le marché, y compris de sa liste d&rsquo;ingrédients.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle peut ensuite se retourner contre son fournisseur si les données transmises étaient erronées, d&rsquo;où l&rsquo;importance d&rsquo;une clause de garantie et de transmission des données.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Que faire face à un « dupe » de mon parfum ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Cela dépend de ce qui est copié. Si le nom, le logo ou le flacon protégés sont repris, une action en contrefaçon peut être envisagée.</p>
<p style="text-align: justify;">Si seule la fragrance est imitée, l&rsquo;action se fonde plutôt sur la concurrence déloyale ou le parasitisme, à apprécier au cas par cas. Présenter un produit comme l&rsquo;imitation d&rsquo;un produit de marque est en outre en principe interdit par les règles sur la publicité comparative (directive 2006/114/CE, article 4).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>En conclusion, une fragrance ne bénéficie pas, en elle-même, de la protection du <a href="/avocat-droit-auteur">droit d’auteur</a>. La maîtrise de sa formule et de son exploitation se joue donc largement dans le contrat.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les enjeux sont doubles.</p>
<p style="text-align: justify;">D’un côté, il faut organiser la maîtrise contractuelle de la formule : exclusivité, confidentialité, conditions d’exploitation, accès en cas de changement de fournisseur et protection contre la réutilisation de formules identiques ou proches.</p>
<p style="text-align: justify;">De l’autre, il faut sécuriser la conformité réglementaire. Les nouvelles règles d’étiquetage des allergènes parfumants applicables depuis le 31 juillet 2026 renforcent notamment la nécessité d’organiser contractuellement la transmission des informations nécessaires à la conformité du produit.</p>
<p style="text-align: justify;">L’enjeu est donc d’anticiper. Un contrat négocié avant le lancement permet de limiter les situations de dépendance vis-à-vis du parfumeur ou de la maison de composition et de mieux sécuriser cet actif dans le développement de la marque, notamment en cas de levée de fonds ou de cession.</p>
<p style="text-align: justify;">Consultez également : <a href="/proteger-design-produit-packaging-interface-reforme-dessins-modeles">Comment protéger le design de vos flacons après la réforme européenne des dessins et modèles</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous êtes en train de négocier avec un parfumeur, une maison de composition ou un fabricant à façon ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Avant de signer, il est essentiel de vérifier les conditions d’exploitation et d’accès à la formule, l’exclusivité accordée à votre marque, les conditions de fourniture, la transmission des données nécessaires à la conformité réglementaire et les modalités permettant, demain, de changer de fournisseur sans fragiliser votre activité.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous préparez le lancement d&rsquo;un parfum ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le Cabinet Nathalie Matteoda, <a href="/avocat-droit-propriete-intellectuelle">avocat en propriété intellectuelle</a> à Paris, vous accompagne : rédaction et relecture des contrats de création et de fourniture, accords de confidentialité, protection du secret des affaires, dépôt de la marque et du flacon.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Prendre rendez-vous&nbsp; :<span>&nbsp;</span></strong><strong>Tél. 06 42 18 50 53<span>&nbsp;</span>ou prenez<span>&nbsp;</span><a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/avocat-prendre-rdv">rendez-vous en ligne.</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Suivre mon actualité sur Linkedin ?<span>&nbsp;</span><a href="https://www.linkedin.com/in/matteoda-nathalie/" target="_blank" rel="noopener">Nathalie Matteoda – Avocat en droit de la propriété intellectuelle</a></p></div>
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<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/contrat-creation-parfum-clauses-propriete">Vous faites créer votre parfum par un parfumeur : les clauses indispensables pour que la fragrance appartienne vraiment à votre marque</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
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		<title>Flacon, packaging, interface : comment protéger le design de vos produits après la réforme européenne des dessins et modèles</title>
		<link>https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/proteger-design-produit-packaging-interface-reforme-dessins-modeles</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie Matteoda avocat PI]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Sep 2026 15:07:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/?p=3592</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/proteger-design-produit-packaging-interface-reforme-dessins-modeles">Flacon, packaging, interface : comment protéger le design de vos produits après la réforme européenne des dessins et modèles</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><div class="et_pb_section et_pb_section_3 et_section_regular" >
				
				
				
				
				
				
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				<div class="et_pb_text_inner"><p style="text-align: justify;">Trois mois après le lancement de votre parfum, un « dupe » apparaît en ligne. Même silhouette de flacon, même bouchon doré, étui presque identique, prix divisé par quatre.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous avez déposé votre marque. Vous pensiez être protégé. Vous découvrez que votre marque protège votre nom, pas la forme de votre flacon.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette situation est fréquente et la réforme européenne des dessins et modèles la remet au premier plan.</p>
<p style="text-align: justify;">Entrée en application en deux temps, le 1er mai 2025 puis le 1er juillet 2026, elle modernise la protection des créations numériques et animées et renforce les droits des titulaires face à la reproduction par impression 3D.</p>
<p style="text-align: justify;">Beaucoup de contenus parlent d&rsquo;une « réforme 2026 ». C&rsquo;est une simplification : l&rsquo;essentiel des règles de fond s&rsquo;applique depuis mai 2025.</p>
<p style="text-align: justify;">Le fil rouge de cet article est simple : <strong>un design se protège par une combinaison d&rsquo;outils, jamais par un seul dépôt.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Qu&rsquo;est-ce qui a vraiment changé ? Que pouvez-vous protéger ? Faut-il choisir le dessin et modèle, la marque ou le droit d&rsquo;auteur ? Et par où commencer ?</p>
<p style="text-align: justify;">Nous prenons l&rsquo;exemple d&rsquo;une marque de parfum, du flacon à la fragrance.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Avertissement : cet article fournit une information juridique générale et ne constitue pas un conseil individualisé. Chaque création et chaque calendrier de lancement méritent une analyse dédiée. Pour sécuriser la protection de vos produits, consultez un avocat en propriété intellectuelle. Article à jour à sa date de rédaction.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Le design d&rsquo;un produit est-il protégé automatiquement ?</h2>
<p><strong><em></em></strong></p>
<p><strong><em>« Je l&rsquo;ai créé, donc il est à moi, non ? »</em></strong></p>
<p>En partie seulement. Certaines protections naissent de la seule création mais elles sont fragiles et difficiles à prouver.</p>
<p>D&rsquo;autres exigent un dépôt. Le design d&rsquo;un produit peut relever de trois régimes distincts, qui ne se remplacent pas.</p>
<ul>
<li><strong>Le <a href="/avocat-droit-auteur">droit d&rsquo;auteur</a> : </strong>il naît du seul fait de la création, sans formalité, conformément à l&rsquo;article L. 111-1 du Code de la propriété intellectuelle.<br />Mais il ne protège que les créations originales, c&rsquo;est-à-dire portant l&#8217;empreinte de la personnalité de leur auteur. En cas de litige, c&rsquo;est à vous de le démontrer.</li>
<li><strong>Le dessin ou modèle de l&rsquo;Union européenne non enregistré : </strong>il protège pendant 3 ans à compter de la première divulgation dans l&rsquo;Union.<br />Il ne permet en principe d&rsquo;agir que contre la copie, pas contre une création indépendante similaire.</li>
<li><strong>Le dessin ou modèle enregistré et la marque : </strong>ils supposent un dépôt, à l&rsquo;INPI pour la France ou à l&rsquo;EUIPO pour l&rsquo;ensemble de l&rsquo;Union.<br />En contrepartie, ils confèrent un titre daté, opposable et beaucoup plus facile à faire valoir.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Point clé</strong> : la protection automatique existe, mais elle est courte ou incertaine. Pour un produit sur lequel repose votre chiffre d&rsquo;affaires, le dépôt reste la base.</em></p>
<h2>Réforme des dessins et modèles : ce qui a vraiment changé et quand</h2>
<p><strong><em></em></strong></p>
<p><strong><em>« On parle d&rsquo;une réforme 2026 : est-ce que je dois refaire mes dépôts ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Non. Vos dépôts existants restent valables. En revanche, la réforme modifie ce que vous pouvez protéger, la manière de déposer et le coût du maintien de vos titres. Elle repose sur le règlement (UE) 2024/2822 et la directive (UE) 2024/2823 du 23 octobre 2024.</p>
<h3><strong>Premier temps : le 1 mai 2025, l’essentiel de la réforme</strong></h3>
<ul>
<li>Le « dessin ou modèle communautaire » devient le « dessin ou modèle de l&rsquo;Union européenne ».</li>
<li>La définition du produit s&rsquo;étend aux produits non physiques : interfaces graphiques, logos, symboles graphiques, animations et transitions.</li>
<li>Créer, télécharger ou partager un fichier permettant de fabriquer une copie, notamment par impression 3D, peut constituer une contrefaçon.</li>
<li>La clause de réparation devient permanente pour les pièces détachées destinées à restaurer l&rsquo;apparence d&rsquo;origine d&rsquo;un produit complexe.</li>
<li>Le titulaire peut apposer le symbole Ⓓ sur ses produits, à titre facultatif.</li>
<li><strong>Le dépôt des dessins et modèles de l’Union s’effectue désormais directement auprès de l’EUIPO.</strong></li>
<li><strong>Les demandes multiples peuvent regrouper jusqu’à 50 dessins ou modèles, sans exigence d’appartenance à une même classe de Locarno.</strong></li>
<li>La grille des taxes est refondue, avec une hausse sensible des taxes de renouvellement.</li>
</ul>
<h3><strong>Second temps : le 1er juillet 2026, l’achèvement de la réforme</strong></h3>
<ul>
<li>Les nouvelles règles d’exécution sont devenues applicables, notamment en matière de représentation des dessins et modèles. Les dépôts peuvent désormais intégrer des représentations dynamiques ou animées, notamment sous forme de fichiers vidéo ou 3D.</li>
<li>Le règlement codifié (UE) 2026/715 est entré en vigueur et les lignes directrices de l’EUIPO ont été adaptées en conséquence.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>A noter : </strong> Pour les dessins et modèles nationaux déposés auprès de l’INPI, la réforme issue de la directive (UE) 2024/2823 n’a pas encore été transposée en droit français.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>La France dispose jusqu’au 9 décembre 2027 pour procéder à cette transposition. A la date de rédaction, les dispositions actuelles du Code de la propriété intellectuelle continuent donc de s’appliquer aux titres nationaux.</em></p>
<h2>Ce que vous pouvez désormais protéger comme dessin ou modèle</h2>
<p><strong><em></em></strong></p>
<p><strong><em>« Mon interface ou mon logo animé, ça compte ? »</em></strong></p>
<p>Oui, en principe, dès lors que la création est nouvelle et présente un caractère individuel.</p>
<p>Le dessin ou modèle protège l&rsquo;apparence d&rsquo;un produit ou d&rsquo;une partie de produit : lignes, contours, couleurs, forme, texture, matériaux, et désormais mouvement.</p>
<h3><strong>Les produits physiques et leurs packagings</strong></h3>
<p>C&rsquo;est le terrain historique du dessin et modèle : la forme d&rsquo;un flacon, d&rsquo;un bouchon, d&rsquo;un étui, d&rsquo;un coffret, d&rsquo;une bouteille ou d&rsquo;un présentoir. L&rsquo;article L. 511-1 du Code de la propriété intellectuelle vise d&rsquo;ailleurs expressément les emballages et les présentations.</p>
<h3><strong>Les créations numériques</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Interfaces d&rsquo;application, icônes, pages produits, logos, typographies, et désormais animations et transitions entre écrans. Pour une start-up ou un e-commerçant, c&rsquo;est une piste encore peu exploitée pour protéger une expérience visuelle reconnaissable.</p>
<h3><strong>Les fichiers permettant la fabrication 3D</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le titulaire peut désormais agir contre certains actes portant sur un fichier ou un logiciel permettant de fabriquer un produit reproduisant son dessin ou modèle protégé, notamment sa création, son téléchargement, sa copie, son partage ou sa distribution.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Important :</strong>  Seules les caractéristiques visibles sur les représentations déposées sont protégées. Un dépôt avec une seule vue de face ne protège pas le profil de votre flacon. La qualité des représentations conditionne l&rsquo;étendue de vos droits.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le bon réflexe : ce que vous ne déposez pas, vous ne le protégez pas. Préparez vos vues, vos vidéos ou vos fichiers 3D avec la même attention que le produit lui-même.</em></p>
<h2>Dessin ou modèle, marque 3D, droit d&rsquo;auteur : quel outil pour quel actif ?</h2>
<p><strong><em></em></strong></p>
<p><strong><em>« Ma marque est déposée : mon flacon est donc protégé ? »</em></strong></p>
<p>Pas nécessairement. Une marque verbale protège un nom. Une marque figurative protège un logo.</p>
<p style="text-align: justify;">La forme d&rsquo;un produit relève d&rsquo;abord du dessin et modèle, éventuellement du droit d&rsquo;auteur, et seulement dans certains cas de la marque tridimensionnelle.</p>
<p>Voici comment raisonner, outil par outil.</p>
<h3><strong>Le dessin ou modèle enregistré : l&rsquo;outil de référence pour la forme</strong></h3>
<ul>
<li><strong>Ce qu&rsquo;il protège : </strong>l&rsquo;apparence du produit, telle qu&rsquo;elle figure dans les représentations déposées.</li>
<li><strong>Conditions : </strong>la nouveauté et le caractère propre, appelé caractère individuel en droit de l&rsquo;Union (art. L. 511-2 CPI).</li>
<li><strong>Durée : </strong>5 ans, renouvelable par périodes de 5 ans, jusqu&rsquo;à 25 ans maximum (art. L. 513-1 CPI).</li>
<li><strong>Atout : </strong>un titre daté et rapide à obtenir, sans examen de fond à l&rsquo;EUIPO.</li>
<li><strong>Limite : </strong>les caractéristiques imposées par la fonction technique sont exclues (art. L. 511-8 CPI).</li>
</ul>
<h3><strong>La marque tridimensionnelle : puissante mais difficile à obtenir</strong></h3>
<ul>
<li><strong>Ce qu&rsquo;elle protège : </strong>une forme en tant que signe indiquant l&rsquo;origine commerciale du produit.</li>
<li><strong>Conditions : </strong>un caractère distinctif. Le consommateur doit reconnaître la marque à la seule forme.</li>
<li><strong>Durée : </strong>10 ans, renouvelable sans limite.</li>
<li><strong>Limite : </strong>elle est refusée lorsque la forme est imposée par la nature du produit, nécessaire à un résultat technique ou lui donne sa valeur substantielle (art. L. 711-2 CPI ; CJUE, 18 septembre 2014, Hauck, C-205/13).</li>
</ul>
<h3><strong>Le droit d&rsquo;auteur : sans dépôt mais à prouver</strong></h3>
<ul>
<li><strong>Ce qu&rsquo;il protège : </strong>une création originale, quel que soit son genre ou sa destination, y compris un objet utilitaire.</li>
<li><strong>Conditions : </strong>l&rsquo;originalité, reflet de choix créatifs libres de l&rsquo;auteur.</li>
<li><strong>Durée : </strong>la vie de l&rsquo;auteur et 70 ans après son décès.</li>
<li><strong>Limite : </strong>l&rsquo;effet esthétique ne suffit pas (CJUE, 12 septembre 2019, Cofemel, C-683/17). Une forme en partie fonctionnelle peut être protégée si elle traduit de véritables choix créatifs (CJUE, 11 juin 2020, Brompton, C-833/18).</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Ces protections peuvent se cumuler sur un même produit. L&rsquo;article L. 513-2 du Code de la propriété intellectuelle réserve expressément l&rsquo;application du droit d&rsquo;auteur à côté du dessin et modèle.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais chacune obéit à ses propres conditions : obtenir l&rsquo;une ne garantit jamais l&rsquo;autre.</p>
<p><strong>A RETENIR</strong></p>
<p><strong>✔  Pour protéger une forme rapidement : le dessin ou modèle enregistré (art. L. 511-1 et s. CPI).</strong></p>
<p><strong>✔  Pour protéger une forme devenue emblématique sur le long terme : la marque 3D, si elle est distinctive.</strong></p>
<p><strong>✔  Le droit d&rsquo;auteur existe sans dépôt, mais l&rsquo;originalité se prouve au cas par cas.</strong></p>
<p><strong>✔  Une marque verbale ou un logo ne protège pas la forme de votre produit.</strong></p>
<p><strong>✔  Le cumul est possible et souvent recommandé pour un produit phare.</strong></p>
<h2>Cas pratique : protéger une marque de parfum, du flacon à la fragrance</h2>
<p><strong><em></em></strong></p>
<p><strong><em>« Et le parfum lui-même, je peux le protéger ? »</em></strong></p>
<p>Le flacon et l&rsquo;étui, oui. La fragrance, pas par le droit d&rsquo;auteur.</p>
<p>Prenons une jeune marque de parfum qui prépare le lancement de son premier jus, avec un flacon dessiné par un designer indépendant.</p>
<h3><strong>Le flacon</strong></h3>
<p>C&rsquo;est l&rsquo;actif visuel le plus copié. Il peut faire l&rsquo;objet d&rsquo;un dessin ou modèle enregistré, dès avant le lancement. S&rsquo;il est original, il est aussi protégé par le droit d&rsquo;auteur. S&rsquo;il devient emblématique et reconnaissable, une marque tridimensionnelle peut être envisagée, avec les réserves vues plus haut.</p>
<h3><strong>L&rsquo;étui, le coffret et la page produit</strong></h3>
<p>L&rsquo;étui et le coffret relèvent eux aussi du dessin et modèle et, s&rsquo;ils sont originaux, du droit d&rsquo;auteur.</p>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;animation d&rsquo;ouverture de votre page produit ou votre filtre de réalité augmentée peuvent désormais entrer dans le champ du dessin ou modèle de l&rsquo;Union.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>La fragrance</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La Cour de cassation juge qu&rsquo;une fragrance ne constitue pas une œuvre de l&rsquo;esprit protégeable par le droit d&rsquo;auteur (Cass. com., 10 décembre 2013, n° 11-19.872), dans la ligne d&rsquo;une position déjà adoptée par la première chambre civile en 2006.</p>
<p>La formule se protège donc autrement.</p>
<ul>
<li><strong>Le secret des affaires : </strong>à condition que l&rsquo;information soit secrète, ait une valeur commerciale et fasse l&rsquo;objet de mesures de protection raisonnables (art. L. 151-1 du Code de commerce).</li>
<li><strong>Le contrat : </strong>avec la maison de composition ou le parfumeur, pour organiser la propriété ou l&rsquo;exclusivité de la formule, sa confidentialité et son accès en cas de changement de fournisseur.</li>
<li><strong>L&rsquo;action en concurrence déloyale ou parasitisme : </strong>contre un « dupe » qui exploite votre notoriété, à apprécier au cas par cas selon les faits.</li>
</ul>
<p><em><strong>L&rsquo;enseignement commun :</strong> dans une marque de parfum, chaque actif appelle son outil. Le dépôt protège le flacon, le contrat protège la fragrance, et la marque protège le nom qui les réunit.</em></p>
<h2>Les risques d&rsquo;un design non sécurisé</h2>
<p><strong><em></em></strong></p>
<p><strong><em>« Qu&rsquo;est-ce que je risque vraiment si je ne dépose rien ? »</em></strong></p>
<p>Le plus souvent, pas une sanction, mais une perte : celle de pouvoir agir, ou celle de la valeur de votre actif.</p>
<p>Voici les situations que nous rencontrons le plus fréquemment.</p>
<ul>
<li><strong>Divulguer avant de déposer : </strong>présenter votre flacon sur Instagram, en salon ou à la presse fait courir un délai.<br />En droit français comme en droit de l&rsquo;Union, le créateur dispose de 12 mois après sa propre divulgation pour déposer (art. L. 511-6 CPI). Au-delà, la nouveauté est en principe perdue.</li>
<li><strong>Laisser les droits chez le designer : </strong>le paiement d&rsquo;une prestation n&#8217;emporte pas cession des droits d&rsquo;auteur.<br />Sans contrat écrit précisant les droits cédés, leur étendue, leur destination, le territoire et la durée (art. L. 131-3 CPI), le designer indépendant reste en principe titulaire.</li>
<li><strong>Etre devancé : </strong>un tiers, parfois un fournisseur ou un distributeur, dépose avant vous une forme proche.<br />Vous devrez alors engager une action en nullité, longue et coûteuse.</li>
<li><strong>Ne pas pouvoir agir contre les copies : </strong>sans titre, la preuve de vos droits repose sur l&rsquo;originalité ou sur la date de divulgation, plus difficiles à établir.</li>
<li><strong>Perdre de la valeur : </strong>lors d&rsquo;une levée de fonds ou d&rsquo;une cession, un design non protégé ou dont les droits appartiennent à un tiers pèse moins dans la valorisation.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Important : </strong> La contrefaçon d&rsquo;un dessin ou modèle déposé est un délit, puni jusqu&rsquo;à 3 ans d&#8217;emprisonnement et 300 000 euros d&rsquo;amende pour une personne physique (art. L. 521-10 CPI). Encore faut-il disposer d&rsquo;un titre, ou de droits démontrables, pour la faire valoir.</em></p>
<h2>Protéger votre design : le plan d&rsquo;action en 6 étapes</h2>
<p><strong><em></em></strong></p>
<p><strong><em>« Par où je commence ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Par un inventaire, avant tout dépôt. L&rsquo;ordre compte : c&rsquo;est souvent la chronologie des divulgations et des contrats qui décide de ce qui peut encore être protégé.</p>
<ol>
<li><strong>Inventorier vos créations<br /></strong>Flacons, packagings, pages produits, interfaces, animations : listez-les avec leur date de création et, surtout, de première divulgation.</li>
<li><strong> </strong><strong>Vérifier la chaîne de droits<br /></strong>Qui a créé quoi ? Salarié, freelance, agence ? Assurez-vous qu&rsquo;un contrat de cession conforme à l&rsquo;article L. 131-3 CPI existe pour chaque création réalisée par un prestataire.</li>
<li><strong> </strong><strong>Choisir le bon outil pour chaque actif<br /></strong>Dessin et modèle pour la forme, marque pour le nom et les signes distinctifs, droit d&rsquo;auteur en complément, secret et contrat pour la formule.</li>
<li><strong> </strong><strong>Choisir le territoire<br /></strong>L&rsquo;INPI pour la France, l&rsquo;EUIPO pour les 27 États membres en un seul dépôt. Votre plan de commercialisation guide ce choix.</li>
<li><strong> </strong><strong>Organiser le calendrier du lancement<br /></strong>Déposez avant de montrer. L&rsquo;ajournement de la publication permet de garder le design confidentiel jusqu&rsquo;au lancement, dans la limite de 30 mois à l&rsquo;EUIPO.</li>
<li><strong> </strong><strong>Surveiller et maintenir<br /></strong>Mettez en place une veille des dépôts concurrents et des marketplaces, et anticipez les renouvellements, dont le coût a augmenté.</li>
</ol>
<p><em><strong>La règle d&rsquo;or :</strong> déposer avant de montrer. Un teasing réussi sur les réseaux sociaux peut détruire la nouveauté de votre design.</em></p>
<h2>Les 7 erreurs qui font perdre la protection de votre design</h2>
<p><strong><em></em></strong></p>
<p><strong><em>« Qu&rsquo;est-ce que les marques oublient le plus souvent ? »</em></strong></p>
<p>Ces erreurs ne tiennent presque jamais au droit lui-même, mais à l&rsquo;organisation du projet.</p>
<ol>
<li><strong>Publier avant de déposer<br /></strong>Le délai de grâce de 12 mois n&rsquo;est pas un droit à l&rsquo;oubli : au-delà, la nouveauté est perdue.</li>
<li><strong> </strong><strong>Croire que la marque protège la forme<br /></strong>Une marque verbale ou un logo ne protège ni le flacon, ni l&rsquo;étui.</li>
<li><strong> </strong><strong>Oublier la cession du designer<br /></strong>Payer la facture ne suffit pas à devenir titulaire des droits.</li>
<li><strong> </strong><strong>Déposer des vues incomplètes<br /></strong>Ce qui n&rsquo;apparaît pas dans les représentations n&rsquo;est pas protégé.</li>
<li><strong> </strong><strong>Protéger trop tard la version finale<br /></strong>Un dépôt sur un prototype très différent du produit commercialisé protège mal ce que vous vendez.</li>
<li><strong> </strong><strong>Négliger la dimension numérique<br /></strong>Interfaces et animations sont désormais protégeables et souvent copiées.</li>
<li><strong> </strong><strong>Ne pas surveiller<br /></strong>Un titre non défendu et non renouvelé perd rapidement de sa valeur.</li>
</ol>
<h2>Vos questions, mes réponse : protéger le design d&rsquo;un produit</h2>
<h3><strong>Combien coûte le dépôt d&rsquo;un dessin ou modèle à l&rsquo;EUIPO ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Depuis la réforme, la taxe de dépôt d’un dessin ou modèle de l’Union est de 350 euros pour le premier dessin, publication comprise.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans une demande multiple, la taxe est de 125 euros pour chaque dessin supplémentaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Des taxes spécifiques s’ajoutent en cas d’ajournement de publication. Les taxes de renouvellement ont, quant à elles, sensiblement augmenté. Les honoraires de conseil s’y ajoutent.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Combien de temps dure la protection d&rsquo;un dessin ou modèle ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Un dessin ou modèle enregistré est protégé 5 ans, renouvelable par périodes de 5 ans, jusqu&rsquo;à 25 ans au total.</p>
<p style="text-align: justify;">Le dessin ou modèle de l&rsquo;Union non enregistré ne protège que 3 ans à compter de sa première divulgation dans l&rsquo;Union, et seulement contre la copie.</p>
<p style="text-align: justify;">Le droit d&rsquo;auteur, s&rsquo;il est acquis, dure toute la vie de l&rsquo;auteur et 70 ans après son décès.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Puis-je encore déposer un design déjà montré sur les réseaux sociaux ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Oui, en principe, si vous déposez dans les 12 mois qui suivent votre propre divulgation (art. L. 511-6 CPI). Passé ce délai, la nouveauté est perdue et le dépôt pourrait être annulé.</p>
<p style="text-align: justify;">Si la divulgation vient d&rsquo;un tiers, par exemple d&rsquo;un fournisseur, la situation doit être analysée au cas par cas.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Faut-il déposer à l&rsquo;INPI ou à l&rsquo;EUIPO ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Cela dépend de vos marchés. Un <a href="/depot-de-marque">dépôt de marque</a> à l&rsquo;INPI protège la France. Un dépôt à l&rsquo;EUIPO protège les 27 États membres en une seule demande, ce qui est souvent plus cohérent pour une marque vendue en ligne.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis la réforme, le dessin ou modèle de l&rsquo;Union se dépose uniquement auprès de l&rsquo;EUIPO.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>La réforme de 2026 m&rsquo;oblige-t-elle à refaire mes dépôts ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Non. Vos titres existants restent valables. La réforme s’est appliquée en deux temps : une première phase majeure le 1er mai 2025, puis une seconde phase le 1er juillet 2026 avec l’entrée en application des nouvelles règles d’exécution.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle peut en revanche justifier de compléter vos dépôts, par exemple pour protéger une interface ou une animation, et d&rsquo;anticiper le coût des renouvellements.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Un logo peut-il être protégé à la fois comme marque et comme dessin ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Oui. La réforme a confirmé que les logos et symboles graphiques entrent dans la définition du produit en droit des dessins et modèles. Le logo peut ainsi être déposé comme marque, pour protéger sa fonction d&rsquo;identification, et comme dessin ou modèle, pour protéger son apparence. S&rsquo;il est original, il est aussi protégé par le droit d&rsquo;auteur.</p>
<p style="text-align: justify;">En conclusion, un design se protège par une combinaison d&rsquo;outils, jamais par un seul dépôt.</p>
<p style="text-align: justify;">La réforme européenne des dessins et modèles élargit le champ de la protection aux créations numériques et renforce la lutte contre les copies par impression 3D.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais elle ne dispense pas d&rsquo;une stratégie : choisir le bon outil pour chaque actif, déposer avant de divulguer et sécuriser les droits cédés par les créateurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Ni la panique ni l&rsquo;attentisme, mais l&rsquo;anticipation. Un inventaire de vos créations et une vérification de la chaîne de droits, réalisés avant le lancement, évitent la plupart des pertes de droits et renforcent la valeur de votre marque.</p>
<h3><strong>Vous lancez un produit ou une nouvelle collection ?</strong></h3>
<p><em>Le Cabinet Nathalie Matteoda, <a href="/avocat-droit-propriete-intellectuelle">avocat en propriété intellectuelle</a> à Paris, vous accompagne : stratégie de protection du design, dépôts de dessins et modèles et de marques, audit de la chaîne de droits et contrats de cession.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Prendre rendez-vous  :<span> </span></strong><strong>Tél. 06 42 18 50 53<span> </span>ou prenez<span> </span><a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/avocat-prendre-rdv">rendez-vous en ligne.</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Suivre mon actualité sur Linkedin ?<span> </span><a href="https://www.linkedin.com/in/matteoda-nathalie/" target="_blank" rel="noopener">Nathalie Matteoda – Avocat en droit de la propriété intellectuelle</a></p></div>
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<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/proteger-design-produit-packaging-interface-reforme-dessins-modeles">Flacon, packaging, interface : comment protéger le design de vos produits après la réforme européenne des dessins et modèles</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
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		<title>Audit de propriété intellectuelle avant une levée ou une cession : pourquoi vos actifs immatériels valent plus (ou moins) que vous ne le pensez</title>
		<link>https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/audit-propriete-intellectuelle-avant-levee-cession</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie Matteoda avocat PI]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Aug 2026 08:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/?p=3573</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/audit-propriete-intellectuelle-avant-levee-cession">Audit de propriété intellectuelle avant une levée ou une cession : pourquoi vos actifs immatériels valent plus (ou moins) que vous ne le pensez</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><div class="et_pb_section et_pb_section_4 et_section_regular" >
				
				
				
				
				
				
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				<div class="et_pb_text_inner"><p style="text-align: justify;">Selon une étude conjointe de l’Office européen des brevets et de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle, les start-up européennes qui détiennent à la fois des brevets et des marques ont jusqu’à dix fois plus de chances de réussir leur levée de fonds que les autres.</p>
<p style="text-align: justify;">Le chiffre est frappant, mais le message l’est davantage : la propriété intellectuelle n’est pas un détail technique dans une opération. C’est un levier de valorisation ou une bombe à retardement.</p>
<p style="text-align: justify;">Lors d’une levée de fonds ou d’une cession, l’acquéreur ou l’investisseur audite systématiquement vos actifs immatériels.</p>
<p style="text-align: justify;">S’il découvre une faille, une marque mal déposée, des droits jamais cédés, un code truffé d’open source non maîtrisé, ce n’est pas seulement un risque juridique : c’est une décote directe sur votre prix, négociée au pire moment.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet article vous explique comment l’audit de propriété intellectuelle, mené en amont, transforme ces angles morts en actifs maîtrisés.</p>
<p style="text-align: justify;">Et pourquoi le faire avant que l’acquéreur ne le fasse à votre place change tout.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Avertissement : cet article fournit une information juridique générale et ne constitue pas un conseil individualisé. </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Chaque opération et chaque portefeuille de PI présentent des spécificités. Pour préparer votre opération, consultez un avocat spécialisé.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Pourquoi la PI décide (souvent) du prix de votre entreprise</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Mes actifs immatériels comptent-ils vraiment dans la valorisation ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui, et de plus en plus. Dans l’économie de la connaissance, la valeur d’une entreprise innovante réside rarement dans ses murs ou ses machines.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle se loge dans son immatériel : sa marque, sa technologie, son code, ses contenus, son savoir-faire, sa base de données clients.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est pourquoi la propriété intellectuelle est devenue un facteur décisif de valorisation.</p>
<p style="text-align: justify;">La statistique de l’OEB et de l’EUIPO le confirme : détenir des droits structurés (brevets, marques) multiplie considérablement les chances de réussir une levée.</p>
<p style="text-align: justify;">A l’inverse, l’absence de droits clairs envoie un signal de fragilité.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le réflexe systématique de l’acquéreur et de l’investisseur</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Dans toute opération significative (acquisition, fusion, levée, cession d’actifs) l’autre partie mène une due diligence de propriété intellectuelle (IP due diligence).</p>
<p style="text-align: justify;">Cet audit vise à vérifier la situation juridique des actifs avant de prendre une décision et d’en fixer le prix. Il met en lumière les forces, mais surtout les faiblesses de votre politique de PI.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Une faille de PI n’est pas qu’un risque théorique.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Dans une négociation, elle se traduit concrètement : décote sur le prix, garanties renforcées exigées, fraction du prix séquestrée, voire abandon de l’opération. Mieux vaut la découvrir et la corriger avant.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Qu’est-ce qu’un audit PI, et pourquoi le faire AVANT l’acquéreur ?</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« C’est quoi exactement, et pourquoi m’en occuper avant la négociation ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’audit de propriété intellectuelle est un état des lieux rigoureux de votre capital immatériel. Il ne se limite pas à lister les titres enregistrés : il examine l’ensemble des droits détenus, exploités ou simplement à risque.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Un état des lieux complet de votre capital immatériel</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">L’audit recense et analyse l’ensemble des actifs : marques, droits d’auteur, logiciels, bases de données, dessins et modèles, savoir-faire, secrets d’affaires, noms de domaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour chacun, il vérifie quatre dimensions essentielles : la titularité (qui en est réellement propriétaire), la validité (le droit est-il toujours en vigueur), l’usage (est-il effectivement exploité), et l’environnement contractuel (licences, cessions, garanties).</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Audit vendeur ou due diligence acquéreur : une différence décisive</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">L’acquéreur ou l’investisseur fera son propre audit, c’est certain. Toute la question est de savoir qui découvre les failles en premier.</p>
<p style="text-align: justify;">Mener un audit vendeur, en amont, permet de corriger les difficultés à froid, sans la pression de la négociation et sans subir l’effet dévastateur d’un vice découvert en pleine data room.</p>
<p style="text-align: justify;">La différence est stratégique : dans un cas, vous pilotez la révélation et la régularisation des points sensibles ; dans l’autre, vous les subissez, en position de faiblesse, au moment où chaque concession se paie en points de valorisation.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La règle d’or : auditer sa PI avant que l’acquéreur ne le fasse. Ce simple décalage dans le temps fait basculer le rapport de force en votre faveur.</em></p>
<h2>Les angles morts qui font chuter une valorisation</h2>
<p style="text-align: justify;"><em></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Quels sont les problèmes que l’acquéreur va découvrir et qui vont faire baisser mon prix ? »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Voici les failles les plus fréquemment révélées lors des due diligences. Chacune peut, isolément, suffire à dégrader une opération.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>La marque détenue par le fondateur, pas par la société. </strong>L’actif le plus visible de l’entreprise est parfois resté au nom personnel d’un fondateur. Il n’est alors pas dans le périmètre cédé, ce qui suppose un transfert préalable (art. L. 714-1 du CPI).</li>
<li><strong>Les cessions de droits manquantes. </strong>Freelances, agences, salariés : sans cession écrite et précise, la société n’est pas titulaire des droits sur les créations commandées (art. L. 131-3 du CPI).</li>
<li><strong>La marque non renouvelée ou attaquable. </strong>Une marque tombée en déchéance faute de renouvellement, ou exposée à une action en nullité, perd sa valeur d’actif.</li>
<li><strong>Le code et l’open source. </strong>Un logiciel intégrant des composants open source sous licence « virale » non maîtrisée peut contaminer toute la propriété du code.</li>
<li><strong>Les contenus générés par IA non sécurisés. </strong>Un contenu purement généré par IA n’est en principe pas protégeable, et peut même être contrefaisant — un actif en trompe-l’œil.</li>
<li><strong>Les contrats clés non transférables. </strong>Licences conclues intuitu personae, clauses de changement de contrôle : certains contrats stratégiques peuvent ne pas survivre à l’opération.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>A RETENIR</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔  Une marque au nom du fondateur n’est pas dans le périmètre cédé.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔  Sans cession écrite, les créations de prestataires n’appartiennent pas à la société.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔  L’open source non maîtrisé peut fragiliser la propriété de tout un logiciel.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔  Les contenus IA peuvent être non protégeables, voire contrefaisants.</strong></p>
<h2>Le cas le plus fréquent : la PI développée par des tiers</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Mon prestataire a créé mon logo et mon site, c’est bien à moi, non ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est l’angle mort numéro un, et le plus contre-intuitif. La réponse, en droit français, est souvent non.</p>
<p style="text-align: justify;">Le paiement d’une prestation n’emporte pas, à lui seul, cession des droits d’auteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsqu’un freelance ou une agence crée votre logo, votre site, vos visuels ou votre code, ces créations restent en principe la propriété de leur auteur, sauf cession écrite et précise.</p>
<p style="text-align: justify;">L’article L. 131-3 du Code de la propriété intellectuelle exige que chaque droit cédé soit mentionné distinctement, avec son étendue, sa destination, son territoire et sa durée.</p>
<p style="text-align: justify;">Autrement dit : vous pouvez avoir payé votre identité visuelle sans en détenir les droits. Une simple facture ou un « devis accepté » ne suffit pas à transférer la propriété.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le cas particulier du développeur salarié</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le logiciel obéit à un régime spécifique. Conformément à l’article L. 113-9 du CPI, les droits patrimoniaux sur les logiciels créés par un salarié dans l’exercice de ses fonctions sont dévolus à l’employeur.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais cette dévolution automatique ne vaut que pour les salariés, et uniquement pour le logiciel : elle ne s’étend ni aux prestataires externes, ni aux autres types de créations.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>En opération, la découverte qu’un actif central comme logo, site, code, ne fait pas partie du patrimoine de la société est un classique.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>La régularisation en urgence, sous la pression de la négociation, est toujours plus coûteuse et aléatoire qu’une cession organisée à froid.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Préparer sa data room PI : l’arme d’une négociation maîtrisée</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Comment je présente ma PI pour rassurer et défendre mon prix ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une fois l’audit mené et les failles corrigées, le travail se transforme en atout. La data room, cet espace où le vendeur met à disposition les documents de l’entreprise devient le lieu où se démontre la solidité de votre PI.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Constituer un dossier complet et tracé</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une data room PI bien préparée rassemble, pour chaque actif : les titres et certificats d’enregistrement, les contrats de cession et de licence, les preuves d’usage, et surtout la chaîne de titularité qui a créé l’actif, qui l’a cédé, qui le détient aujourd’hui.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette traçabilité est exactement ce que l’acquéreur cherche à vérifier.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Un signal de maturité qui renforce la confiance</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Au-delà de la conformité, une data room PI claire envoie un message : l’entreprise maîtrise ses actifs immatériels et sa stratégie.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est l’inverse exact d’une découverte tardive de failles : vous présentez des actifs maîtrisés, pas des surprises. Cette maîtrise se traduit en confiance, et la confiance se traduit en valeur.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L’audit préventif et la data room qui en découle ne sont pas une dépense, mais un investissement. Ils protègent votre valorisation et accélèrent l’opération en réduisant les zones d’incertitude.</em></p>
<h2>La feuille de route : 6 étapes pour sécuriser avant l’opération</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Concrètement, par où je commence et dans quel ordre ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Voici une feuille de route en six étapes pour aborder une opération avec une PI sécurisée.</p>
<ol style="text-align: justify;">
<li><strong> </strong><strong>Cartographier tous les actifs immatériels. </strong>Recenser l’ensemble des actifs, protégés ou non : marques, droits d’auteur, logiciels, bases de données, savoir-faire, noms de domaine.</li>
<li><strong> </strong><strong>Vérifier la titularité réelle de chacun. </strong>Déterminer qui détient juridiquement chaque actif : la société, un fondateur, un prestataire ? C’est l’étape qui révèle les angles morts.</li>
<li><strong> </strong><strong>Contrôler la validité et l’usage. </strong>Vérifier les renouvellements, l’absence de déchéance, les antériorités et les éventuels contentieux.</li>
<li><strong> </strong><strong>Régulariser les cessions de droits manquantes. </strong>Faire signer les cessions absentes auprès des freelances, agences et salariés concernés, dans le respect de l’article L. 131-3 du CPI.</li>
<li><strong> </strong><strong>Sécuriser les zones à risque. </strong>Auditer l’open source du code, vérifier les droits sur les contenus générés par IA, protéger les secrets d’affaires.</li>
<li><strong> </strong><strong>Constituer la data room et la feuille de route. </strong>Rassembler les preuves, documenter la chaîne de titularité et formaliser un plan de sécurisation prêt pour la négociation.</li>
</ol>
<p style="text-align: justify;"><em>Cette démarche se mène idéalement plusieurs mois avant l’opération. Certaines régularisations, comme obtenir une cession d’un ancien prestataire, transférer une marque, prennent du temps et ne s’improvisent pas sous la pression du calendrier de cession.</em></p>
<h2>Deux situations concrètes</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Est-ce que mon cas ressemble à l’un de ceux-là ? »</em></strong></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cas 1 : La start-up en levée de série A</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une start-up technologique prépare sa levée de série A. Lors de la due diligence, l’investisseur découvre que le cœur de la technologie.</p>
<p style="text-align: justify;">Le code a été développé par un prestataire externe, sans cession de droits formalisée.</p>
<p style="text-align: justify;">La conséquence est immédiate : la valorisation est gelée, et la levée suspendue le temps de régulariser la titularité du code, dans l’urgence et en position de faiblesse</p>
<p style="text-align: justify;">Un audit préalable aurait identifié et corrigé ce point bien avant l’entrée des investisseurs.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cas 2 : La PME en cession</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une PME familiale se prépare à être cédée. La marque phare, qui porte toute la notoriété de l’entreprise, est restée au nom personnel du dirigeant fondateur.</p>
<p style="text-align: justify;">L’acquéreur l’identifie et exige soit une décote significative, soit le transfert préalable de la marque à la société avant la cession.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette opération de transfert, menée sous contrainte, soulève à son tour des questions de valorisation et de fiscalité qui auraient pu être anticipées.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L’enseignement commun : ce qui aurait pu être une simple régularisation, menée sereinement en amont, devient un point de friction coûteux lorsqu’il est découvert en pleine négociation.</em></p>
<h2>Vos Questions &#8211; Mes Réponses : Audit PI avant une opération</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>A quel moment faut-il lancer l’audit PI ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le plus tôt possible, idéalement plusieurs mois avant l’opération envisagée. Certaines régularisations comme obtenir une cession de droits d’un ancien prestataire, transférer une marque, renouveler un titre, prennent du temps.</p>
<p style="text-align: justify;">Un audit mené trop tard, juste avant la négociation, ne laisse plus la marge nécessaire pour corriger les failles à froid.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Mon prestataire m’a livré mon logo : suis-je propriétaire des droits ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Pas nécessairement. En droit français, le paiement d’une prestation n’emporte pas cession automatique des droits d’auteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Sans clause de cession écrite et précise, conforme à l’article L. 131-3 du CPI, le prestataire reste titulaire des droits. Il est donc essentiel de vérifier vos contrats et, le cas échéant, de régulariser les cessions manquantes.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Que se passe-t-il si une marque clé est au nom du fondateur ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Cette marque n’appartient pas à la société et ne fait donc pas partie du périmètre cédé. L’acquéreur exigera généralement son transfert préalable à la société, ou appliquera une décote.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce transfert doit être organisé avec soin, car il soulève des questions de valorisation et de fiscalité qui méritent d’être anticipées.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>L’open source dans mon code est-il un problème en levée de fonds ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Cela dépend des licences concernées. Certaines licences open source dites « virales » peuvent imposer des obligations sur l’ensemble du logiciel qui les intègre, ce qui peut affecter la propriété et l’exploitation de votre code.</p>
<p style="text-align: justify;">Les investisseurs y sont très attentifs. Un audit de la composition logicielle permet d’identifier et de traiter ces situations en amont.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les contenus générés par IA comptent-ils dans mes actifs ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Avec prudence. Un contenu purement généré par IA, sans contribution créative humaine caractérisée, n’est en principe pas protégeable par le droit d’auteur : il ne constitue donc pas un actif exclusif.</p>
<p style="text-align: justify;">Il peut même présenter un risque de contrefaçon. Ces contenus doivent être identifiés et évalués spécifiquement lors de l’audit.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Combien de temps prend une régularisation avant une opération ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Cela varie selon la nature des failles. Une simple mise à jour de portefeuille peut être rapide, tandis qu’obtenir la cession de droits d’un ancien prestataire devenu introuvable, ou transférer une marque avec ses implications fiscales, peut prendre plusieurs semaines voire mois. C’est précisément pour cette raison que l’audit doit être lancé tôt.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>En conclusion, sans une levée de fonds comme dans une cession, la propriété intellectuelle peut faire gagner ou perdre des points de valorisation. Tout dépend de la maîtrise que vous en avez au moment d’entrer en négociation.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’audit PI préventif, mené à froid et en amont, transforme les angles morts en actifs maîtrisés et en arguments de prix. Il vous fait passer d’une position défensive, où vous subissez les découvertes de l’acquéreur, à une position offensive, où vous présentez un capital immatériel solide et tracé.</p>
<p style="text-align: justify;">La règle est simple : auditez votre PI avant que l’acquéreur ne le fasse. Ce décalage dans le temps, accompagné par un conseil spécialisé, est l’un des meilleurs investissements pour préserver la valeur de votre entreprise.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous préparez une levée ou une cession ? Sécurisez votre PI avant la négociation.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le Cabinet Nathalie Matteoda, <a href="/avocat-droit-propriete-intellectuelle">avocat en propriété intellectuelle à Paris</a>, et <a href="/avocat-droit-marques">droit des marques</a>, réalise un audit PI préventif et établit une feuille de route de sécurisation : titularité, preuves, contrats, portefeuille, data room avant votre entrée en négociation.</em></p>
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		<item>
		<title>AI Act au 2 août 2026 : le guide du dirigeant « déployeur » d’IA</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie Matteoda avocat PI]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Aug 2026 10:45:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/ai-act-deployeur-pme-aout-2026">AI Act au 2 août 2026 : le guide du dirigeant « déployeur » d’IA</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
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				<div class="et_pb_text_inner"><p style="text-align: justify;">Le 2 août 2026 a marqué la grande bascule de l’AI Act, le règlement européen sur l’intelligence artificielle.</p>
<p style="text-align: justify;">A quelques semaines de l’échéance, un texte de simplification appelé « Digital Omnibus » est venu repousser une partie des obligations.</p>
<p style="text-align: justify;">Résultat : une confusion totale chez les dirigeants. Beaucoup en concluent « c’est repoussé, je suis tranquille ». C’est une erreur et elle peut coûter cher. Car le report ne concerne qu’une partie du règlement et certaines obligations s’appliquent bel et bien, report ou pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet article fait le tri, du point de vue qui vous intéresse : celui de la PME qui utilise l’IA au quotidien. Que recouvre vraiment le statut de « déployeur », qu’est-ce qui a été repoussé, qu’est-ce qui reste applicable, et que faut-il faire concrètement ?</p>
<h2 style="text-align: justify;"> « Déployeur » : ce mot qui veut dire que l’AI Act vous concerne</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« L’AI Act, ce n’est pas que pour les géants de la tech qui créent les IA ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est l’idée reçue la plus répandue, et la plus risquée. L’AI Act ne vise pas seulement les entreprises qui conçoivent les modèles d’IA. Il impose aussi des obligations à celles qui se contentent de les utiliser.</p>
<p style="text-align: justify;">Le règlement distingue plusieurs rôles :</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; Le fournisseur conçoit ou met sur le marché un système d’IA.<br />&#8211; Le déployeur, lui, est défini par l’article 3 comme toute entité qui utilise un système d’IA dans le cadre d’une activité professionnelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Autrement dit : si votre entreprise utilise ChatGPT, Copilot, Gemini, un outil de tri de CV ou un logiciel de scoring client, elle est un déployeur.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>90 % des PME sont des déployeurs</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La grande majorité des PME entrent dans cette catégorie. Le piège consiste à se penser « simple utilisateur » et donc hors champ.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est faux : le statut de déployeur emporte des responsabilités opérationnelles réelles, en particulier lorsque le système d’IA affecte vos salariés ou vos clients.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le cas du multi-rôles</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Attention à une situation fréquente : si vous intégrez une IA dans un produit ou un service que vous commercialisez sous votre marque, vous pouvez basculer du statut de déployeur à celui de fournisseur, avec des obligations bien plus lourdes.</p>
<p style="text-align: justify;">La qualification de votre rôle est donc la toute première question à trancher.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Premier réflexe : déterminer précisément votre rôle pour chaque système d’IA utilisé. C’est lui qui définit l’étendue de vos obligations. Une même entreprise peut être déployeur pour un outil et fournisseur pour un autre.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Ce qui a changé : le Digital Omnibus et le report du « haut risque »</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><em></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>« J’ai entendu que tout était repoussé à 2027,  c’est vrai ? »</em></p>
<p style="text-align: justify;">En partie seulement. Le Digital Omnibus est un paquet d’amendements destiné à simplifier et à rééchelonner l’AI Act, motivé par le constat que l’écosystème de conformité (normes, lignes directrices) n’était pas prêt à temps.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Ce que le report concerne réellement</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le Parlement européen a voté ce texte en séance plénière le 16 juin 2026. Sa conséquence la plus directe : les obligations pleines pour les systèmes à haut risque de l’Annexe III, qui devaient s’appliquer au 2 août 2026, sont reportées au 2 décembre 2027.</p>
<p style="text-align: justify;">Les systèmes d’IA embarqués dans des produits déjà réglementés (Annexe I) sont quant à eux décalés à 2028.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Un texte qui n’est pas encore définitivement adopté</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Point essentiel pour ne pas se tromper : le vote du Parlement ne suffit pas. L’adoption formelle par le Conseil de l’Union européenne est encore attendue, et ce n’est qu’après la publication au Journal officiel que les nouvelles dates deviendront définitives.</p>
<p style="text-align: justify;">Tant que cette publication n’est pas intervenue, le calendrier légalement en vigueur reste celui du 2 août 2026.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Se reposer sur un report qui n’est pas encore définitivement acté serait imprudent. Tant que les nouveaux textes ne sont pas publiés, l’échéance du 2 août 2026 demeure la référence légale. Et même une fois le report acté, il ne couvre pas toutes les obligations.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Ce qui s’applique malgré le report : trois obligations bien réelles</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Donc concrètement, qu’est-ce qui me concerne vraiment au 2 août ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est ici que le malentendu doit être levé. Le report du « haut risque » ne vide pas l’AI Act de sa substance pour un déployeur. Trois blocs d’obligations restent pleinement applicables.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>La transparence (article 50)</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Les obligations de transparence de l’article 50 restent applicables au 2 août 2026. Elles imposent notamment d’informer l’utilisateur <strong>lorsqu’il interagit avec un système d’IA (un chatbot, par exemple), de signaler qu’un contenu a été généré par IA, et d’étiqueter les hypertrucages (deepfakes).</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Elles concernent tout déployeur d’IA générative, quel que soit le niveau de risque du système.</p>
<p style="text-align: justify;">Une nuance technique existe sur le marquage lisible par machine, assorti d’un délai transitoire pour les systèmes déjà sur le marché, mais le principe de transparence demeure.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>La maîtrise de l’IA, ou « AI literacy » (article 4)</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Cette obligation est déjà en vigueur depuis le 2 février 2025. Elle impose aux déployeurs de prendre des mesures pour garantir un niveau suffisant de compétence en IA au sein de leur personnel.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Digital Omnibus en allège la formulation : on passe d’un devoir de « garantir » à celui de « soutenir le développement » des compétences. Mais l’obligation est confirmée. Former ses équipes reste un pilier de la gestion du risque.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les interdictions (article 5)</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Les pratiques d’IA à risque inacceptable sont interdites depuis le 2 février 2025 : notation sociale, manipulation comportementale, certains usages biométriques.</p>
<p style="text-align: justify;">A ces interdictions s’ajoutent, à compter du 2 décembre 2026, deux nouvelles interdictions visées par le Digital Omnibus : la génération par IA d’images intimes non consenties et de contenus pédopornographiques.</p>
<p style="text-align: justify;"> <strong>A RETENIR</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔  La transparence (art. 50) reste applicable au 2 août 2026 : information, étiquetage des contenus IA.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔  La formation du personnel (art. 4) est déjà obligatoire depuis février 2025.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔  Les interdictions (art. 5) sont en vigueur et s’étendent au 2 décembre 2026.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔  Seules les obligations « haut risque » sont reportées et seulement si le texte est définitivement adopté.</strong></p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Le piège du « haut risque » : pourquoi vous êtes peut-être concerné sans le savoir</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Le haut risque, c’est repoussé, donc je n’ai rien à faire d’ici 2027 ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce raisonnement est le plus dangereux. Un report d’échéance ne supprime pas l’obligation : il en décale la date d’application. La conformité, elle, reste à construire et elle prend du temps.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les usages « haut risque » les plus fréquents en PME</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Beaucoup de dirigeants ignorent qu’ils utilisent déjà des systèmes classés à haut risque par l’Annexe III.</p>
<p style="text-align: justify;">Les plus courants en PME concernent les ressources humaines : les outils de tri et de présélection de CV, les systèmes d’évaluation des salariés, ou encore certains dispositifs de scoring client.</p>
<p style="text-align: justify;">Dès qu’un système d’IA influence une décision affectant l’emploi ou l’accès à un service, la vigilance s’impose.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Quand la charge se déplace vers le fournisseur</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Bonne nouvelle pour les PME : si vous utilisez un outil tiers (un logiciel SaaS de RH, un module de scoring, une solution de recrutement), une part importante de la charge de conformité pèse sur le fournisseur.</p>
<p style="text-align: justify;">Votre rôle consiste alors à exiger de lui la documentation de conformité et la déclaration attestant que son système respecte le règlement.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Même reportée, l’échéance « haut risque » se prépare dès maintenant. La cartographie des usages et la qualification des risques sont des chantiers longs. Les entreprises qui s’y prennent tôt aborderont l’échéance sereinement ; celles qui attendront 2027 seront prises de court.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Les sanctions : un risque proportionné mais réel pour les PME</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Qu’est-ce que je risque, à mon échelle de PME ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le régime de sanctions de l’AI Act est gradué selon la gravité du manquement, avec des plafonds élevés, mais des aménagements pour les petites structures.</p>
<table width="624">
<tbody>
<tr>
<td><strong>Type de manquement</strong></td>
<td><strong>Plafond de sanction</strong></td>
</tr>
<tr>
<td>Pratiques interdites (art. 5)</td>
<td>35 M€ ou 7 % du CA mondial</td>
</tr>
<tr>
<td>Manquements « haut risque »</td>
<td>15 M€ ou 3 % du CA mondial</td>
</tr>
<tr>
<td>Manquements de transparence (art. 50)</td>
<td>7,5 M€ ou 1 % du CA mondial</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;">Pour chaque catégorie, c’est le montant le plus élevé entre la somme fixe et le pourcentage qui s’applique, sauf pour les PME et les start-ups, pour lesquelles le règlement retient au contraire le montant le plus bas.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette proportionnalité spécifique atténue le risque financier à l’échelle d’une petite structure, sans le supprimer.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le cumul avec le RGPD</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Un point essentiel à ne pas négliger : l’AI Act et le RGPD ne se substituent pas l’un à l’autre, ils s’additionnent.</p>
<p style="text-align: justify;">Dès que votre système d’IA traite des données personnelles, ce qui est quasi systématique en RH, en scoring ou en relation client. Les deux régimes s’appliquent simultanément, avec leurs sanctions respectives.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Le plan d’action du déployeur : 6 étapes à mener maintenant</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Concrètement, par où je commence, sans me ruiner ni paniquer ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">La démarche reproduit, dans sa logique, celle que les entreprises ont menée pour le RGPD. Elle peut être conduite de façon progressive et proportionnée.</p>
<ol style="text-align: justify;">
<li><strong> </strong><strong>Cartographier les usages d’IA. </strong>Recenser tous les systèmes utilisés dans l’entreprise, y compris la shadow AI. Ces outils adoptés par les équipes sans validation.</li>
<li><strong> </strong><strong>Qualifier le niveau de risque. </strong>Classer chaque usage : interdit, haut risque, risque limité ou minimal. C’est cette qualification qui détermine vos obligations.</li>
<li><strong> </strong><strong>Former les équipes. </strong>Répondre à l’obligation de maîtrise de l’IA, déjà en vigueur, par des actions de sensibilisation et de formation adaptées aux métiers.</li>
<li><strong> </strong><strong>Mettre en conformité la transparence. </strong>Etiqueter les contenus générés par IA, informer les utilisateurs des chatbots, signaler les hypertrucages.</li>
<li><strong> </strong><strong>Exiger la documentation des fournisseurs. </strong>Pour chaque outil tiers, obtenir la déclaration de conformité et la documentation technique attestant du respect du règlement.</li>
<li><strong> </strong><strong>Formaliser une gouvernance et une charte IA. </strong>Structurer durablement les usages par une charte intégrée au règlement intérieur et une gouvernance dédiée.</li>
</ol>
<p style="text-align: justify;"><em>Ce plan n’exige pas des moyens démesurés. Mené progressivement, avec l’appui d’un conseil, il transforme une obligation diffuse en une feuille de route claire et constitue déjà une grande partie du travail attendu pour l’échéance « haut risque ».</em></p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Deux situations concrètes de PME</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Est-ce que mon cas ressemble à l’un de ceux-là ? »</em></strong></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cas 1 · La PME qui trie ses CV avec une IA</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une PME utilise un outil d’IA pour présélectionner les candidatures. Il s’agit d’un usage « haut risque » au sens de l’Annexe III.</p>
<p style="text-align: justify;">Le report du Digital Omnibus lui donne du temps pour la conformité spécifique à ce régime. Mais attention : les obligations du RGPD, notamment l’encadrement des décisions automatisées (article 22) et l’information des candidats, s’appliquent déjà, indépendamment de l’AI Act. Le report ne met donc pas cette PME à l’abri.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cas 2 · L’entreprise qui publie du contenu IA sur ses réseaux</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une entreprise génère et publie des contenus marketing produits par IA sur ses réseaux sociaux.</p>
<p style="text-align: justify;">L’obligation de transparence de l’article 50 reste applicable au 2 août 2026 : ces contenus doivent être signalés comme générés par IA lorsque les conditions de l’article sont réunies. Ici, le report ne change rien : l’obligation est bien là.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L’enseignement commun : le report du « haut risque » ne signifie jamais « rien à faire ». D’autres obligations : transparence, RGPD, formation continuent de s’appliquer en parallèle.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Vos Questions &#8211; Mes Réponses : AI Act et PME déployeurs</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le report du Digital Omnibus annule-t-il mes obligations ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Non. Il reporte l’échéance des obligations « haut risque » (Annexe III) au 2 décembre 2027, sous réserve de l’adoption définitive du texte. Les obligations de transparence, de formation du personnel et les interdictions restent applicables selon leur propre calendrier. Le report allège le calendrier, il ne supprime pas le règlement.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Suis-je un « déployeur » si j’utilise seulement ChatGPT ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Oui. Dès lors que vous utilisez un système d’IA dans le cadre de votre activité professionnelle, vous êtes un déployeur au sens de l’article 3 de l’AI Act. Ce statut emporte des obligations, notamment de transparence et de formation, même pour un usage en apparence anodin.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Quelles obligations s’appliquent vraiment au 2 août 2026 ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Principalement les obligations de transparence de l’article 50, qui imposent de signaler les contenus générés par IA et d’étiqueter les hypertrucages. S’y ajoutent l’obligation de formation, déjà en vigueur et les interdictions de pratiques. Les obligations « haut risque », elles, sont reportées si le Digital Omnibus est définitivement adopté.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Dois-je former mes salariés à l’IA ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Oui. L’obligation de maîtrise de l’IA, en vigueur depuis février 2025, impose de prendre des mesures pour assurer un niveau suffisant de compétence de votre personnel. Au-delà de l’obligation, la formation est un levier essentiel de maîtrise des risques et d’adoption réussie de l’IA.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Mon outil de tri de CV est-il « à haut risque » ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Très probablement. Les systèmes d’IA utilisés pour le recrutement, la présélection de candidatures ou l’évaluation des salariés figurent parmi les usages « haut risque » de l’Annexe III. Même si l’échéance spécifique est reportée, les obligations RGPD applicables à ces traitements, elles, ne le sont pas.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>L’AI Act et le RGPD se cumulent-ils ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Oui. Les deux règlements s’appliquent de manière cumulative : le RGPD encadre les données personnelles, l’AI Act encadre les systèmes d’IA. Dès qu’une IA traite des données personnelles, les deux régimes et leurs sanctions respectives s’additionnent.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>En conclusion, le report d’une partie des obligations de l’AI Act n’est pas un feu vert pour ne rien faire. La transparence, la formation du personnel et les interdictions s’appliquent, report ou non.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Et la conformité « haut risque », même décalée, se prépare dès aujourd’hui.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour une PME, la bonne posture n’est ni la panique ni l’attentisme, mais l’anticipation proportionnée.</p>
<p style="text-align: justify;">Cartographier ses usages, qualifier ses risques, former ses équipes et structurer une gouvernance : ces étapes sont accessibles, et elles transforment une contrainte réglementaire en maîtrise opérationnelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans un calendrier mouvant, le meilleur réflexe est de s’appuyer sur une analyse à jour et adaptée à votre situation. C’est précisément là qu’un accompagnement juridique fait la différence.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Votre PME utilise l’IA ? Faites le point sur vos obligations de déployeur.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le Cabinet Nathalie Matteoda, <a href="/avocat-droit-numerique">avocat en droit du numérique</a> à Paris, réalise un audit de conformité AI Act adapté à votre statut et à votre taille : cartographie des usages, qualification des risques, transparence, formation, gouvernance.</em></p>
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<p style="text-align: justify;">Suivre mon actualité sur Linkedin ?<span> </span><a href="https://www.linkedin.com/in/matteoda-nathalie/" target="_blank" rel="noopener">Nathalie Matteoda – Avocat en droit de la propriété intellectuelle</a></p></div>
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<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/ai-act-deployeur-pme-aout-2026">AI Act au 2 août 2026 : le guide du dirigeant « déployeur » d’IA</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Bouton de rétractation obligatoire au 19 juin 2026 : ce que les réseaux de franchise et e-commerçants doivent faire</title>
		<link>https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/bouton-retractation-obligatoire-franchise-ecommerce-2026</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie Matteoda avocat PI]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jul 2026 16:25:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/?p=3542</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/bouton-retractation-obligatoire-franchise-ecommerce-2026">Bouton de rétractation obligatoire au 19 juin 2026 : ce que les réseaux de franchise et e-commerçants doivent faire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
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				<div class="et_pb_text_inner"><p style="text-align: justify;">Depuis le 19 juin 2026, tout professionnel qui vend en ligne doit permettre au consommateur de se rétracter directement depuis son interface, en un clic.</p>
<p style="text-align: justify;">Fini le formulaire à télécharger ou l’e-mail au service client : le droit de rétractation doit désormais pouvoir s’exercer par une fonctionnalité dédiée, gratuite et immédiatement accessible.</p>
<p style="text-align: justify;">Derrière cette réforme d’apparence purement technique se cache une obligation qui engage la responsabilité juridique du vendeur.</p>
<p style="text-align: justify;">Et pour les réseaux de franchise, l’enjeu est démultiplié : la conformité doit être déployée de façon homogène sur tous les canaux du réseau, du site national aux sites des franchisés.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet article répond aux questions concrètes que se posent les dirigeants : de quoi s’agit-il exactement, qui est concerné, que risque-t-on, et comment se mettre en conformité sans désorganiser son activité ?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Avertissement : cet article fournit une information juridique générale à jour à sa date de rédaction et ne constitue pas un conseil individualisé.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>La situation de chaque réseau ou site marchand mérite une analyse dédiée. Pour sécuriser votre mise en conformité, consultez un avocat.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">De quoi parle-t-on ? La nouvelle « fonction de rétractation en ligne »<strong><em></em></strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« J’ai entendu parler d’un bouton de rétractation obligatoire, qu’est-ce que ça change concrètement ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Commençons par poser le cadre avec précision, car le sujet donne lieu à de nombreuses approximations.</p>
<p style="text-align: justify;">L’obligation découle de la directive européenne 2023/2673 du 22 novembre 2023, transposée en droit français par l’ordonnance n° 2026-2 et le décret n° 2026-3 du 5 janvier 2026.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces textes complètent l’article L. 221-21 du Code de la consommation et fixent une date d’entrée en vigueur : le 19 juin 2026.</p>
<p style="text-align: justify;">Le principe est simple : pour tout contrat conclu à distance au moyen d’une interface en ligne, le professionnel doit mettre à la disposition du consommateur, sans frais, une fonctionnalité lui permettant d’exercer son droit de rétractation directement en ligne.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les exigences de forme à respecter</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le décret, qui modifie l’article D. 221-5 du Code de la consommation, précise les modalités techniques.</p>
<p style="text-align: justify;">La fonctionnalité doit être identifiée de manière lisible par les mots « renoncer au contrat ici » ou une formule analogue dénuée d’ambiguïté.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle doit être affichée sur l’interface en ligne, accessible sans création de compte, et rester directement disponible pendant toute la durée du délai de rétractation.</p>
<p style="text-align: justify;">Après chaque demande, le professionnel doit adresser au consommateur un accusé de réception sur support durable, mentionnant le contenu de la déclaration ainsi que sa date et son heure.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Ce qui ne suffit plus</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs pratiques courantes ne répondent plus à l’obligation : un lien noyé en bas de page, un formulaire à télécharger et à renvoyer, ou la simple possibilité d’écrire au service client. Le texte impose une fonctionnalité dédiée et permanente.</p>
<p style="text-align: justify;">A noter : ce bouton ne remplace pas les autres moyens de rétractation existants, il s’y ajoute.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le bon réflexe : vérifier que la fonction de rétractation est accessible en un clic depuis l’interface, sans obstacle, sans connexion obligatoire, et clairement libellée. C’est le cœur de la conformité.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Qui est concerné ? Un champ d’application très large</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong><em>« Est-ce que mon activité est vraiment visée ? »</em></strong></h3>
<p style="text-align: justify;">C’est l’un des points les plus mal compris de la réforme. Les textes portent un intitulé relatif aux « services financiers », ce qui laisse penser que seuls les acteurs de ce secteur sont concernés. C’est une erreur.</p>
<p style="text-align: justify;">Le législateur a inséré l’obligation dans le régime général des contrats conclus à distance, au sein du Code de la consommation. Sa portée est donc horizontale : tout le commerce en ligne destiné aux consommateurs est visé, quel que soit le secteur d’activité.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les acteurs concernés</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Entrent dans le champ de l’obligation, dès lors qu’un droit de rétractation s’applique :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Les sites e-commerce et les applications mobiles</li>
<li>Les marketplaces et les plateformes</li>
<li>Les espaces clients en ligne et les abonnements</li>
<li>Les ventes de contenus et services numériques</li>
<li>Les modules d’achat intégrés aux réseaux sociaux</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">La condition tient en trois éléments cumulatifs : un contrat conclu à distance, au moyen d’une interface en ligne, avec un consommateur. Dès que ces trois conditions sont réunies, l’obligation s’applique.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ne vous fiez pas à l’intitulé « services financiers » des textes : l’obligation concerne l’ensemble du e-commerce destiné aux particuliers. Tout site marchand BtoC est potentiellement visé.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">L’angle franchise : pourquoi la tête de réseau est en première ligne</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Je suis franchiseur, en quoi cette obligation me concerne-t-elle, moi qui ne vends pas directement ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est précisément là que les réseaux de franchise présentent une complexité spécifique, rarement abordée. Un réseau multiplie les canaux de vente à distance, et chacun d’eux doit être conforme.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Une conformité à déployer sur tous les canaux du réseau</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Un réseau de franchise vend souvent par plusieurs voies simultanées : un site national opéré par la tête de réseau, des sites propres à chaque franchisé, des dispositifs de click &amp; collect, et parfois des ventes via les réseaux sociaux. Chacun de ces canaux constitue une interface en ligne qui déclenche l’obligation et doit être traité de façon homogène.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Qui est responsable : franchiseur ou franchisé ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La réponse dépend de l’identité du vendeur sur chaque canal. Le franchisé, commerçant indépendant, demeure responsable de la conformité de ses propres ventes en ligne.</p>
<p style="text-align: justify;">La tête de réseau, elle, répond de la conformité du site national qu’elle exploite. Sur une marketplace, la plateforme doit s’assurer que la fonctionnalité existe à l’échelle de l’interface, tandis que chaque vendeur professionnel reste responsable de ses propres ventes.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais la responsabilité du franchiseur ne se limite pas à son propre site. Au titre de son devoir d’assistance et de la protection de la marque, il a tout intérêt à accompagner ses franchisés vers une conformité homogène, sans pour autant empiéter sur leur indépendance de commerçants.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Un enjeu d’homogénéité et de réputation de marque</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une rétractation opaque ou non conforme chez un seul franchisé peut rejaillir sur l’image de toute la marque. La cohérence du parcours client, sur l’ensemble du réseau, est un actif stratégique qu’il convient de protéger.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est pourquoi le sujet dépasse la simple conformité individuelle : il relève du pilotage du réseau.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Pour un franchiseur, la bonne approche consiste à fournir aux franchisés un cadre de conformité clair, un kit, des modèles de CGV, des spécifications techniques,  tout en respectant leur autonomie juridique. Une démarche coordonnée protège à la fois le réseau et chaque membre.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;"> <strong>Les sanctions : ce que vous risquez vraiment (et ce qui est souvent mal expliqué)</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Qu’est-ce que je risque si je ne suis pas prêt ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le régime des sanctions est sévère, mais il est souvent présenté de manière inexacte. Il faut distinguer deux risques de nature différente.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>L’amende administrative de la DGCCRF</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le manquement aux obligations d’information précontractuelle, dont fait partie l’obligation de fonction de rétractation, peut être sanctionné par une amende administrative prononcée par la DGCCRF. Conformément à l’article L. 242-13 du Code de la consommation, cette amende peut atteindre 15 000 euros pour une personne physique et 75 000 euros pour une personne morale, montants doublés en cas de récidive.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>La prolongation du délai à 12 mois : attention à une idée répandue</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">De nombreux articles affirment que l’absence de bouton allonge automatiquement le délai de rétractation à douze mois. C’est une simplification inexacte. La prolongation du délai à douze mois et quatorze jours, prévue par l’article L. 221-20 du Code de la consommation, sanctionne un manquement distinct : le défaut d’information du consommateur sur son droit de rétractation.</p>
<p style="text-align: justify;">Autrement dit, l’absence de la seule fonctionnalité technique ne suffit pas, à elle seule, à déclencher la prolongation à douze mois. En revanche, lorsque le défaut de bouton s’accompagne d’une information précontractuelle non conforme, ce qui est fréquent en pratique, les deux sanctions peuvent se cumuler : l’amende et le délai prolongé.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>C’est précisément parce que le bouton et l’information du consommateur sont liés qu’il faut traiter les deux ensemble. Mettre en place le bouton sans mettre à jour les CGV et l’information précontractuelle laisse subsister un risque majeur : un délai de rétractation porté à plus d’un an.</em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les risques indirects</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Au-delà des sanctions formelles, un parcours de rétractation opaque génère des litiges, des avis négatifs et des sollicitations du service client. Il expose également à des actions individuelles de consommateurs, voire à des actions de groupe portées par des associations.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A RETENIR</strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong>✔  Amende DGCCRF jusqu’à 75 000 € (personne morale), doublée en récidive (art. L. 242-13).</strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong>✔  L’absence de bouton seule n’allonge pas le délai à 12 mois : c’est le défaut d’information qui le fait (art. L. 221-20).</strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong>✔  Bouton manquant + information non conforme = amende ET délai prolongé : traiter les deux ensemble.</strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong>✔  Un délai porté à 12 mois et 14 jours expose à des retours pendant plus d’un an.</strong></p>
<h2 style="text-align: justify;">L’impact économique : la rétractation facilitée change votre équation</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Au-delà de la conformité, qu’est-ce que ça change pour mon activité ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">La réforme ne se limite pas à un enjeu juridique. En rendant la rétractation plus simple, elle modifie l’équation économique des ventes en ligne.</p>
<p style="text-align: justify;">Mécaniquement, plus la rétractation est aisée, plus le volume de retours est susceptible d’augmenter. Cet effet est particulièrement sensible dans certains secteurs : la mode, l’ameublement ou l’électronique, où un retour hors saison peut rendre un produit difficile à revendre, parfois déprécié ou ouvert.</p>
<p style="text-align: justify;">La réforme oblige donc à reconnecter plusieurs briques souvent cloisonnées : l’interface de vente, la logistique des retours, le remboursement dans le délai de quatorze jours, et le suivi comptable.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour un réseau de franchise, cette coordination doit s’envisager à l’échelle de l’ensemble des points de vente.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La contrainte peut devenir un atout. Un parcours de rétractation limpide rassure le consommateur au moment de l’achat et peut améliorer le taux de conversion. La conformité, bien menée, est aussi un argument commercial.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Le plan de mise en conformité : 6 actions à mener</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Concrètement, par où je commence ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Voici une feuille de route en six étapes pour atteindre et maintenir la conformité.</p>
<ol style="text-align: justify;">
<li><strong> </strong><strong>Cartographier tous les canaux de vente à distance.<br /></strong>Recenser chaque interface en ligne du réseau : site national, sites des franchisés, click &amp; collect, ventes sociales. Chacune doit être traitée.</li>
<li><strong> </strong><strong>Installer la fonctionnalité de rétractation conforme.<br /></strong>Lisible, gratuite, accessible sans création de compte, libellée clairement, disponible pendant tout le délai.</li>
<li><strong> </strong><strong>Mettre en place l’accusé de réception.<br /></strong>Sur support durable, mentionnant le contenu, la date et l’heure de la déclaration.</li>
<li><strong> </strong><strong>Mettre à jour les CGV et l’information précontractuelle.<br /></strong>Indiquer l’existence et l’emplacement de la fonction. C’est cette étape qui écarte le risque de prolongation du délai à douze mois.</li>
<li><strong> </strong><strong>Adapter le process interne de traitement.<br /></strong>Organiser la réception des demandes, le contrôle d’éligibilité et le remboursement dans le délai de quatorze jours.</li>
<li><strong> </strong><strong>Pour les réseaux : diffuser un kit de conformité homogène.<br /></strong>Fournir aux franchisés des modèles, des spécifications techniques et des CGV types, dans le respect de leur indépendance.</li>
</ol>
<p style="text-align: justify;"><em>Cette démarche gagne à être menée avec un conseil, en particulier pour les réseaux : l’articulation entre la conformité du franchiseur et celle des franchisés suppose des outils contractuels adaptés.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Deux situations concrètes de réseau</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Est-ce que mon cas ressemble à l’un de ceux-là ? »</em></strong></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cas 1 · Le réseau avec des sites franchisés hétérogènes</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Un réseau compte des dizaines de franchisés, chacun disposant de son propre site, parfois conçu avec des outils différents. Comment garantir une conformité homogène sans empiéter sur l’indépendance de chaque commerçant ?</p>
<p style="text-align: justify;">La réponse passe par un cadre commun : spécifications techniques, modèles de CGV et accompagnement, diffusés par la tête de réseau, que chaque franchisé met en œuvre sur son propre site.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cas 2 · La marque qui vend via Instagram et TikTok Shop</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une marque commercialise ses produits via des modules d’achat intégrés aux réseaux sociaux. Ces interfaces sont des interfaces de vente en ligne au sens du texte : elles déclenchent l’obligation de rétractation, un point fréquemment ignoré.</p>
<p style="text-align: justify;">La conformité doit donc être assurée également sur ces canaux, ce qui suppose d’en vérifier les fonctionnalités disponibles.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L’enseignement commun : la conformité ne se limite pas au site principal. Elle doit couvrir tous les points de contact commerciaux du réseau, y compris ceux que l’on n’identifie pas spontanément comme des « sites de vente ».</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Vos questions Mes réponses : Bouton de rétractation et réseaux de franchise</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Un e-mail au service client suffit-il pour être conforme ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Non. Le texte impose une fonctionnalité dédiée, permanente et accessible sans création de compte. La possibilité d’écrire au service client, comme le formulaire à télécharger, ne répond plus à l’obligation. Ces moyens peuvent subsister, mais en complément de la fonction de rétractation en ligne, et non à sa place.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>L’absence de bouton allonge-t-elle vraiment le délai de rétractation à 12 mois ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Pas à elle seule. La prolongation du délai à douze mois et quatorze jours sanctionne le défaut d’information du consommateur sur son droit de rétractation (article L. 221-20).</p>
<p style="text-align: justify;">En pratique, l’absence de bouton s’accompagne souvent d’une information non conforme, ce qui peut alors déclencher cette prolongation. C’est pourquoi il est indispensable de mettre à jour, en même temps, la fonctionnalité et l’information précontractuelle.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>En franchise, qui est responsable : le franchiseur ou le franchisé ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Chaque vendeur est responsable de la conformité de ses propres ventes en ligne. Le franchisé, commerçant indépendant, répond de son site ; la tête de réseau répond du site national.</p>
<p style="text-align: justify;">Le franchiseur a toutefois un rôle d’accompagnement et un intérêt direct à garantir une conformité homogène, pour protéger l’image du réseau.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les ventes via Instagram ou TikTok sont-elles concernées ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Oui, dès lors qu’il s’agit de contrats conclus à distance avec des consommateurs via une interface en ligne. Les modules d’achat intégrés aux réseaux sociaux entrent dans le champ de l’obligation, au même titre qu’un site e-commerce classique.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le bouton remplace-t-il les autres moyens de rétractation existants ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Non. La fonction de rétractation en ligne s’ajoute aux moyens existants (courrier, formulaire type) sans les supprimer. Le consommateur conserve le choix du moyen par lequel il exerce son droit.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Quelles mentions ajouter dans mes CGV ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Les conditions générales doivent indiquer l’existence et l’emplacement de la fonction de rétractation en ligne, ainsi que les modalités d’exercice du droit. L’information précontractuelle communiquée avant la conclusion du contrat doit également être actualisée. C’est cette mise à jour qui sécurise contre le risque de prolongation du délai.</p>
<p style="text-align: justify;">En conclusion, la fonction de rétractation en ligne, entrée en vigueur le 19 juin 2026, est bien plus qu’une formalité technique. Elle engage la responsabilité juridique du vendeur et, pour les réseaux de franchise, la cohérence et la réputation de toute la marque.</p>
<p style="text-align: justify;">Les enjeux sont doubles : une conformité individuelle sur chaque canal de vente, et un déploiement homogène à l’échelle du réseau.</p>
<p style="text-align: justify;">Le risque, lui aussi, est double : une amende administrative, mais surtout une prolongation du délai de rétractation à plus d’un an si l’information du consommateur n’est pas mise en conformité en même temps que la fonctionnalité.</p>
<p style="text-align: justify;">L’anticipation est la clé. En cartographiant ses canaux, en déployant une solution homogène et en mettant à jour CGV et information précontractuelle, un réseau transforme une contrainte réglementaire en un parcours client maîtrisé et même en avantage commercial.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Votre réseau ou votre site est-il conforme à la nouvelle obligation de rétractation ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><em>Le Cabinet Nathalie Matteoda, avocat à Paris, accompagne les réseaux de franchise et les e-commerçants, en <a href="avocat-droit-numerique">droit du numérique</a> : audit de conformité, mise à jour des CGV et de l’information précontractuelle, kit de déploiement homogène pour vos franchisés.</em></p>
<p><strong>Prendre rendez-vous  :<span> </span></strong><strong>Tél. 06 42 18 50 53<span> </span>ou prenez<span> </span><a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/avocat-prendre-rdv">rendez-vous en ligne.</a></strong></p>
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<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/bouton-retractation-obligatoire-franchise-ecommerce-2026">Bouton de rétractation obligatoire au 19 juin 2026 : ce que les réseaux de franchise et e-commerçants doivent faire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
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		<title>IA et droit d’auteur : votre entreprise est-elle exposée à un risque de contrefaçon en 2026 ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie Matteoda avocat PI]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jul 2026 15:37:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/?p=3522</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/ia-droit-auteur-presomption-exploitation-entreprise">IA et droit d’auteur : votre entreprise est-elle exposée à un risque de contrefaçon en 2026 ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><div class="et_pb_section et_pb_section_7 et_section_regular" >
				
				
				
				
				
				
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				<div class="et_pb_text_inner"><p style="text-align: justify;">Au printemps 2026, une proposition de loi a fait grand bruit : <strong>l’instauration d’une présomption d’exploitation des contenus culturels par les fournisseurs d’intelligence artificielle.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le débat s’est presque entièrement concentré sur les artistes, les médias et les éditeurs, dont les œuvres servent à entraîner les modèles d’IA sans toujours leur accord.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais une question est restée dans l’ombre. <strong>Et vous, entreprise qui utilisez l’IA pour produire vos visuels, vos textes, vos campagnes ou votre code : où vous situez-vous dans ce débat ? Êtes-vous concerné, et à quel titre ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La réponse est plus subtile qu’il n’y paraît.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet article vous explique ce que prévoyait réellement cette proposition de loi, pourquoi elle ne vous visait pas directement, et surtout pourquoi le vrai risque juridique lié à l’IA existe déjà pour votre entreprise, que cette loi soit adoptée un jour ou non.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Avertissement : cet article fournit une information juridique générale et ne constitue pas un conseil individualisé.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le droit de l’IA évolue rapidement. Pour analyser vos usages spécifiques, consultez un avocat spécialisé en propriété intellectuelle et droit du numérique.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>La loi Darcos : de quoi parle-t-on vraiment ?</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« J’ai entendu parler d’une loi sur l’IA et le droit d’auteur, qu’est-ce qu’elle dit ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Commençons par poser les faits avec exactitude car beaucoup d’informations approximatives circulent sur ce texte.</p>
<p style="text-align: justify;">La proposition de loi, portée par la sénatrice Laure Darcos, vise à instaurer une présomption d’exploitation des contenus culturels par les fournisseurs d’intelligence artificielle</p>
<p style="text-align: justify;">Elle a été adoptée par le Sénat le 8 avril 2026, puis transmise à l’Assemblée nationale le 9 avril 2026. Son examen a toutefois été écarté du calendrier transpartisan de juin, de sorte que le texte n’est pas entré en vigueur.</p>
<p style="text-align: justify;">La proposition Darcos voulait créer une présomption d’utilisation des œuvres protégées par les fournisseurs d’IA. Aujourd’hui, c’est à l’auteur ou à l’ayant droit de prouver que son œuvre a été utilisée pour entraîner un modèle, ce qui est souvent très difficile en pratique</p>
<p style="text-align: justify;">Avec ce texte, en présence d’indices sérieux, ce serait au fournisseur d’IA de démontrer qu’il n’a pas utilisé l’œuvre concernée.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Un texte qui n’est pas, à ce jour, entré en vigueur</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">C’est le point essentiel à retenir : la proposition de loi Darcos n’est pas applicable à ce jour. Après son adoption par le Sénat le 8 avril 2026, elle a été transmise à l’Assemblée nationale le 9 avril 2026, mais son examen a été écarté du calendrier transpartisan de juin.</p>
<p style="text-align: justify;">Il ne s’agit donc pas d’une loi adoptée, ni d’une règle de droit applicable.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour autant, le sujet n’est pas clos. Le blocage du texte est politique, et non juridique : le mécanisme de présomption reste en suspens, tandis que les titulaires de droits doivent continuer à s’appuyer sur le droit existant et sur les obligations de transparence prévues par l’AI Act.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ce que cet article va démontrer : que cette loi soit adoptée ou non ne change rien à l’essentiel. Le risque juridique lié à l’usage de l’IA en entreprise existe déjà, dans le cadre du droit en vigueur.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi cette loi visait les fournisseurs d’IA  et pas directement votre entreprise</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Cette histoire de présomption, est-ce que ça me concerne, moi qui utilise juste ChatGPT, Gemini ou Midjourney ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">La proposition de loi Darcos ciblait les fournisseurs de systèmes et de modèles d’IA, c’est-à-dire les entreprises qui conçoivent et entraînent ces outils. Elle ne visait pas, en principe, les entreprises qui se contentent d’utiliser une IA dans leur activité.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais cette distinction mérite d’être comprise précisément, car la frontière est plus poreuse qu’il n’y paraît.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Fournisseur de modèle, fournisseur de système, déployeur : qui est qui ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le droit de l’IA distingue plusieurs rôles. Le fournisseur de modèle conçoit l’outil sous-jacent (par exemple un grand modèle de langage).</p>
<p style="text-align: justify;">Le fournisseur de système intègre ce modèle dans une application. Le déployeur, lui, est l’entreprise qui utilise le système dans le cadre de son activité professionnelle. La grande majorité des entreprises sont des déployeurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Saisi de la proposition de loi, le Conseil d’État a d’ailleurs demandé de distinguer plus nettement le fournisseur du modèle d’IA du simple déployeur d’une application, qui ne contribue pas à l’exploitation de contenus protégés. La présomption visait donc bien les premiers, pas les seconds.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Quand une entreprise utilisatrice peut-elle être requalifiée ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La prudence reste de mise, car une entreprise utilisatrice peut basculer dans une catégorie plus exposée sans en avoir conscience.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est notamment le cas lorsqu’elle réalise un fine-tuning poussé d’un modèle, qu’elle l’entraîne sur ses propres données, ou qu’elle l’intègre profondément dans un produit qu’elle commercialise.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ces hypothèses, elle peut endosser une responsabilité de fournisseur.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ne partez pas du principe que votre statut de « simple utilisateur » vous met à l’abri. Selon la manière dont vous intégrez l’IA à vos process, votre qualification juridique , et donc vos obligations,  peut changer.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Le vrai risque, lui, existe déjà : la contrefaçon « en sortie »</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Si la loi n’est pas passée, je ne risque rien, non ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est ici que se trouve le cœur du sujet, et le malentendu le plus répandu. Le débat sur la loi Darcos porte sur l’entrée des systèmes d’IA  c’est-à-dire les données utilisées pour les entraîner.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais votre risque à vous, entreprise utilisatrice, porte sur la sortie : le contenu que l’IA vous livre et que vous exploitez.</p>
<p style="text-align: justify;">Si le contenu généré reprend des éléments originaux identifiables d’une œuvre protégée (composition, personnage, choix graphiques caractéristiques, texte, musique ou combinaison d’éléments) l’entreprise qui l’exploite peut-être exposée à une action en contrefaçon.</p>
<p style="text-align: justify;">A défaut de reproduction caractérisée, une action sur le terrain du parasitisme ou de la concurrence déloyale peut également être envisagée selon les circonstances.</p>
<p style="text-align: justify;">La contrefaçon est un fait objectif. Conformément à l’article L. 335-2 du Code de la propriété intellectuelle, elle constitue un délit, sanctionné lourdement sur le plan civil comme pénal. Or, en matière de contrefaçon, la bonne foi de celui qui exploite le contenu ne suffit généralement pas à l’exonérer de sa responsabilité.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Point clé : c’est l’entreprise qui exploite le contenu, et non l’IA qui l’a généré, qui engage sa responsabilité. Vous ne pouvez pas vous retrancher derrière l’outil : aux yeux du droit, c’est vous qui diffusez et exploitez le contenu.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Ce que le cadre actuel impose déjà à votre entreprise</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Quelles sont les règles qui s’appliquent vraiment, aujourd’hui ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Indépendamment de la loi Darcos, plusieurs règles encadrent déjà l’usage de l’IA. Les connaître permet de mesurer son exposition réelle.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>L’exception TDM et l’opt-out</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La directive européenne 2019/790 sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique (dite DAMUN), transposée en droit français, a introduit deux exceptions dites de « fouille de textes et de données » (text and data mining, ou TDM).</p>
<p style="text-align: justify;">Elles autorisent, sous conditions, la reproduction d’œuvres accessibles licitement aux fins d’entraînement, assorties d’une faculté d’opposition (opt-out) pour les titulaires de droits.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce mécanisme encadre l’entraînement des modèles. Mais il ne protège pas l’utilisateur final contre une sortie contrefaisante : ce n’est pas parce qu’un modèle a été entraîné licitement que tout contenu qu’il génère est exempt de risque.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>L’AI Act : transparence et étiquetage à compter du 2 août 2026</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le règlement européen sur l’intelligence artificielle, ou AI Act, prévoit à son article 50 des obligations de transparence applicables à compter du 2 août 2026.</p>
<p style="text-align: justify;">Selon les cas, les entreprises peuvent être tenues d’informer les personnes lorsqu’elles interagissent avec un système d’IA, ou de signaler certains contenus générés ou manipulés par intelligence artificielle, notamment les hypertrucages, ou deepfakes.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour une marque qui utilise l’IA dans sa communication, le point de vigilance est clair : vérifier son rôle dans l’usage de l’outil, la nature du contenu généré par IA, son contexte de diffusion et l’existence éventuelle d’une obligation d’information ou d’étiquetage au titre de l’AI Act.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>La titularité : un contenu IA n’est en principe pas protégeable</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">C’est le revers de la médaille, souvent ignoré. Conformément à l’article L. 111-1 du Code de la propriété intellectuelle, seule une personne physique peut être auteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Un contenu purement généré par IA, sans contribution créative humaine caractérisée, n’est en principe pas protégeable par le droit d’auteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Conséquence concrète : votre entreprise ne dispose pas de droits exclusifs sur ce contenu, et un concurrent pourrait le réutiliser librement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A RETENIR</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔  Le risque de contrefaçon « en sortie » existe déjà, indépendamment de la loi Darcos.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔  C’est l’entreprise qui exploite le contenu qui engage sa responsabilité, pas l’IA.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔  L’AI Act introduit, à compter du 2 août 2026, des obligations de transparence pour certains contenus générés ou manipulés par IA, notamment les deepfakes.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔  Un contenu purement généré par IA n’est en principe pas protégeable : un concurrent peut le reprendre.</strong></p>
<h2 style="text-align: justify;">Et si la présomption était un jour adoptée ? Anticiper le scénario</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Faut-il s’y préparer, au cas où le texte reviendrait ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le sujet n’est pas clos, même si la proposition de loi Darcos est aujourd’hui bloquée.</p>
<p style="text-align: justify;">Le mécanisme de présomption n’a pas été adopté, mais la difficulté demeure : les titulaires de droits doivent encore démontrer que leurs œuvres ont été utilisées pour l’entraînement d’un modèle, alors même que les corpus d’entraînement restent largement opaques.</p>
<p style="text-align: justify;">Si une telle présomption était finalement adoptée, elle ne se limiterait pas à une obligation de transparence : elle modifierait surtout le régime de la preuve au profit des titulaires de droits.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour les entreprises utilisatrices, l’impact serait indirect mais réel : elles devraient être plus vigilantes sur le choix de leurs outils, les garanties contractuelles obtenues et la traçabilité des contenus générés.</p>
<p style="text-align: justify;">Les entreprises qui documentent dès aujourd’hui leurs usages d’IA et structurent leurs relations avec leurs fournisseurs prendront une longueur d’avance — et seront mieux armées quel que soit le sort réservé à ce texte.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les 5 réflexes pour sécuriser vos usages d’IA générative</strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Concrètement, qu’est-ce que je dois mettre en place ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Voici cinq actions concrètes pour réduire votre exposition juridique, quel que soit l’état de la législation.</p>
<ol style="text-align: justify;">
<li><strong> </strong><strong>Choisir des outils offrant des garanties contractuelles<br /></strong>Certains fournisseurs d’IA proposent dans leurs conditions des engagements d’indemnisation en cas de contrefaçon. Vérifiez ces clauses avant d’adopter un outil pour un usage commercial.</li>
<li><strong> </strong><strong>Documenter la contribution humaine<br /></strong>Conservez la trace de vos prompts, de vos itérations et de vos choix éditoriaux. Plus la contribution humaine est caractérisée, plus vos créations sont susceptibles d’être protégeables.</li>
<li><strong> </strong><strong>Vérifier les contenus avant diffusion<br /></strong>Avant toute exploitation, contrôlez que le contenu généré ne reprend pas des éléments originaux identifiables d’une œuvre protégée, un personnage protégé ou une combinaison d’éléments suffisamment caractéristique.</li>
<li><strong>Etiqueter les contenus IA<br /></strong>Conformément à l’AI Act, signalez les contenus générés ou manipulés par IA lorsque les obligations de transparence s’appliquent.</li>
<li><strong> </strong><strong>Encadrer l’usage par une charte et des clauses adaptées<br /></strong>Une charte IA intégrée au règlement intérieur et des clauses fournisseurs sur mesure structurent durablement vos pratiques.</li>
</ol>
<p style="text-align: justify;"><em>Ces cinq réflexes constituent un socle. Un audit mené par un avocat spécialisé permet de les adapter à vos usages réels et à votre secteur d’activité.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Trois situations concrètes d’entreprise</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Est-ce que mon cas ressemble à l’un de ceux-là ? »</em></strong></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cas 1 · L’agence qui livre un visuel IA à son client</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une agence créative génère un visuel par IA et le livre à son client. Si ce visuel s’avère contrefaisant, qui répond ? La question de la chaîne de responsabilité est cruciale : l’agence, le client, ou les deux ?</p>
<p style="text-align: justify;">En l’absence de clauses claires, le litige peut remonter à chacun des maillons. Le contrat de prestation doit répartir expressément ces responsabilités.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cas 2 · La marque qui génère sa campagne avec une IA</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une marque produit une campagne publicitaire reprenant des choix graphiques très proches de l’univers d’un artiste identifiable. Si des éléments originaux sont repris, l’entreprise peut être exposée à une action en contrefaçon.</p>
<p style="text-align: justify;">A défaut, le risque peut aussi être discuté sur le terrain du parasitisme ou de la concurrence déloyale, selon les circonstances. L’économie réalisée sur la création peut coûter bien plus cher en contentieux.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cas 3 · La PME qui croit être propriétaire de son logo IA</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une PME fait générer son logo par une IA et l’utilise comme élément central de son identité. Problème : ce logo, purement généré sans contribution humaine caractérisée, n’est en principe pas protégeable par le droit d’auteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Un concurrent pourrait l’utiliser à son tour. Le dépôt de marque devient alors le seul moyen réel de sécuriser ce signe.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L’enseignement commun à ces trois cas : le contenu généré par IA n’est jamais juridiquement neutre. À l’entrée comme à la sortie, il appelle une vigilance contractuelle et une stratégie de protection adaptée.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Vos questions Mes réponses :  IA, droit d’auteur et responsabilité de l’entreprise</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>La loi Darcos est-elle entrée en vigueur ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Non. La proposition de loi Darcos a été adoptée par le Sénat le 8 avril 2026, puis transmise à l’Assemblée nationale le 9 avril 2026. Son examen a toutefois été écarté du calendrier transpartisan de juin.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle n’est donc pas entrée en vigueur et ne constitue pas une règle de droit applicable. Le sujet reste néanmoins ouvert, car le mécanisme de présomption répond à une difficulté probatoire réelle pour les titulaires de droits.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Mon entreprise peut-elle être poursuivie pour un contenu généré par une IA ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Oui. Si le contenu généré reproduit une œuvre protégée, l’entreprise qui l’exploite peut être poursuivie en contrefaçon, indépendamment de toute loi spécifique à l’IA.</p>
<p style="text-align: justify;">La responsabilité pèse sur celui qui exploite le contenu, pas sur l’outil qui l’a produit. La bonne foi ne suffit généralement pas à écarter la contrefaçon.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Suis-je propriétaire des visuels que je crée avec Midjourney ou DALL·E ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Pas nécessairement. Un contenu purement généré par IA, sans intervention créative humaine significative, n’est en principe pas protégeable par le droit d’auteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous ne disposez donc pas forcément de droits exclusifs sur ces visuels. Documenter votre contribution créative, ou protéger le signe par un dépôt de marque, peut sécuriser son exploitation.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les CGU de mon outil d’IA me protègent-elles en cas de contrefaçon ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Cela dépend entièrement de leur contenu. Certains fournisseurs prévoient des engagements d’indemnisation, d’autres excluent toute garantie et font porter le risque sur l’utilisateur.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est indispensable de lire ces conditions avant tout usage commercial, et de ne pas présumer d’une protection qui n’existe peut-être pas.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Dois-je signaler que mon contenu a été généré par une IA ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Dans plusieurs cas, oui. L’AI Act prévoit, à compter du 2 août 2026, des obligations de transparence imposant de signaler certains contenus générés par IA et d’étiqueter les hypertrucages.</p>
<p style="text-align: justify;">Le champ exact de ces obligations dépend de la nature du contenu et de son usage.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Comment prouver ma bonne foi en cas de litige ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">En conservant une documentation rigoureuse : outils utilisés, prompts, itérations, vérifications effectuées avant diffusion, clauses contractuelles avec les fournisseurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette traçabilité ne supprime pas le risque de contrefaçon, mais elle démontre votre diligence et peut influer sur l’appréciation du litige et sur l’évaluation du préjudice.</p>
<p style="text-align: justify;">En conclusion, la proposition de loi Darcos n’est pas entrée en vigueur, mais son blocage ne signifie pas que les usages de l’IA échappent au droit.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle a surtout mis en lumière une difficulté majeure : prouver l’utilisation d’œuvres protégées dans les modèles d’IA, alors que les entreprises utilisatrices doivent, de leur côté, sécuriser les contenus qu’elles exploitent.</p>
<p style="text-align: justify;">Le risque ne dépend pas d’un vote. Il existe déjà, dans le cadre du droit en vigueur : risque de contrefaçon sur les contenus générés, absence de protection automatique sur les créations produites par IA, obligations de transparence prévues par l’AI Act dans certains cas. Le débat législatif n’a fait que rendre visible un enjeu qui était déjà là.</p>
<p style="text-align: justify;">La bonne approche n’est ni l’attentisme ni la peur, mais l’anticipation. En auditant vos usages, en documentant vos créations et en sécurisant vos contrats, vous transformez une zone d’incertitude en un cadre maîtrisé et vous tirez pleinement parti de l’IA sans exposer votre entreprise.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous produisez du contenu avec l’IA et vous vous interrogez sur vos risques juridiques ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le Cabinet Nathalie Matteoda, avocat spécialisé en propriété intellectuelle et <a href="/avocat-droit-numerique">droit du numérique à Paris</a>, et <a href="/avocat-droit-auteur">droit d&rsquo;auteur</a>, audite vos usages d’IA générative, identifie vos zones de risque et sécurise vos contrats et vos contenus.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Prendre rendez-vous  : </strong><strong>Tél. 06 42 18 50 53<span> </span>ou prenez<span> </span><a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/avocat-prendre-rdv">rendez-vous en ligne.</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Suivre mon actualité sur Linkedin ?<span> </span><a href="https://www.linkedin.com/in/matteoda-nathalie/" target="_blank" rel="noopener">Nathalie Matteoda – Avocat en droit de la propriété intellectuelle</a></p></div>
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<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/ia-droit-auteur-presomption-exploitation-entreprise">IA et droit d’auteur : votre entreprise est-elle exposée à un risque de contrefaçon en 2026 ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
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		<title>Transférer une marque d’une société à son nom personnel : le guide complet et les enjeux juridiques</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie Matteoda avocat PI]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jun 2026 07:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/transferer-marque-societe-nom-personnel">Transférer une marque d’une société à son nom personnel : le guide complet et les enjeux juridiques</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><div class="et_pb_section et_pb_section_8 et_section_regular" >
				
				
				
				
				
				
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				<div class="et_pb_text_inner"><p style="text-align: justify;">Vous avez créé le nom de votre entreprise, développé son activité et construit sa réputation. Pourtant, la marque a été déposée au nom de votre société. Pouvez-vous la récupérer à titre personnel ?</p>
<p style="text-align: justify;">La réponse est oui, mais sous certaines conditions. Et cette opération, loin d’être une simple formalité administrative, se situe au carrefour de trois branches du droit : la propriété intellectuelle, le droit des sociétés et le droit fiscal.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette question revient fréquemment lors d’un conflit entre associés, du départ d’un dirigeant, d’une cession d’entreprise, d’une restructuration de groupe ou d’une transmission patrimoniale.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans tous ces cas, une mauvaise décision peut entraîner des conséquences juridiques, fiscales et financières lourdes, parfois difficiles à corriger.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce guide répond aux questions concrètes que se posent les dirigeants : à qui appartient réellement la marque, le transfert est-il possible, combien coûte-t-il, et surtout, quels sont les risques à ne pas sous-estimer ?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Avertissement : cet article fournit une information juridique générale et ne constitue pas un conseil individualisé. Le transfert d’une marque s’apprécie au cas par cas, en fonction de la situation précise de la société et de ses dirigeants. Pour sécuriser votre opération, consultez un avocat spécialisé.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">A qui appartient réellement la marque ? L’erreur que font presque tous les fondateurs</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« J’ai créé le nom et le concept, la marque est donc à moi, non ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est la conviction la plus répandue, et c’est aussi la source de la majorité des litiges entre associés. De nombreux entrepreneurs considèrent naturellement que la marque leur appartient parce qu’ils ont imaginé le nom ou conçu le concept.</p>
<p style="text-align: justify;">Juridiquement, la situation est souvent tout autre.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque la marque a été déposée au nom de la société, c’est cette dernière qui en est propriétaire, et elle seule. Le fait d’être fondateur, dirigeant ou créateur du concept ne suffit pas à revendiquer la propriété de la marque.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette dissociation entre la personne qui a eu l’idée et la personne morale titulaire des droits est au cœur de nombreux conflits.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Ne pas confondre marque, nom de domaine et dénomination sociale</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une autre confusion fréquente concerne la nature même des droits. Plusieurs signes distinctifs coexistent souvent, sans être interchangeables :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>La marque : </strong>signe déposé à l’INPI qui protège un nom, un logo ou un slogan pour des produits et services donnés.</li>
<li><strong>La dénomination sociale : </strong>le nom officiel de la société, figurant dans ses statuts et au registre du commerce.</li>
<li><strong>Le nom commercial : </strong>le nom sous lequel l’entreprise est connue du public.</li>
<li><strong>Le nom de domaine : </strong>l’adresse du site internet, qui relève d’un régime distinct.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Ces droits peuvent appartenir à des titulaires différents et obéir à des règles propres. Avant tout projet de transfert, il est indispensable de vérifier précisément qui est titulaire de quoi.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Premier réflexe : consulter le Registre national des marques à l’INPI pour identifier le titulaire officiel de la marque. C’est cette inscription, et non le sentiment de paternité du fondateur, qui détermine la propriété juridique.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Pourquoi vouloir transférer une marque à son nom personnel ?</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Est-ce que ma situation justifie vraiment ce transfert ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs situations, fréquemment rencontrées, peuvent justifier le transfert d’une marque vers le patrimoine personnel du dirigeant. Identifier sa propre motivation est essentiel, car elle détermine la manière de structurer et de sécuriser l’opération.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Anticiper un conflit entre associés</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le dirigeant souhaite sécuriser un actif stratégique avant une réorganisation du capital ou une montée en tension entre associés. La marque, souvent l’actif le plus précieux de l’entreprise, devient alors un enjeu de pouvoir.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Préparer une cession d’entreprise</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La question de la propriété de la marque est souvent déterminante lors des négociations de cession. Certains dirigeants souhaitent conserver la marque pour la valoriser séparément, ou pour l’exploiter dans une nouvelle activité.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Réorganiser un groupe de sociétés</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">De nombreux groupes choisissent de dissocier la propriété de la marque de son exploitation, en logeant la marque dans une structure dédiée ou dans le patrimoine du dirigeant, qui la concède ensuite sous licence aux sociétés opérationnelles.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Préparer la transmission de son patrimoine</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La marque peut constituer un actif immatériel à forte valeur économique. L’intégrer au patrimoine personnel permet d’anticiper sa transmission successorale dans des conditions maîtrisées.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Chaque motivation appelle une structuration différente. Un transfert préparant une cession ne se monte pas comme un transfert anticipant un conflit entre associés.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>C’est pourquoi l’analyse préalable de l’objectif est la première étape de toute opération sécurisée.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Le transfert est-il juridiquement possible ? Le cadre légal</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Concrètement, ai-je le droit de le faire ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui. Une marque est un actif incorporel librement transmissible. Mais cette liberté s’exerce dans un cadre formel strict, dont le non-respect peut entraîner la nullité de l’opération.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le principe de libre transmissibilité</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Conformément à l’article L. 714-1 du Code de la propriété intellectuelle, les droits attachés à une marque sont transmissibles en totalité ou en partie, indépendamment de la personne qui les exploite.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela signifie qu’une société peut transférer la propriété de sa marque à son dirigeant tout en continuant à l’exploiter, moyennant un contrat de licence.</p>
<p style="text-align: justify;">Deux précisions importantes : la cession peut être totale ou partielle (par classes de produits et services), mais elle ne peut jamais comporter de limitation territoriale. On ne peut pas céder une marque française « pour la région Île-de-France uniquement ».</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les trois voies possibles : cession, donation, apport</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le transfert peut emprunter trois modalités juridiques distinctes, chacune avec ses implications :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>La cession à titre onéreux : </strong>la modalité la plus courante. La société vend la marque à la personne physique moyennant un prix, ce qui suppose une valorisation préalable.</li>
<li><strong>La donation : </strong>transmission gratuite, plus rare, qui soulève des questions fiscales spécifiques et des risques juridiques importants (abus de biens sociaux, atteinte aux droits des créanciers et associés).</li>
<li><strong>L’apport en société suivi d’un rachat : </strong>montage patrimonial complexe impliquant une holding, qui nécessite un accompagnement fiscal et juridique pointu.</li>
</ul>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>L’écrit obligatoire, à peine de nullité</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">L’article L. 714-1 du CPI impose un formalisme strict : la cession doit être constatée par écrit, à peine de nullité. Un simple accord oral, même entre parties de bonne foi, est juridiquement nul.</p>
<p style="text-align: justify;">L’acte doit comporter l’identification précise des parties, la désignation de la marque (dénomination, numéro d’enregistrement, classes), l’étendue de la cession, le prix et les garanties.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Attention : L’écrit n’est pas ici une simple condition de preuve, mais une condition de validité. En son absence, la cession est frappée de nullité absolue, invocable par toute partie intéressée, sans limitation de délai.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Les risques juridiques à ne surtout pas sous-estimer</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Qu’est-ce que je risque vraiment si je m’y prends mal ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est ici que se joue toute la différence entre une opération sécurisée et une opération dangereuse. Le transfert d’une marque vers le patrimoine d’un dirigeant ou d’un associé comporte des risques juridiques et pénaux majeurs.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Abus de biens sociaux : un risque pénal majeur</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Si un dirigeant fait céder par sa société une marque à son profit personnel à un prix manifestement sous-évalué, il commet un abus de biens sociaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Conformément à l’article L. 241-3 du Code de commerce, ce délit est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende. La société se dépouille en effet d’un actif sans contrepartie équitable, dans l’intérêt personnel du dirigeant et contre l’intérêt social.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La valorisation objective et documentée de la marque est absolument indispensable pour écarter tout risque pénal. Le prix doit refléter la valeur réelle de marché, justifiée par une méthode reconnue et, idéalement, par un rapport d’expert indépendant.</em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Conventions réglementées : une procédure obligatoire</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Lorsque la cession intervient entre la société et l’un de ses dirigeants, administrateurs ou actionnaires significatifs, elle constitue une convention réglementée soumise à une procédure de contrôle.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les sociétés anonymes notamment, l’article L. 225-38 du Code de commerce impose une autorisation préalable du conseil d’administration, l’information des commissaires aux comptes, un rapport spécial et l’approbation par l’assemblée générale. L’intéressé ne participe ni aux délibérations ni au vote.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Attention : Le non-respect de la procédure des conventions réglementées peut entraîner la nullité de la convention, la responsabilité du dirigeant et l’obligation de restituer les avantages indument perçus.</em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Requalification fiscale en distribution déguisée</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">L’administration fiscale peut requalifier une cession sous-évaluée en distribution déguisée de bénéfices. Les conséquences sont lourdes : réintégration de l’avantage anormal dans le résultat imposable de la société, imposition de l’avantage entre les mains du dirigeant comme revenu distribué, pénalités et intérêts de retard.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Protection des créanciers et des associés minoritaires</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La cession d’un actif important peut porter atteinte aux droits des créanciers sociaux. Si elle intervient en fraude de leurs droits, ils peuvent exercer une action paulienne.</p>
<p style="text-align: justify;">Si la société fait ultérieurement l’objet d’une procédure collective, la cession peut être annulée si elle est intervenue pendant la période suspecte. De leur côté, les associés minoritaires peuvent engager une action en responsabilité contre les dirigeants ou demander une expertise de gestion.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>La perte de valeur de la société</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une conséquence souvent négligée : une société privée de sa marque peut voir sa valorisation fortement diminuer. Si la marque était l’un de ses principaux actifs, son départ appauvrit la société — ce qui peut léser les autres associés et compliquer une cession future de l’entreprise.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A RETENIR</strong></p>
<ul>
<li style="text-align: justify;">Un prix sous-évalué expose le dirigeant à un abus de biens sociaux (5 ans / 375 000 €).</li>
<li style="text-align: justify;">La procédure des conventions réglementées est obligatoire dès que le dirigeant est concerné.</li>
<li style="text-align: justify;">Une sous-évaluation peut être requalifiée fiscalement en distribution déguisée.</li>
<li style="text-align: justify;">Les créanciers et associés minoritaires disposent de voies de recours.</li>
<li style="text-align: justify;">La valorisation objective et documentée est la clé de voute de toute la sécurité de l’opération.<strong></strong></li>
</ul>
<h2>La valorisation de la marque : l’enjeu central de l’opération</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Combien vaut ma marque, et comment fixer un prix incontestable ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">La valorisation est le point névralgique du transfert. C’est elle qui conditionne la sécurité juridique et fiscale de toute l’opération.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi évaluer la marque ?</strong></h3>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Sécurité juridique : justifier le prix face aux associés, aux créanciers et à l’administration fiscale</li>
<li>Prévention du risque pénal : écarter tout soupçon d’abus de biens sociaux</li>
<li>Optimisation fiscale : déterminer la base d’imposition des plus-values et des droits d’enregistrement</li>
<li>Négociation : disposer d’une base objective pour fixer le prix entre les parties</li>
</ul>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les méthodes d’évaluation reconnues</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs méthodes peuvent être combinées pour obtenir une fourchette de valeur :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>La méthode des coûts historiques : </strong>évalue la marque sur la base des coûts engagés pour sa création et sa protection. Limite : elle ne reflète pas la valeur économique actuelle.</li>
<li><strong>La méthode comparative : </strong>compare la marque à des marques similaires ayant fait l’objet de transactions récentes. Limite : les transactions sont souvent confidentielles.</li>
<li><strong>La méthode des revenus futurs : </strong>la plus utilisée pour les marques à forte notoriété, elle actualise les flux de revenus futurs. Sa variante, la méthode des redevances, estime les redevances théoriques que la société paierait sous licence.</li>
<li><strong>La méthode mixte : </strong>combine plusieurs approches pour retenir une valeur pondérée.</li>
</ul>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les critères qui déterminent la valeur</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs facteurs influencent la valeur d’une marque : sa notoriété, son ancienneté et son historique, le chiffre d’affaires qu’elle génère, son positionnement, l’étendue de sa protection (classes, territoires, absence de contentieux) et son potentiel de développement.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le rôle du commissaire aux apports</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">En cas d’apport de la marque en société, l’article L. 526-31 du Code de commerce prévoit le recours à un commissaire aux apports, chargé de vérifier que la valeur des biens apportés correspond au moins à celle des titres remis en contrepartie.</p>
<p style="text-align: justify;">Certaines SARL et SAS peuvent en être dispensées sous conditions, mais cette dispense ne supprime jamais l’obligation de valorisation objective.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Quelle fiscalité pour le transfert ?</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Combien ça va me coûter en impôts et en taxes ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le transfert génère des conséquences fiscales à anticiper, tant pour la société cédante que pour la personne physique acquéreuse. Ces aspects doivent être étudiés au cas par cas, en coordination avec un expert-comptable ou un conseil fiscal.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Droits d’enregistrement et TVA</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Les cessions de marques, en tant que biens meubles incorporels, sont soumises aux droits d’enregistrement prévus par le Code général des impôts.</p>
<p style="text-align: justify;">En cas d’apport en société, des régimes spécifiques s’appliquent (articles 809 et 810 du CGI), avec des possibilités d’exonération sous condition d’engagement de conservation des titres pendant trois ans.</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, la cession d’une marque à titre onéreux par un assujetti est en principe soumise à la TVA au taux normal de 20 %.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>La plus-value au niveau de la société cédante</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Si la marque était inscrite à l’actif du bilan, sa cession génère une plus-value (ou moins-value) imposable selon le régime des plus-values professionnelles.</p>
<p style="text-align: justify;">Sous certaines conditions, notamment de durée de détention, le régime favorable des plus-values à long terme peut s’appliquer.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les leviers d’optimisation légaux</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs leviers permettent d’optimiser l’opération dans le respect de la légalité :</p>
<ul>
<li style="text-align: justify;">le choix de la modalité de transfert (cession, apport, donation)</li>
<li style="text-align: justify;">l’engagement de conservation des titres</li>
<li style="text-align: justify;">l’étalement du prix sur plusieurs exercices</li>
<li style="text-align: justify;">une valorisation objective et documentée qui sécurise le prix retenu.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><em>Attention :  La fiscalité du transfert dépend étroitement de la situation précise de la société, de son régime d’imposition et de l’objectif poursuivi. Toute optimisation doit être validée par un conseil fiscal avant la réalisation de l’opération.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Que devient l’exploitation de la marque après le transfert ?</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Si je récupère la marque, ma société peut-elle continuer à l’utiliser ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est une question essentielle, et pourtant souvent oubliée. Dans la plupart des cas, la société continue d’exploiter la marque après son transfert. Cette exploitation doit alors être encadrée par un contrat de licence.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le contrat de licence : un passage obligé</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Sans contrat de licence, la société exploiterait une marque qui ne lui appartient plus, ce qui crée une ins#sécurité juridique majeure.</p>
<p style="text-align: justify;">Le contrat de licence doit préciser les conditions d’exploitation, la durée, le territoire, les éventuelles redevances et les modalités de contrôle de l’usage de la marque par le titulaire.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le risque de déchéance pour non-usage</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une marque qui n’est pas exploitée pendant une période ininterrompue de cinq ans peut faire l’objet d’une déchéance pour non-usage.</p>
<p style="text-align: justify;">Le contrat de licence permet précisément d’assurer une exploitation continue et documentaire de la marque, protégeant ainsi le titulaire contre ce risque.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La licence post-transfert n’est pas une simple formalité : elle organise la coexistence entre le nouveau titulaire et la société exploitante. Une convention bien rédigée évite les conflits futurs et sécurise la valeur de la marque pour les deux parties.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Les formalités INPI : comment rendre le transfert opposable</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Une fois l’accord signé, est-ce que c’est terminé ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Non. La signature de l’acte de cession opère le transfert entre les parties, mais elle ne suffit pas à le rendre opposable aux tiers. Une formalité essentielle reste à accomplir : l’inscription au Registre national des marques.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les deux étapes du transfert</strong></h3>
<ol style="text-align: justify;">
<li><strong> </strong><strong>Formaliser le contrat de cession. </strong>L’acte doit définir précisément la marque concernée, les parties, les conditions financières et la date du transfert.</li>
<li><strong> </strong><strong>Inscrire la cession au Registre national des marques. </strong>Cette inscription à l’INPI rend la cession opposable aux tiers.</li>
</ol>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi l’inscription est indispensable</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Conformément à l’article L. 714-7 du Code de la propriété intellectuelle, toute transmission des droits attachés à une marque doit, pour être opposable aux tiers, être inscrite au Registre national des marques.</p>
<p style="text-align: justify;">Tant que la cession n’est pas inscrite, le nouveau titulaire ne peut pas se prévaloir de sa qualité face aux tiers, ni agir en contrefaçon, ni opposer ses droits aux licenciés ou créanciers du cédant.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>La procédure et les délais</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">L’article R. 714-4 du CPI énumère les pièces requises : un bordereau de demande d’inscription, une copie ou un extrait de l’acte de cession, le justificatif de paiement de la redevance, et le cas échéant le pouvoir du mandataire.</p>
<p style="text-align: justify;">L’INPI traite généralement les demandes complètes dans un délai de deux à quatre semaines, puis la cession est publiée au Bulletin officiel de la propriété industrielle (BOPI).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Condition préalable : le cédant doit être inscrit comme titulaire au registre. En cas de cession antérieure non inscrite, il faut d’abord régulariser cette situation avant de pouvoir inscrire la nouvelle cession.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Les 7 erreurs les plus fréquentes (et comment les éviter)</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Quels sont les pièges dans lesquels tombent les autres dirigeants ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Voici les erreurs les plus couramment rencontrées dans les transferts de marques. Les connaître permet de les anticiper.</p>
<ol>
<li>Penser que le fondateur est automatiquement propriétaire de la marque.</li>
<li><strong> </strong>Organiser un transfert sans évaluer objectivement la valeur de la marque.</li>
<li><strong> </strong>Oublier d’anticiper les conséquences fiscales de l’opération.</li>
<li><strong> </strong>Négliger les droits des associés minoritaires et les procédures d’autorisation.</li>
<li><strong> </strong>Confondre la marque avec le nom de domaine ou la dénomination sociale.</li>
<li><strong> </strong>Oublier de formaliser une licence d’exploitation au profit de la société.</li>
<li><strong> </strong>Ne pas procéder aux formalités d’inscription auprès de l’INPI.</li>
</ol>
<h2 style="text-align: justify;">FAQ : Transfert de marque société vers nom personnel</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Puis-je transférer gratuitement la marque de ma société à mon nom ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">C’est juridiquement possible par voie de donation, mais cette modalité est rare et risquée. Une transmission gratuite ou à prix symbolique attire particulièrement l’attention de l’administration fiscale et expose le dirigeant à une qualification d’abus de biens sociaux, la société se dépouillant d’un actif sans contrepartie.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la grande majorité des cas, une cession à prix de marché, justifiée par une valorisation, est nettement préférable.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Quel prix fixer pour éviter l’abus de biens sociaux ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le prix doit refléter la valeur réelle de marché de la marque, déterminée par une méthode d’évaluation reconnue et, idéalement, par un rapport d’expert indépendant.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n’existe pas de « prix forfaitaire » : tout dépend de la notoriété de la marque, du chiffre d’affaires qu’elle génère et de son potentiel. La documentation de cette valorisation est la meilleure protection contre une mise en cause pénale ou fiscale.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Faut-il l’accord de tous les associés ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Cela dépend de la forme de la société et de ses statuts. Lorsque le dirigeant ou un associé significatif est concerné, l’opération relève généralement de la procédure des conventions réglementées, qui impose une autorisation et une approbation par les organes sociaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Les statuts ou un pacte d’associés peuvent par ailleurs prévoir des clauses d’agrément ou de préemption. Une analyse préalable est indispensable.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Ma société peut-elle continuer à utiliser la marque après le transfert ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Oui, à condition de mettre en place un contrat de licence. Une fois la marque transférée à votre nom, la société ne peut continuer à l’exploiter légalement que si vous lui en concédez l’usage par licence. Cette convention précise notamment la durée, le territoire et les éventuelles redevances.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Combien de temps prend l’inscription du transfert à l’INPI ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Si le dossier est complet et conforme, l’INPI traite généralement la demande d’inscription dans un délai de deux à quatre semaines. En cas de pièces manquantes, l’INPI adresse une notification invitant à régulariser. La cession devient opposable aux tiers à compter de son inscription, et non à la date de signature de l’acte.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Que se passe-t-il si je transfère la marque avant une liquidation ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">C’est une situation à haut risque. Si la société fait l’objet d’une procédure collective, une cession intervenue pendant la période suspecte peut être annulée, et les créanciers peuvent contester l’opération.</p>
<p style="text-align: justify;">Un transfert dans ce contexte ne doit jamais être réalisé sans l’accompagnement d’un avocat spécialisé, et toujours à un prix de marché incontestable, avant toute cessation de paiements.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>En conclusion, le transfert d’une marque d’une société vers le patrimoine personnel d’un dirigeant est une opération au carrefour de trois branches du droit : propriété intellectuelle, droit des sociétés et fiscalité. Elle est tout à fait réalisable, mais elle ne s’improvise jamais.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les enjeux sont multiples : validité de la cession, opposabilité aux tiers, prévention du risque pénal d’abus de biens sociaux, optimisation fiscale, protection des associés et des créanciers, et organisation de l’exploitation future par licence.</p>
<p style="text-align: justify;">Chacun de ces points peut, s’il est négligé, transformer une opération patrimoniale légitime en source de contentieux.</p>
<p style="text-align: justify;">L’anticipation et l’accompagnement pluridisciplinaire sont la clé d’un transfert sécurisé. Une marque est souvent l’un des actifs les plus stratégiques de l’entreprise : avant toute opération, une analyse juridique approfondie permet d’éviter des conséquences parfois difficiles à corriger.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous envisagez de transférer une marque de votre société à votre nom personnel ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le Cabinet Nathalie Matteoda, avocat spécialisé en propriété intellectuelle, <a href="/avocat-droit-marques">droit des marques à Paris</a>, vous accompagne à chaque étape : audit de faisabilité, valorisation, rédaction de l’acte de cession et de la licence, formalités INPI. Une opération sécurisée sur tous les plans.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Prendre rendez-vous  : </strong><strong>Tél. 06 42 18 50 53<span> </span>ou prenez<span> </span><a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/avocat-prendre-rdv">rendez-vous en ligne.</a></strong></p>
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		<title>Comment encadrer l’usage de l’intelligence artificielle en entreprise ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie Matteoda avocat PI]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 09:20:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/comment-encadrer-usage-intelligence-artificielle-en-entreprise">Comment encadrer l’usage de l’intelligence artificielle en entreprise ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><div class="et_pb_section et_pb_section_9 et_section_regular" >
				
				
				
				
				
				
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				<div class="et_pb_text_inner"><p style="text-align: justify;">Vos équipes utilisent déjà <strong>ChatGPT, Copilot, Claude ou Gemini.</strong> Probablement tous les jours, et probablement sans cadre formel.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Rédaction d’e-mails, réponses aux clients, tri de candidatures, création de contenus, analyse de données</strong> : l’intelligence artificielle s’est installée dans les usages professionnels plus vite que les entreprises n’ont eu le temps de l’encadrer.</p>
<p style="text-align: justify;">Face à ce constat, beaucoup de dirigeants ont une première réflexion : <strong>« il nous faut une charte IA ».</strong> C’est une bonne intuition.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais entre le règlement européen sur l’<strong>intelligence artificielle (AI Act), le RGPD, le droit du travail, le secret des affaires et la propriété intellectuelle</strong>, une <strong>simple charte est rarement suffisante pour protéger réellement l’entreprise</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet article répond aux trois questions que se posent aujourd’hui les dirigeants :<strong> quelles sont mes obligations ? Quels sont les risques concrets ? Et comment mettre en place une véritable gouvernance de l’IA ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Avertissement : cet article fournit une information juridique générale et ne constitue pas un conseil individualisé. Chaque entreprise présente une situation spécifique qui mérite une analyse dédiée. Pour sécuriser l’usage de l’IA dans votre organisation, consultez un avocat spécialisé.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">L’IA est déjà dans votre entreprise, souvent sans que vous le sachiez</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Mes équipes utilisent-elles déjà l’IA sans cadre ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">La réponse est presque toujours oui. La première étape d’une démarche de conformité consiste donc à prendre conscience de l’ampleur réelle des usages, bien au-delà de ce que la direction imagine.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Des usages quotidiens devenus invisibles pour la direction</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">L’intelligence artificielle est aujourd’hui mobilisée dans des tâches que peu de dirigeants associent spontanément à un risque juridique :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Rédaction de contrats, de devis, de comptes rendus et d’e-mails</li>
<li>Réponses automatisées aux clients et gestion du service après-vente</li>
<li>Tri et présélection de candidatures lors des recrutements</li>
<li>Production de contenus marketing, visuels et publicitaires</li>
<li>Analyse de données commerciales et prédictions de comportement client</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Les outils concernés sont nombreux et souvent gratuits : ChatGPT, Copilot, Claude, Gemini, Midjourney, Notion AI, parmi des dizaines d’autres. Leur facilité d’accès explique leur diffusion rapide et incontrôlée.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le « shadow AI » : le risque que personne ne pilote</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">On désigne par « shadow AI » l’ensemble des usages de l’intelligence artificielle adoptés par les collaborateurs en dehors de tout cadre validé par l’entreprise.</p>
<p style="text-align: justify;">Un commercial qui colle un fichier client dans un outil gratuit pour le résumer, une assistante RH qui soumet des CV à une IA pour les classer, un graphiste qui génère des visuels à partir d’un outil dont il n’a pas lu les conditions d’utilisation : autant de pratiques courantes, et autant de points d’entrée pour un incident juridique.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le shadow AI est aujourd’hui la principale source de risque IA en entreprise. On ne peut pas encadrer ce que l’on ne connaît pas : la cartographie des usages réels est le point de départ de toute démarche sérieuse.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Les 5 risques juridiques que tout dirigeant doit connaître</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Qu’est-ce que je risque vraiment ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Derrière chaque usage de l’IA se cachent des risques juridiques précis, rattachés à des textes en vigueur. En voici les cinq principaux.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Risque 1 · Données personnelles et RGPD</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Dès qu’un outil d’IA traite des données clients, salariés ou prospects, le RGPD s’applique. Soumettre une base de données à une IA, automatiser une décision affectant une personne, ou traiter des données sensibles sans base légale expose l’entreprise à des sanctions.</p>
<p style="text-align: justify;">L’article 22 du RGPD encadre strictement les décisions entièrement automatisées, et l’article 9 protège les données sensibles (santé, opinions, origine, etc.).</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Risque 2 · Secret des affaires et confidentialité</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Lorsqu’un collaborateur saisit des informations stratégiques (données financières, fichiers clients, contrats, projets) dans une IA générative externe, ces données peuvent être conservées, voire utilisées pour entraîner le modèle.</p>
<p style="text-align: justify;">La protection du secret des affaires, <strong>garantie par les articles L. 151-1 et suivants du Code de commerce</strong>, suppose que l’entreprise ait pris des mesures de protection raisonnables. Laisser circuler librement des informations confidentielles dans des outils externes fragilise précisément cette protection.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Risque 3 · Risques RH et discrimination algorithmique</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Les outils d’IA utilisés en recrutement, en évaluation ou en gestion de carrière peuvent reproduire et amplifier des biais discriminatoires présents dans leurs données d’entraînement.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, les <strong>articles 225-1 et 225-2 du Code pénal interdisent toute discrimination fondée sur des critères prohibés</strong>. Une décision RH discriminatoire prise à l’aide d’une IA engage la responsabilité de l’entreprise, même si le biais provient de l’algorithme.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Risque 4 · Propriété intellectuelle</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Les contenus générés par IA soulèvent deux questions distinctes : <strong>qui en est titulaire, et présentent-ils un risque de contrefaçon ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Conformément à l’article L. 111-1 du Code de la propriété intellectuelle, seule une personne physique peut être auteur. Un contenu purement généré par IA n’est en principe pas protégeable et son exploitation commerciale sans vérification peut exposer l’entreprise à une action en contrefaçon si l’IA a reproduit une œuvre protégée.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Risque 5 · Responsabilité et contrats</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une erreur générée par une IA comme une information fausse communiquée à un client, un calcul erroné, un conseil inexact,  peut engager la responsabilité civile de l’entreprise.</p>
<p style="text-align: justify;">A cela s’ajoute le risque de dépendance à un fournisseur unique, dont la défaillance ou le changement de conditions peut déstabiliser une activité entière. Ces risques doivent être anticipés contractuellement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A RETENIR</strong></p>
<p style="text-align: justify;">✔  RGPD : tout traitement de données personnelles par l’IA doit reposer sur une base légale.</p>
<p style="text-align: justify;">✔  Secret des affaires : ne jamais injecter d’informations confidentielles dans une IA externe non sécurisée.</p>
<p style="text-align: justify;">✔  RH : toute décision automatisée affectant une personne exige une supervision humaine.</p>
<p style="text-align: justify;">✔  PI : les contenus générés par IA ne sont en principe pas protégeables et peuvent être contrefaisants.</p>
<p style="text-align: justify;">✔  Responsabilité : l’entreprise reste responsable des erreurs produites par les outils qu’elle déploie.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Pourquoi une charte IA seule ne suffit pas à vous protéger</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« J’ai déjà une charte IA : est-ce que ça me couvre ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est probablement la question la plus importante de cet article. Beaucoup d’entreprises pensent être protégées parce qu’elles ont diffusé une charte IA. En réalité, tout dépend de la manière dont cette charte a été adoptée.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Charte informative ou charte normative : une distinction capitale</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une charte IA simplement diffusée par e-mail ou publiée sur l’intranet n’a qu’une portée informative. Elle sensibilise, elle guide, mais elle ne crée aucune obligation contraignante pour les salariés et ne peut pas fonder une sanction disciplinaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour devenir contraignante, <strong>la charte doit être intégrée au règlement intérieur</strong>. Conformément à l’article L. 1321-1 du Code du travail, le règlement intérieur fixe les règles générales et permanentes de l’entreprise, ce qui inclut les règles d’usage des outils informatiques et, par extension, de l’IA.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>La procédure à respecter pour rendre la charte opposable</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Pour qu’une charte IA acquière une portée normative, une procédure stricte doit être suivie, définie par les articles L. 1321-4 et suivants du Code du travail :</p>
<ol style="text-align: justify;">
<li><strong> </strong>Consultation préalable du Comité Social et Économique (CSE) avec recueil de son avis</li>
<li><strong> </strong>Transmission du projet, accompagné de l’avis du CSE, à l’inspection du travail</li>
<li><strong> </strong>Dépôt au greffe du conseil de prud’hommes</li>
<li><strong> </strong>Information effective de l’ensemble des salariés</li>
<li><strong> </strong>Respect d’un délai d’au moins un mois avant l’entrée en vigueur</li>
</ol>
<p style="text-align: justify;"> <em>A défaut de cette procédure, une charte reste purement informative. Elle ne peut pas servir de fondement à un licenciement, même en cas de manquement grave d’un salarié, par exemple l’injection de données confidentielles dans un outil externe.</em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Ce que la charte ne remplace jamais</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Même parfaitement rédigée et intégrée au règlement intérieur, la charte IA ne se substitue pas aux obligations techniques et organisationnelles imposées par le RGPD et l’AI Act.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle ne remplace ni le registre des traitements, ni les analyses d’impact (AIPD), ni les évaluations de conformité, ni la documentation technique, ni la supervision humaine effective des décisions automatisées.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La charte est un élément d’un dispositif, jamais le dispositif tout entier. Elle est nécessaire, mais elle doit s’inscrire dans une gouvernance globale pour produire un effet protecteur réel.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Ce que l’AI Act impose réellement aux entreprises en 2026</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« L’AI Act, ça me concerne, moi, simple utilisateur d’IA ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui. Beaucoup de dirigeants pensent que l’AI Act ne vise que les géants technologiques qui conçoivent les modèles.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est une erreur : le règlement européen 2024/1689, dit AI Act, impose aussi des obligations aux entreprises qui se contentent d’utiliser des systèmes d’IA.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Votre entreprise est un « déployeur » au sens de l’AI Act</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">L’article 3 de l’AI Act qualifie de « déployeur » toute entité qui utilise un système d’IA dans le cadre de son activité professionnelle.</p>
<p style="text-align: justify;">A ce titre, votre entreprise est soumise à des obligations spécifiques. L’article 4 impose notamment de garantir un niveau suffisant de maîtrise de l’IA par le personnel qui l’utilise. Ceci suppose des actions de formation continue, et non la seule diffusion d’une charte.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le régime par niveau de risque : interdit, élevé, limité, minimal</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">L’AI Act gradue ses obligations selon le niveau de risque du système d’IA :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Risque inacceptable : </strong>pratiques interdites (manipulation comportementale, notation sociale, certaines reconnaissances faciales), article 5</li>
<li><strong>Risque élevé : </strong>systèmes de recrutement, d’évaluation des salariés, de tri de CV sont des obligations strictes, articles 6 et suivants</li>
<li><strong>Risque limité : </strong>chatbots, IA générative sont des obligations de transparence</li>
<li><strong>Risque minimal : </strong>filtres anti-spam, IA de confort n&rsquo;ont pas d’obligation spécifique</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Le point d’attention majeur pour les entreprises concerne les systèmes à haut risque.</p>
<p style="text-align: justify;">Si vous utilisez une IA pour trier des candidatures ou évaluer vos collaborateurs, vous êtes soumis à des obligations lourdes : système de gestion des risques, contrôle de la qualité des données, traçabilité, supervision humaine effective et information des personnes concernées.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Des sanctions à la hauteur de l’enjeu</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Les manquements à l’AI Act sont lourdement sanctionnés. Pour les violations les plus graves, les amendes peuvent atteindre 35 millions d’euros ou 7 % du chiffre d’affaires annuel mondial en droit français, le montant le plus élevé étant retenu. Ces sanctions s’ajoutent à celles prévues par le RGPD, qui s’applique de manière cumulative.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>IA et propriété intellectuelle : le sujet souvent oublié</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« A qui appartiennent les contenus que mon entreprise génère avec l’IA ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est l’angle mort de la plupart des démarches de conformité IA. Pourtant, dès qu’une entreprise exploite commercialement des contenus générés par IA, comme des visuels, textes, code, supports marketing, elle s’expose à des questions de propriété intellectuelle réelles.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Qui est titulaire d’un contenu généré par IA ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">En droit français, seule une personne physique peut être auteur d’une œuvre (article L. 111-1 du CPI). L’intelligence artificielle n’étant pas une personne juridique, elle ne peut pas être titulaire de droits d’auteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Un contenu purement généré par une IA, sans intervention créative humaine caractérisée, n’est donc en principe pas protégeable par le droit d’auteur.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Peut-on protéger une création assistée par IA ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La situation diffère lorsque l’IA n’est qu’un outil au service d’une création humaine. Si une personne fait des choix créatifs significatifs, tels que direction artistique, sélection, retouche, composition, l’œuvre résultante peut potentiellement être protégée, à condition de pouvoir démontrer cette empreinte créative. La frontière est délicate et s’apprécie au cas par cas.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le risque de contrefaçon des contenus générés</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Un modèle d’IA est entraîné sur d’immenses corpus de données, dont des œuvres protégées. Il peut donc générer des contenus reproduisant tout ou partie d’une création existante.</p>
<p style="text-align: justify;">L’entreprise qui exploite un tel contenu sans vérification s’expose à une action en contrefaçon, même de bonne foi. De plus, les conditions générales d’utilisation de certains outils n’autorisent pas l’exploitation commerciale des contenus produits.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Comment sécuriser l’exploitation commerciale</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs mesures permettent de réduire ce risque :</p>
<ul>
<li style="text-align: justify;">vérifier les conditions d’utilisation et les licences de chaque outil</li>
<li style="text-align: justify;">conserver une trace des interventions humaines dans le processus créatif</li>
<li style="text-align: justify;">mettre en place une vérification systématique avant toute diffusion externe</li>
<li style="text-align: justify;">et prévoir des clauses contractuelles adaptées avec les prestataires et les fournisseurs d’IA. La charte IA doit intégrer ces règles d’exploitation.<strong></strong></li>
</ul>
<h2>Les 7 piliers d’une gouvernance IA solide</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Concrètement, par où je commence ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une gouvernance de l’IA efficace repose sur sept piliers complémentaires. Ensemble, ils constituent le dispositif que la charte seule ne peut pas remplacer.</p>
<ol>
<li><strong>Cartographier les usages : </strong>identifier tous les outils d’IA utilisés dans l’entreprise, y compris les usages informels, et déterminer lesquels traitent des données personnelles ou sensibles.</li>
<li><strong> </strong><strong>Identifier et hiérarchiser les risques : é</strong>valuer le niveau de risque de chaque usage au regard de l’AI Act, du RGPD, du secret des affaires et du droit du travail.</li>
<li><strong> </strong><strong>Définir une politique interne et une charte opposable : </strong>rédiger une charte IA et l’intégrer au règlement intérieur selon la procédure légale, pour lui donner une portée contraignante.</li>
<li><strong> </strong><strong>Former les équipes : </strong>répondre à l’obligation de maîtrise de l’IA posée par l’article 4 de l’AI Act, avec des formations générales et spécialisées par métier.</li>
<li><strong> </strong><strong>Encadrer les prestataires et fournisseurs : </strong>vérifier les conditions d’utilisation, conclure des contrats de sous-traitance (DPA) conformes au RGPD, et négocier des garanties contractuelles.</li>
<li><strong> </strong><strong>Sécuriser les créations et les données : </strong>protéger le secret des affaires, vérifier les droits sur les contenus générés, et mettre en place des mesures techniques de sécurité.</li>
<li><strong> </strong><strong>Mettre en place une gouvernance IA : </strong>créer un comité IA pluridisciplinaire (juridique, DSI, RH, DPO, métiers) chargé de piloter la stratégie, de valider les outils et de suivre les risques.</li>
</ol>
<p style="text-align: justify;"><em>Ces sept piliers ne se mettent pas en place en une fois. Une démarche progressive, pilotée et documentée, est plus efficace et plus crédible en cas de contrôle qu’une réaction précipitée.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Trois situations concrètes et ce qu’elles enseignent</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Est-ce que mon cas ressemble à l’un de ceux-là ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ces trois situations, fréquemment rencontrées, illustrent les limites d’une charte isolée et l’intérêt d’une gouvernance complète.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cas 1 · La PME avec une charte « par e-mail »</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une PME diffuse une charte IA par courriel pour encadrer l’usage de ChatGPT et d’autres outils gratuits.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette charte n’ayant pas été intégrée au règlement intérieur, elle reste purement informative : elle ne peut pas fonder de sanction.</p>
<p style="text-align: justify;">Surtout, elle ne protège pas contre les fuites d’informations stratégiques injectées dans des outils externes, ni contre les manquements au RGPD. En cas de contrôle, elle ne suffira pas à démontrer les mesures de conformité exigées.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cas 2 · L’entreprise qui recrute via une IA</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une entreprise utilise un outil d’IA pour trier les CV et noter les candidats. Il s’agit d’un système à haut risque au sens de l’AI Act.</p>
<p style="text-align: justify;">Les obligations se cumulent : gestion des risques, contrôle des biais, traçabilité et supervision humaine effective au titre de l’AI Act, mais aussi information des candidats et encadrement des décisions automatisées au titre de l’article 22 du RGPD.</p>
<p style="text-align: justify;">Une charte, même normative, ne suffit pas : elle doit être complétée par des mesures techniques, organisationnelles et pédagogiques.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cas 3 · Le traitement de données sensibles sans formation</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une entreprise traite des données personnelles, parfois sensibles, via des outils d’IA, mais sans former ni contrôler ses équipes, malgré l’existence d’une charte.</p>
<p style="text-align: justify;">La charte ne remplace ni le registre des traitements, ni les analyses d’impact, ni la politique de gestion des droits des personnes. En cas de contrôle de la CNIL, sa seule existence ne démontrera pas la mise en œuvre de mesures appropriées et effectives.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L’enseignement commun à ces trois cas : la charte est un point de départ utile, mais la sécurité juridique ne se construit qu’avec un dispositif complet, documenté et réellement appliqué.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Votre entreprise est-elle prête ? La checklist de conformité IA</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Comment je sais où j’en suis ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cette checklist d’auto-évaluation permet d’identifier rapidement vos zones de risque prioritaires. Chaque case non cochée signale un point à traiter.</p>
<p>☐ Les outils d’IA utilisés dans l’entreprise sont identifiés et recensés</p>
<p>☐ Les données saisies dans ces outils sont maîtrisées et encadrées</p>
<p>☐ Une charte IA existe et a été intégrée au règlement intérieur</p>
<p>☐ Les équipes ont été formées à un usage conforme et sécurisé</p>
<p>☐ Les contrats avec les fournisseurs d’IA ont été analysés (CGU, DPA)</p>
<p>☐ Les créations générées par IA sont sécurisées juridiquement</p>
<p>☐ Les risques RH et de discrimination ont été évalués</p>
<p>☐ Une gouvernance IA (comité, référent, procédures) a été mise en place</p>
<p style="text-align: justify;">Si plusieurs cases restent vides, votre entreprise présente une exposition juridique qu’il est préférable de traiter avant qu’un incident ou un contrôle ne survienne.</p>
<h2 style="text-align: justify;">FAQ : Charte IA et gouvernance en entreprise</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Une charte IA est-elle obligatoire en entreprise ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Aucun texte n’impose expressément l’adoption d’une charte IA dédiée. En revanche, l’AI Act impose au déployeur de garantir la maîtrise de l’IA par son personnel, et le RGPD exige des mesures techniques et organisationnelles appropriées.</p>
<p style="text-align: justify;">La charte est l’un des outils les plus efficaces pour répondre à ces obligations, mais elle doit s’inscrire dans une démarche plus large.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Quelle différence entre une charte IA et son intégration au règlement intérieur ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une charte simplement diffusée a une portée informative : elle guide les collaborateurs mais ne peut pas fonder de sanction. Une charte intégrée au règlement intérieur, après consultation du CSE et accomplissement des formalités légales, devient contraignante et opposable aux salariés.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est cette seconde forme qui permet à l’employeur d’exercer son pouvoir disciplinaire en cas de manquement.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Peut-on licencier un salarié qui a injecté des données confidentielles dans ChatGPT ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">C’est possible, mais la sécurité juridique du licenciement dépend de plusieurs facteurs : l’existence d’une charte ayant valeur de règlement intérieur, la réalité des formations dispensées, l’existence de clauses de confidentialité et la gravité du manquement.</p>
<p style="text-align: justify;">En l’absence de cadre clair et de formation préalable, le licenciement peut être requalifié en licenciement sans cause réelle et sérieuse. Une analyse au cas par cas est indispensable.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>L’AI Act s’applique-t-il aux PME ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Oui. L’AI Act ne prévoit pas d’exonération générale pour les PME. Toute entreprise qui utilise un système d’IA est qualifiée de déployeur et soumise aux obligations correspondant au niveau de risque de cet usage.</p>
<p style="text-align: justify;">Le règlement prévoit toutefois certaines mesures de soutien et de proportionnalité pour les petites structures, mais sans les dispenser des obligations fondamentales.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Qui est propriétaire d’un contenu généré par une IA dans mon entreprise ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">En principe, un contenu purement généré par IA n’est pas protégeable par le droit d’auteur, l’IA ne pouvant être qualifiée d’auteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela signifie que l’entreprise ne dispose pas nécessairement de droits exclusifs sur ce contenu et qu’un tiers pourrait potentiellement l’exploiter.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsqu’une intervention créative humaine significative existe, la protection devient envisageable. Les conditions d’utilisation de l’outil et les contrats applicables doivent être vérifiés.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Faut-il consulter le CSE avant de déployer un outil d’IA ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Dans de nombreux cas, oui. Le Code du travail impose la consultation du CSE pour l’introduction de nouvelles technologies susceptibles d’avoir des conséquences sur l’emploi, la qualification, la rémunération ou les conditions de travail.</p>
<p style="text-align: justify;">Le déploiement d’un outil d’IA significatif entre fréquemment dans ce cadre, et son intégration à la charte du règlement intérieur nécessite également une consultation préalable.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>En conclusion, l’intelligence artificielle est devenue un outil de travail quotidien dans la plupart des entreprises. La véritable question n’est plus de savoir si l’IA doit être utilisée, mais comment l’utiliser dans un cadre juridiquement sécurisé.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une simple charte, surtout lorsqu’elle est diffusée sans valeur normative, ne suffit généralement pas. La protection réelle de l’entreprise passe par une approche globale, associant gouvernance, conformité réglementaire, protection des données, propriété intellectuelle et accompagnement des équipes.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette démarche n’a rien d’insurmontable.</p>
<p style="text-align: justify;">Menée de façon progressive et documentée, avec l’appui d’un conseil spécialisé, elle permet de transformer un risque diffus en un avantage maîtrisé et de tirer pleinement parti de l’IA sans exposer l’entreprise.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous souhaitez sécuriser l’usage de l’IA dans votre entreprise ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le Cabinet Nathalie Matteoda, avocat spécialisé en <a href="/avocat-droit-numerique">droit du numérique</a> et en propriété intellectuelle à Paris, vous accompagne : audit de conformité IA, rédaction d’une charte intégrée au règlement intérieur, mise en place d’une gouvernance complète.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Prendre rendez-vous  : </strong><strong>Tél. 06 42 18 50 53<span> </span>ou prenez<span> </span><a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/avocat-prendre-rdv">rendez-vous en ligne.</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Suivre mon actualité sur Linkedin ?<span> </span><a href="https://www.linkedin.com/in/matteoda-nathalie/" target="_blank" rel="noopener">Nathalie Matteoda – Avocat en droit de la propriété intellectuelle</a></p></div>
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