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	<title>Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</title>
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	<title>Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</title>
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		<title>Bouton de rétractation obligatoire au 19 juin 2026 : ce que les réseaux de franchise et e-commerçants doivent faire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie Matteoda]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jul 2026 16:25:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/bouton-retractation-obligatoire-franchise-ecommerce-2026">Bouton de rétractation obligatoire au 19 juin 2026 : ce que les réseaux de franchise et e-commerçants doivent faire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
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				<div class="et_pb_text_inner"><p style="text-align: justify;">Depuis le 19 juin 2026, tout professionnel qui vend en ligne doit permettre au consommateur de se rétracter directement depuis son interface, en un clic.</p>
<p style="text-align: justify;">Fini le formulaire à télécharger ou l’e-mail au service client : le droit de rétractation doit désormais pouvoir s’exercer par une fonctionnalité dédiée, gratuite et immédiatement accessible.</p>
<p style="text-align: justify;">Derrière cette réforme d’apparence purement technique se cache une obligation qui engage la responsabilité juridique du vendeur.</p>
<p style="text-align: justify;">Et pour les réseaux de franchise, l’enjeu est démultiplié : la conformité doit être déployée de façon homogène sur tous les canaux du réseau, du site national aux sites des franchisés.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet article répond aux questions concrètes que se posent les dirigeants : de quoi s’agit-il exactement, qui est concerné, que risque-t-on, et comment se mettre en conformité sans désorganiser son activité ?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Avertissement : cet article fournit une information juridique générale à jour à sa date de rédaction et ne constitue pas un conseil individualisé.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>La situation de chaque réseau ou site marchand mérite une analyse dédiée. Pour sécuriser votre mise en conformité, consultez un avocat.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">De quoi parle-t-on ? La nouvelle « fonction de rétractation en ligne »<strong><em></em></strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« J’ai entendu parler d’un bouton de rétractation obligatoire, qu’est-ce que ça change concrètement ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Commençons par poser le cadre avec précision, car le sujet donne lieu à de nombreuses approximations.</p>
<p style="text-align: justify;">L’obligation découle de la directive européenne 2023/2673 du 22 novembre 2023, transposée en droit français par l’ordonnance n° 2026-2 et le décret n° 2026-3 du 5 janvier 2026.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces textes complètent l’article L. 221-21 du Code de la consommation et fixent une date d’entrée en vigueur : le 19 juin 2026.</p>
<p style="text-align: justify;">Le principe est simple : pour tout contrat conclu à distance au moyen d’une interface en ligne, le professionnel doit mettre à la disposition du consommateur, sans frais, une fonctionnalité lui permettant d’exercer son droit de rétractation directement en ligne.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les exigences de forme à respecter</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le décret, qui modifie l’article D. 221-5 du Code de la consommation, précise les modalités techniques.</p>
<p style="text-align: justify;">La fonctionnalité doit être identifiée de manière lisible par les mots « renoncer au contrat ici » ou une formule analogue dénuée d’ambiguïté.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle doit être affichée sur l’interface en ligne, accessible sans création de compte, et rester directement disponible pendant toute la durée du délai de rétractation.</p>
<p style="text-align: justify;">Après chaque demande, le professionnel doit adresser au consommateur un accusé de réception sur support durable, mentionnant le contenu de la déclaration ainsi que sa date et son heure.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Ce qui ne suffit plus</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs pratiques courantes ne répondent plus à l’obligation : un lien noyé en bas de page, un formulaire à télécharger et à renvoyer, ou la simple possibilité d’écrire au service client. Le texte impose une fonctionnalité dédiée et permanente.</p>
<p style="text-align: justify;">A noter : ce bouton ne remplace pas les autres moyens de rétractation existants, il s’y ajoute.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le bon réflexe : vérifier que la fonction de rétractation est accessible en un clic depuis l’interface, sans obstacle, sans connexion obligatoire, et clairement libellée. C’est le cœur de la conformité.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Qui est concerné ? Un champ d’application très large</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong><em>« Est-ce que mon activité est vraiment visée ? »</em></strong></h3>
<p style="text-align: justify;">C’est l’un des points les plus mal compris de la réforme. Les textes portent un intitulé relatif aux « services financiers », ce qui laisse penser que seuls les acteurs de ce secteur sont concernés. C’est une erreur.</p>
<p style="text-align: justify;">Le législateur a inséré l’obligation dans le régime général des contrats conclus à distance, au sein du Code de la consommation. Sa portée est donc horizontale : tout le commerce en ligne destiné aux consommateurs est visé, quel que soit le secteur d’activité.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les acteurs concernés</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Entrent dans le champ de l’obligation, dès lors qu’un droit de rétractation s’applique :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Les sites e-commerce et les applications mobiles</li>
<li>Les marketplaces et les plateformes</li>
<li>Les espaces clients en ligne et les abonnements</li>
<li>Les ventes de contenus et services numériques</li>
<li>Les modules d’achat intégrés aux réseaux sociaux</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">La condition tient en trois éléments cumulatifs : un contrat conclu à distance, au moyen d’une interface en ligne, avec un consommateur. Dès que ces trois conditions sont réunies, l’obligation s’applique.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ne vous fiez pas à l’intitulé « services financiers » des textes : l’obligation concerne l’ensemble du e-commerce destiné aux particuliers. Tout site marchand BtoC est potentiellement visé.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">L’angle franchise : pourquoi la tête de réseau est en première ligne</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Je suis franchiseur, en quoi cette obligation me concerne-t-elle, moi qui ne vends pas directement ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est précisément là que les réseaux de franchise présentent une complexité spécifique, rarement abordée. Un réseau multiplie les canaux de vente à distance, et chacun d’eux doit être conforme.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Une conformité à déployer sur tous les canaux du réseau</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Un réseau de franchise vend souvent par plusieurs voies simultanées : un site national opéré par la tête de réseau, des sites propres à chaque franchisé, des dispositifs de click &amp; collect, et parfois des ventes via les réseaux sociaux. Chacun de ces canaux constitue une interface en ligne qui déclenche l’obligation et doit être traité de façon homogène.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Qui est responsable : franchiseur ou franchisé ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La réponse dépend de l’identité du vendeur sur chaque canal. Le franchisé, commerçant indépendant, demeure responsable de la conformité de ses propres ventes en ligne.</p>
<p style="text-align: justify;">La tête de réseau, elle, répond de la conformité du site national qu’elle exploite. Sur une marketplace, la plateforme doit s’assurer que la fonctionnalité existe à l’échelle de l’interface, tandis que chaque vendeur professionnel reste responsable de ses propres ventes.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais la responsabilité du franchiseur ne se limite pas à son propre site. Au titre de son devoir d’assistance et de la protection de la marque, il a tout intérêt à accompagner ses franchisés vers une conformité homogène, sans pour autant empiéter sur leur indépendance de commerçants.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Un enjeu d’homogénéité et de réputation de marque</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une rétractation opaque ou non conforme chez un seul franchisé peut rejaillir sur l’image de toute la marque. La cohérence du parcours client, sur l’ensemble du réseau, est un actif stratégique qu’il convient de protéger.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est pourquoi le sujet dépasse la simple conformité individuelle : il relève du pilotage du réseau.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Pour un franchiseur, la bonne approche consiste à fournir aux franchisés un cadre de conformité clair, un kit, des modèles de CGV, des spécifications techniques,  tout en respectant leur autonomie juridique. Une démarche coordonnée protège à la fois le réseau et chaque membre.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;"> <strong>Les sanctions : ce que vous risquez vraiment (et ce qui est souvent mal expliqué)</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Qu’est-ce que je risque si je ne suis pas prêt ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le régime des sanctions est sévère, mais il est souvent présenté de manière inexacte. Il faut distinguer deux risques de nature différente.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>L’amende administrative de la DGCCRF</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le manquement aux obligations d’information précontractuelle, dont fait partie l’obligation de fonction de rétractation, peut être sanctionné par une amende administrative prononcée par la DGCCRF. Conformément à l’article L. 242-13 du Code de la consommation, cette amende peut atteindre 15 000 euros pour une personne physique et 75 000 euros pour une personne morale, montants doublés en cas de récidive.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>La prolongation du délai à 12 mois : attention à une idée répandue</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">De nombreux articles affirment que l’absence de bouton allonge automatiquement le délai de rétractation à douze mois. C’est une simplification inexacte. La prolongation du délai à douze mois et quatorze jours, prévue par l’article L. 221-20 du Code de la consommation, sanctionne un manquement distinct : le défaut d’information du consommateur sur son droit de rétractation.</p>
<p style="text-align: justify;">Autrement dit, l’absence de la seule fonctionnalité technique ne suffit pas, à elle seule, à déclencher la prolongation à douze mois. En revanche, lorsque le défaut de bouton s’accompagne d’une information précontractuelle non conforme, ce qui est fréquent en pratique, les deux sanctions peuvent se cumuler : l’amende et le délai prolongé.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>C’est précisément parce que le bouton et l’information du consommateur sont liés qu’il faut traiter les deux ensemble. Mettre en place le bouton sans mettre à jour les CGV et l’information précontractuelle laisse subsister un risque majeur : un délai de rétractation porté à plus d’un an.</em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les risques indirects</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Au-delà des sanctions formelles, un parcours de rétractation opaque génère des litiges, des avis négatifs et des sollicitations du service client. Il expose également à des actions individuelles de consommateurs, voire à des actions de groupe portées par des associations.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A RETENIR</strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong>✔  Amende DGCCRF jusqu’à 75 000 € (personne morale), doublée en récidive (art. L. 242-13).</strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong>✔  L’absence de bouton seule n’allonge pas le délai à 12 mois : c’est le défaut d’information qui le fait (art. L. 221-20).</strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong>✔  Bouton manquant + information non conforme = amende ET délai prolongé : traiter les deux ensemble.</strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong>✔  Un délai porté à 12 mois et 14 jours expose à des retours pendant plus d’un an.</strong></p>
<h2 style="text-align: justify;">L’impact économique : la rétractation facilitée change votre équation</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Au-delà de la conformité, qu’est-ce que ça change pour mon activité ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">La réforme ne se limite pas à un enjeu juridique. En rendant la rétractation plus simple, elle modifie l’équation économique des ventes en ligne.</p>
<p style="text-align: justify;">Mécaniquement, plus la rétractation est aisée, plus le volume de retours est susceptible d’augmenter. Cet effet est particulièrement sensible dans certains secteurs : la mode, l’ameublement ou l’électronique, où un retour hors saison peut rendre un produit difficile à revendre, parfois déprécié ou ouvert.</p>
<p style="text-align: justify;">La réforme oblige donc à reconnecter plusieurs briques souvent cloisonnées : l’interface de vente, la logistique des retours, le remboursement dans le délai de quatorze jours, et le suivi comptable.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour un réseau de franchise, cette coordination doit s’envisager à l’échelle de l’ensemble des points de vente.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La contrainte peut devenir un atout. Un parcours de rétractation limpide rassure le consommateur au moment de l’achat et peut améliorer le taux de conversion. La conformité, bien menée, est aussi un argument commercial.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Le plan de mise en conformité : 6 actions à mener</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Concrètement, par où je commence ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Voici une feuille de route en six étapes pour atteindre et maintenir la conformité.</p>
<ol style="text-align: justify;">
<li><strong> </strong><strong>Cartographier tous les canaux de vente à distance.<br /></strong>Recenser chaque interface en ligne du réseau : site national, sites des franchisés, click &amp; collect, ventes sociales. Chacune doit être traitée.</li>
<li><strong> </strong><strong>Installer la fonctionnalité de rétractation conforme.<br /></strong>Lisible, gratuite, accessible sans création de compte, libellée clairement, disponible pendant tout le délai.</li>
<li><strong> </strong><strong>Mettre en place l’accusé de réception.<br /></strong>Sur support durable, mentionnant le contenu, la date et l’heure de la déclaration.</li>
<li><strong> </strong><strong>Mettre à jour les CGV et l’information précontractuelle.<br /></strong>Indiquer l’existence et l’emplacement de la fonction. C’est cette étape qui écarte le risque de prolongation du délai à douze mois.</li>
<li><strong> </strong><strong>Adapter le process interne de traitement.<br /></strong>Organiser la réception des demandes, le contrôle d’éligibilité et le remboursement dans le délai de quatorze jours.</li>
<li><strong> </strong><strong>Pour les réseaux : diffuser un kit de conformité homogène.<br /></strong>Fournir aux franchisés des modèles, des spécifications techniques et des CGV types, dans le respect de leur indépendance.</li>
</ol>
<p style="text-align: justify;"><em>Cette démarche gagne à être menée avec un conseil, en particulier pour les réseaux : l’articulation entre la conformité du franchiseur et celle des franchisés suppose des outils contractuels adaptés.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Deux situations concrètes de réseau</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Est-ce que mon cas ressemble à l’un de ceux-là ? »</em></strong></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cas 1 · Le réseau avec des sites franchisés hétérogènes</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Un réseau compte des dizaines de franchisés, chacun disposant de son propre site, parfois conçu avec des outils différents. Comment garantir une conformité homogène sans empiéter sur l’indépendance de chaque commerçant ?</p>
<p style="text-align: justify;">La réponse passe par un cadre commun : spécifications techniques, modèles de CGV et accompagnement, diffusés par la tête de réseau, que chaque franchisé met en œuvre sur son propre site.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cas 2 · La marque qui vend via Instagram et TikTok Shop</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une marque commercialise ses produits via des modules d’achat intégrés aux réseaux sociaux. Ces interfaces sont des interfaces de vente en ligne au sens du texte : elles déclenchent l’obligation de rétractation, un point fréquemment ignoré.</p>
<p style="text-align: justify;">La conformité doit donc être assurée également sur ces canaux, ce qui suppose d’en vérifier les fonctionnalités disponibles.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L’enseignement commun : la conformité ne se limite pas au site principal. Elle doit couvrir tous les points de contact commerciaux du réseau, y compris ceux que l’on n’identifie pas spontanément comme des « sites de vente ».</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Vos questions Mes réponses : Bouton de rétractation et réseaux de franchise</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Un e-mail au service client suffit-il pour être conforme ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Non. Le texte impose une fonctionnalité dédiée, permanente et accessible sans création de compte. La possibilité d’écrire au service client, comme le formulaire à télécharger, ne répond plus à l’obligation. Ces moyens peuvent subsister, mais en complément de la fonction de rétractation en ligne, et non à sa place.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>L’absence de bouton allonge-t-elle vraiment le délai de rétractation à 12 mois ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Pas à elle seule. La prolongation du délai à douze mois et quatorze jours sanctionne le défaut d’information du consommateur sur son droit de rétractation (article L. 221-20).</p>
<p style="text-align: justify;">En pratique, l’absence de bouton s’accompagne souvent d’une information non conforme, ce qui peut alors déclencher cette prolongation. C’est pourquoi il est indispensable de mettre à jour, en même temps, la fonctionnalité et l’information précontractuelle.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>En franchise, qui est responsable : le franchiseur ou le franchisé ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Chaque vendeur est responsable de la conformité de ses propres ventes en ligne. Le franchisé, commerçant indépendant, répond de son site ; la tête de réseau répond du site national.</p>
<p style="text-align: justify;">Le franchiseur a toutefois un rôle d’accompagnement et un intérêt direct à garantir une conformité homogène, pour protéger l’image du réseau.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les ventes via Instagram ou TikTok sont-elles concernées ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Oui, dès lors qu’il s’agit de contrats conclus à distance avec des consommateurs via une interface en ligne. Les modules d’achat intégrés aux réseaux sociaux entrent dans le champ de l’obligation, au même titre qu’un site e-commerce classique.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le bouton remplace-t-il les autres moyens de rétractation existants ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Non. La fonction de rétractation en ligne s’ajoute aux moyens existants (courrier, formulaire type) sans les supprimer. Le consommateur conserve le choix du moyen par lequel il exerce son droit.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Quelles mentions ajouter dans mes CGV ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Les conditions générales doivent indiquer l’existence et l’emplacement de la fonction de rétractation en ligne, ainsi que les modalités d’exercice du droit. L’information précontractuelle communiquée avant la conclusion du contrat doit également être actualisée. C’est cette mise à jour qui sécurise contre le risque de prolongation du délai.</p>
<p style="text-align: justify;">En conclusion, la fonction de rétractation en ligne, entrée en vigueur le 19 juin 2026, est bien plus qu’une formalité technique. Elle engage la responsabilité juridique du vendeur et, pour les réseaux de franchise, la cohérence et la réputation de toute la marque.</p>
<p style="text-align: justify;">Les enjeux sont doubles : une conformité individuelle sur chaque canal de vente, et un déploiement homogène à l’échelle du réseau.</p>
<p style="text-align: justify;">Le risque, lui aussi, est double : une amende administrative, mais surtout une prolongation du délai de rétractation à plus d’un an si l’information du consommateur n’est pas mise en conformité en même temps que la fonctionnalité.</p>
<p style="text-align: justify;">L’anticipation est la clé. En cartographiant ses canaux, en déployant une solution homogène et en mettant à jour CGV et information précontractuelle, un réseau transforme une contrainte réglementaire en un parcours client maîtrisé et même en avantage commercial.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Votre réseau ou votre site est-il conforme à la nouvelle obligation de rétractation ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><em>Le Cabinet Nathalie Matteoda, avocat à Paris, accompagne les réseaux de franchise et les e-commerçants, en <a href="avocat-droit-numerique">droit du numérique</a> : audit de conformité, mise à jour des CGV et de l’information précontractuelle, kit de déploiement homogène pour vos franchisés.</em></p>
<p><strong>Prendre rendez-vous  :<span> </span></strong><strong>Tél. 06 42 18 50 53<span> </span>ou prenez<span> </span><a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/avocat-prendre-rdv">rendez-vous en ligne.</a></strong></p>
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<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/bouton-retractation-obligatoire-franchise-ecommerce-2026">Bouton de rétractation obligatoire au 19 juin 2026 : ce que les réseaux de franchise et e-commerçants doivent faire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>IA et droit d’auteur : votre entreprise est-elle exposée à un risque de contrefaçon en 2026 ?</title>
		<link>https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/ia-droit-auteur-presomption-exploitation-entreprise</link>
					<comments>https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/ia-droit-auteur-presomption-exploitation-entreprise#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Nathalie Matteoda]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jul 2026 15:37:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/?p=3522</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/ia-droit-auteur-presomption-exploitation-entreprise">IA et droit d’auteur : votre entreprise est-elle exposée à un risque de contrefaçon en 2026 ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
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				<div class="et_pb_text_inner"><p style="text-align: justify;">Au printemps 2026, une proposition de loi a fait grand bruit : <strong>l’instauration d’une présomption d’exploitation des contenus culturels par les fournisseurs d’intelligence artificielle.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le débat s’est presque entièrement concentré sur les artistes, les médias et les éditeurs, dont les œuvres servent à entraîner les modèles d’IA sans toujours leur accord.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais une question est restée dans l’ombre. <strong>Et vous, entreprise qui utilisez l’IA pour produire vos visuels, vos textes, vos campagnes ou votre code : où vous situez-vous dans ce débat ? Êtes-vous concerné, et à quel titre ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La réponse est plus subtile qu’il n’y paraît.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet article vous explique ce que prévoyait réellement cette proposition de loi, pourquoi elle ne vous visait pas directement, et surtout pourquoi le vrai risque juridique lié à l’IA existe déjà pour votre entreprise, que cette loi soit adoptée un jour ou non.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Avertissement : cet article fournit une information juridique générale et ne constitue pas un conseil individualisé.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le droit de l’IA évolue rapidement. Pour analyser vos usages spécifiques, consultez un avocat spécialisé en propriété intellectuelle et droit du numérique.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>La loi Darcos : de quoi parle-t-on vraiment ?</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« J’ai entendu parler d’une loi sur l’IA et le droit d’auteur, qu’est-ce qu’elle dit ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Commençons par poser les faits avec exactitude car beaucoup d’informations approximatives circulent sur ce texte.</p>
<p style="text-align: justify;">La proposition de loi, portée par la sénatrice Laure Darcos, vise à instaurer une présomption d’exploitation des contenus culturels par les fournisseurs d’intelligence artificielle</p>
<p style="text-align: justify;">Elle a été adoptée par le Sénat le 8 avril 2026, puis transmise à l’Assemblée nationale le 9 avril 2026. Son examen a toutefois été écarté du calendrier transpartisan de juin, de sorte que le texte n’est pas entré en vigueur.</p>
<p style="text-align: justify;">La proposition Darcos voulait créer une présomption d’utilisation des œuvres protégées par les fournisseurs d’IA. Aujourd’hui, c’est à l’auteur ou à l’ayant droit de prouver que son œuvre a été utilisée pour entraîner un modèle, ce qui est souvent très difficile en pratique</p>
<p style="text-align: justify;">Avec ce texte, en présence d’indices sérieux, ce serait au fournisseur d’IA de démontrer qu’il n’a pas utilisé l’œuvre concernée.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Un texte qui n’est pas, à ce jour, entré en vigueur</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">C’est le point essentiel à retenir : la proposition de loi Darcos n’est pas applicable à ce jour. Après son adoption par le Sénat le 8 avril 2026, elle a été transmise à l’Assemblée nationale le 9 avril 2026, mais son examen a été écarté du calendrier transpartisan de juin.</p>
<p style="text-align: justify;">Il ne s’agit donc pas d’une loi adoptée, ni d’une règle de droit applicable.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour autant, le sujet n’est pas clos. Le blocage du texte est politique, et non juridique : le mécanisme de présomption reste en suspens, tandis que les titulaires de droits doivent continuer à s’appuyer sur le droit existant et sur les obligations de transparence prévues par l’AI Act.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ce que cet article va démontrer : que cette loi soit adoptée ou non ne change rien à l’essentiel. Le risque juridique lié à l’usage de l’IA en entreprise existe déjà, dans le cadre du droit en vigueur.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi cette loi visait les fournisseurs d’IA  et pas directement votre entreprise</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Cette histoire de présomption, est-ce que ça me concerne, moi qui utilise juste ChatGPT, Gemini ou Midjourney ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">La proposition de loi Darcos ciblait les fournisseurs de systèmes et de modèles d’IA, c’est-à-dire les entreprises qui conçoivent et entraînent ces outils. Elle ne visait pas, en principe, les entreprises qui se contentent d’utiliser une IA dans leur activité.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais cette distinction mérite d’être comprise précisément, car la frontière est plus poreuse qu’il n’y paraît.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Fournisseur de modèle, fournisseur de système, déployeur : qui est qui ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le droit de l’IA distingue plusieurs rôles. Le fournisseur de modèle conçoit l’outil sous-jacent (par exemple un grand modèle de langage).</p>
<p style="text-align: justify;">Le fournisseur de système intègre ce modèle dans une application. Le déployeur, lui, est l’entreprise qui utilise le système dans le cadre de son activité professionnelle. La grande majorité des entreprises sont des déployeurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Saisi de la proposition de loi, le Conseil d’État a d’ailleurs demandé de distinguer plus nettement le fournisseur du modèle d’IA du simple déployeur d’une application, qui ne contribue pas à l’exploitation de contenus protégés. La présomption visait donc bien les premiers, pas les seconds.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Quand une entreprise utilisatrice peut-elle être requalifiée ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La prudence reste de mise, car une entreprise utilisatrice peut basculer dans une catégorie plus exposée sans en avoir conscience.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est notamment le cas lorsqu’elle réalise un fine-tuning poussé d’un modèle, qu’elle l’entraîne sur ses propres données, ou qu’elle l’intègre profondément dans un produit qu’elle commercialise.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ces hypothèses, elle peut endosser une responsabilité de fournisseur.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ne partez pas du principe que votre statut de « simple utilisateur » vous met à l’abri. Selon la manière dont vous intégrez l’IA à vos process, votre qualification juridique , et donc vos obligations,  peut changer.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Le vrai risque, lui, existe déjà : la contrefaçon « en sortie »</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Si la loi n’est pas passée, je ne risque rien, non ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est ici que se trouve le cœur du sujet, et le malentendu le plus répandu. Le débat sur la loi Darcos porte sur l’entrée des systèmes d’IA  c’est-à-dire les données utilisées pour les entraîner.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais votre risque à vous, entreprise utilisatrice, porte sur la sortie : le contenu que l’IA vous livre et que vous exploitez.</p>
<p style="text-align: justify;">Si le contenu généré reprend des éléments originaux identifiables d’une œuvre protégée (composition, personnage, choix graphiques caractéristiques, texte, musique ou combinaison d’éléments) l’entreprise qui l’exploite peut-être exposée à une action en contrefaçon.</p>
<p style="text-align: justify;">A défaut de reproduction caractérisée, une action sur le terrain du parasitisme ou de la concurrence déloyale peut également être envisagée selon les circonstances.</p>
<p style="text-align: justify;">La contrefaçon est un fait objectif. Conformément à l’article L. 335-2 du Code de la propriété intellectuelle, elle constitue un délit, sanctionné lourdement sur le plan civil comme pénal. Or, en matière de contrefaçon, la bonne foi de celui qui exploite le contenu ne suffit généralement pas à l’exonérer de sa responsabilité.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Point clé : c’est l’entreprise qui exploite le contenu, et non l’IA qui l’a généré, qui engage sa responsabilité. Vous ne pouvez pas vous retrancher derrière l’outil : aux yeux du droit, c’est vous qui diffusez et exploitez le contenu.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Ce que le cadre actuel impose déjà à votre entreprise</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Quelles sont les règles qui s’appliquent vraiment, aujourd’hui ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Indépendamment de la loi Darcos, plusieurs règles encadrent déjà l’usage de l’IA. Les connaître permet de mesurer son exposition réelle.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>L’exception TDM et l’opt-out</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La directive européenne 2019/790 sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique (dite DAMUN), transposée en droit français, a introduit deux exceptions dites de « fouille de textes et de données » (text and data mining, ou TDM).</p>
<p style="text-align: justify;">Elles autorisent, sous conditions, la reproduction d’œuvres accessibles licitement aux fins d’entraînement, assorties d’une faculté d’opposition (opt-out) pour les titulaires de droits.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce mécanisme encadre l’entraînement des modèles. Mais il ne protège pas l’utilisateur final contre une sortie contrefaisante : ce n’est pas parce qu’un modèle a été entraîné licitement que tout contenu qu’il génère est exempt de risque.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>L’AI Act : transparence et étiquetage à compter du 2 août 2026</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le règlement européen sur l’intelligence artificielle, ou AI Act, prévoit à son article 50 des obligations de transparence applicables à compter du 2 août 2026.</p>
<p style="text-align: justify;">Selon les cas, les entreprises peuvent être tenues d’informer les personnes lorsqu’elles interagissent avec un système d’IA, ou de signaler certains contenus générés ou manipulés par intelligence artificielle, notamment les hypertrucages, ou deepfakes.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour une marque qui utilise l’IA dans sa communication, le point de vigilance est clair : vérifier son rôle dans l’usage de l’outil, la nature du contenu généré par IA, son contexte de diffusion et l’existence éventuelle d’une obligation d’information ou d’étiquetage au titre de l’AI Act.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>La titularité : un contenu IA n’est en principe pas protégeable</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">C’est le revers de la médaille, souvent ignoré. Conformément à l’article L. 111-1 du Code de la propriété intellectuelle, seule une personne physique peut être auteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Un contenu purement généré par IA, sans contribution créative humaine caractérisée, n’est en principe pas protégeable par le droit d’auteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Conséquence concrète : votre entreprise ne dispose pas de droits exclusifs sur ce contenu, et un concurrent pourrait le réutiliser librement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A RETENIR</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔  Le risque de contrefaçon « en sortie » existe déjà, indépendamment de la loi Darcos.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔  C’est l’entreprise qui exploite le contenu qui engage sa responsabilité, pas l’IA.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔  L’AI Act introduit, à compter du 2 août 2026, des obligations de transparence pour certains contenus générés ou manipulés par IA, notamment les deepfakes.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>✔  Un contenu purement généré par IA n’est en principe pas protégeable : un concurrent peut le reprendre.</strong></p>
<h2 style="text-align: justify;">Et si la présomption était un jour adoptée ? Anticiper le scénario</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Faut-il s’y préparer, au cas où le texte reviendrait ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le sujet n’est pas clos, même si la proposition de loi Darcos est aujourd’hui bloquée.</p>
<p style="text-align: justify;">Le mécanisme de présomption n’a pas été adopté, mais la difficulté demeure : les titulaires de droits doivent encore démontrer que leurs œuvres ont été utilisées pour l’entraînement d’un modèle, alors même que les corpus d’entraînement restent largement opaques.</p>
<p style="text-align: justify;">Si une telle présomption était finalement adoptée, elle ne se limiterait pas à une obligation de transparence : elle modifierait surtout le régime de la preuve au profit des titulaires de droits.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour les entreprises utilisatrices, l’impact serait indirect mais réel : elles devraient être plus vigilantes sur le choix de leurs outils, les garanties contractuelles obtenues et la traçabilité des contenus générés.</p>
<p style="text-align: justify;">Les entreprises qui documentent dès aujourd’hui leurs usages d’IA et structurent leurs relations avec leurs fournisseurs prendront une longueur d’avance — et seront mieux armées quel que soit le sort réservé à ce texte.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les 5 réflexes pour sécuriser vos usages d’IA générative</strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Concrètement, qu’est-ce que je dois mettre en place ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Voici cinq actions concrètes pour réduire votre exposition juridique, quel que soit l’état de la législation.</p>
<ol style="text-align: justify;">
<li><strong> </strong><strong>Choisir des outils offrant des garanties contractuelles<br /></strong>Certains fournisseurs d’IA proposent dans leurs conditions des engagements d’indemnisation en cas de contrefaçon. Vérifiez ces clauses avant d’adopter un outil pour un usage commercial.</li>
<li><strong> </strong><strong>Documenter la contribution humaine<br /></strong>Conservez la trace de vos prompts, de vos itérations et de vos choix éditoriaux. Plus la contribution humaine est caractérisée, plus vos créations sont susceptibles d’être protégeables.</li>
<li><strong> </strong><strong>Vérifier les contenus avant diffusion<br /></strong>Avant toute exploitation, contrôlez que le contenu généré ne reprend pas des éléments originaux identifiables d’une œuvre protégée, un personnage protégé ou une combinaison d’éléments suffisamment caractéristique.</li>
<li><strong>Etiqueter les contenus IA<br /></strong>Conformément à l’AI Act, signalez les contenus générés ou manipulés par IA lorsque les obligations de transparence s’appliquent.</li>
<li><strong> </strong><strong>Encadrer l’usage par une charte et des clauses adaptées<br /></strong>Une charte IA intégrée au règlement intérieur et des clauses fournisseurs sur mesure structurent durablement vos pratiques.</li>
</ol>
<p style="text-align: justify;"><em>Ces cinq réflexes constituent un socle. Un audit mené par un avocat spécialisé permet de les adapter à vos usages réels et à votre secteur d’activité.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Trois situations concrètes d’entreprise</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Est-ce que mon cas ressemble à l’un de ceux-là ? »</em></strong></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cas 1 · L’agence qui livre un visuel IA à son client</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une agence créative génère un visuel par IA et le livre à son client. Si ce visuel s’avère contrefaisant, qui répond ? La question de la chaîne de responsabilité est cruciale : l’agence, le client, ou les deux ?</p>
<p style="text-align: justify;">En l’absence de clauses claires, le litige peut remonter à chacun des maillons. Le contrat de prestation doit répartir expressément ces responsabilités.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cas 2 · La marque qui génère sa campagne avec une IA</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une marque produit une campagne publicitaire reprenant des choix graphiques très proches de l’univers d’un artiste identifiable. Si des éléments originaux sont repris, l’entreprise peut être exposée à une action en contrefaçon.</p>
<p style="text-align: justify;">A défaut, le risque peut aussi être discuté sur le terrain du parasitisme ou de la concurrence déloyale, selon les circonstances. L’économie réalisée sur la création peut coûter bien plus cher en contentieux.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cas 3 · La PME qui croit être propriétaire de son logo IA</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une PME fait générer son logo par une IA et l’utilise comme élément central de son identité. Problème : ce logo, purement généré sans contribution humaine caractérisée, n’est en principe pas protégeable par le droit d’auteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Un concurrent pourrait l’utiliser à son tour. Le dépôt de marque devient alors le seul moyen réel de sécuriser ce signe.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L’enseignement commun à ces trois cas : le contenu généré par IA n’est jamais juridiquement neutre. À l’entrée comme à la sortie, il appelle une vigilance contractuelle et une stratégie de protection adaptée.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Vos questions Mes réponses :  IA, droit d’auteur et responsabilité de l’entreprise</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>La loi Darcos est-elle entrée en vigueur ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Non. La proposition de loi Darcos a été adoptée par le Sénat le 8 avril 2026, puis transmise à l’Assemblée nationale le 9 avril 2026. Son examen a toutefois été écarté du calendrier transpartisan de juin.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle n’est donc pas entrée en vigueur et ne constitue pas une règle de droit applicable. Le sujet reste néanmoins ouvert, car le mécanisme de présomption répond à une difficulté probatoire réelle pour les titulaires de droits.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Mon entreprise peut-elle être poursuivie pour un contenu généré par une IA ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Oui. Si le contenu généré reproduit une œuvre protégée, l’entreprise qui l’exploite peut être poursuivie en contrefaçon, indépendamment de toute loi spécifique à l’IA.</p>
<p style="text-align: justify;">La responsabilité pèse sur celui qui exploite le contenu, pas sur l’outil qui l’a produit. La bonne foi ne suffit généralement pas à écarter la contrefaçon.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Suis-je propriétaire des visuels que je crée avec Midjourney ou DALL·E ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Pas nécessairement. Un contenu purement généré par IA, sans intervention créative humaine significative, n’est en principe pas protégeable par le droit d’auteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous ne disposez donc pas forcément de droits exclusifs sur ces visuels. Documenter votre contribution créative, ou protéger le signe par un dépôt de marque, peut sécuriser son exploitation.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les CGU de mon outil d’IA me protègent-elles en cas de contrefaçon ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Cela dépend entièrement de leur contenu. Certains fournisseurs prévoient des engagements d’indemnisation, d’autres excluent toute garantie et font porter le risque sur l’utilisateur.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est indispensable de lire ces conditions avant tout usage commercial, et de ne pas présumer d’une protection qui n’existe peut-être pas.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Dois-je signaler que mon contenu a été généré par une IA ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Dans plusieurs cas, oui. L’AI Act prévoit, à compter du 2 août 2026, des obligations de transparence imposant de signaler certains contenus générés par IA et d’étiqueter les hypertrucages.</p>
<p style="text-align: justify;">Le champ exact de ces obligations dépend de la nature du contenu et de son usage.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Comment prouver ma bonne foi en cas de litige ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">En conservant une documentation rigoureuse : outils utilisés, prompts, itérations, vérifications effectuées avant diffusion, clauses contractuelles avec les fournisseurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette traçabilité ne supprime pas le risque de contrefaçon, mais elle démontre votre diligence et peut influer sur l’appréciation du litige et sur l’évaluation du préjudice.</p>
<p style="text-align: justify;">En conclusion, la proposition de loi Darcos n’est pas entrée en vigueur, mais son blocage ne signifie pas que les usages de l’IA échappent au droit.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle a surtout mis en lumière une difficulté majeure : prouver l’utilisation d’œuvres protégées dans les modèles d’IA, alors que les entreprises utilisatrices doivent, de leur côté, sécuriser les contenus qu’elles exploitent.</p>
<p style="text-align: justify;">Le risque ne dépend pas d’un vote. Il existe déjà, dans le cadre du droit en vigueur : risque de contrefaçon sur les contenus générés, absence de protection automatique sur les créations produites par IA, obligations de transparence prévues par l’AI Act dans certains cas. Le débat législatif n’a fait que rendre visible un enjeu qui était déjà là.</p>
<p style="text-align: justify;">La bonne approche n’est ni l’attentisme ni la peur, mais l’anticipation. En auditant vos usages, en documentant vos créations et en sécurisant vos contrats, vous transformez une zone d’incertitude en un cadre maîtrisé et vous tirez pleinement parti de l’IA sans exposer votre entreprise.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous produisez du contenu avec l’IA et vous vous interrogez sur vos risques juridiques ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le Cabinet Nathalie Matteoda, avocat spécialisé en propriété intellectuelle et <a href="/avocat-droit-numerique">droit du numérique à Paris</a>, et <a href="/avocat-droit-auteur">droit d&rsquo;auteur</a>, audite vos usages d’IA générative, identifie vos zones de risque et sécurise vos contrats et vos contenus.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Prendre rendez-vous  : </strong><strong>Tél. 06 42 18 50 53<span> </span>ou prenez<span> </span><a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/avocat-prendre-rdv">rendez-vous en ligne.</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Suivre mon actualité sur Linkedin ?<span> </span><a href="https://www.linkedin.com/in/matteoda-nathalie/" target="_blank" rel="noopener">Nathalie Matteoda – Avocat en droit de la propriété intellectuelle</a></p></div>
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<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/ia-droit-auteur-presomption-exploitation-entreprise">IA et droit d’auteur : votre entreprise est-elle exposée à un risque de contrefaçon en 2026 ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
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		<title>Transférer une marque d’une société à son nom personnel : le guide complet et les enjeux juridiques</title>
		<link>https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/transferer-marque-societe-nom-personnel</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie Matteoda]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jun 2026 07:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/transferer-marque-societe-nom-personnel">Transférer une marque d’une société à son nom personnel : le guide complet et les enjeux juridiques</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><div class="et_pb_section et_pb_section_2 et_section_regular" >
				
				
				
				
				
				
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				<div class="et_pb_text_inner"><p style="text-align: justify;">Vous avez créé le nom de votre entreprise, développé son activité et construit sa réputation. Pourtant, la marque a été déposée au nom de votre société. Pouvez-vous la récupérer à titre personnel ?</p>
<p style="text-align: justify;">La réponse est oui, mais sous certaines conditions. Et cette opération, loin d’être une simple formalité administrative, se situe au carrefour de trois branches du droit : la propriété intellectuelle, le droit des sociétés et le droit fiscal.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette question revient fréquemment lors d’un conflit entre associés, du départ d’un dirigeant, d’une cession d’entreprise, d’une restructuration de groupe ou d’une transmission patrimoniale.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans tous ces cas, une mauvaise décision peut entraîner des conséquences juridiques, fiscales et financières lourdes, parfois difficiles à corriger.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce guide répond aux questions concrètes que se posent les dirigeants : à qui appartient réellement la marque, le transfert est-il possible, combien coûte-t-il, et surtout, quels sont les risques à ne pas sous-estimer ?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Avertissement : cet article fournit une information juridique générale et ne constitue pas un conseil individualisé. Le transfert d’une marque s’apprécie au cas par cas, en fonction de la situation précise de la société et de ses dirigeants. Pour sécuriser votre opération, consultez un avocat spécialisé.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">A qui appartient réellement la marque ? L’erreur que font presque tous les fondateurs</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« J’ai créé le nom et le concept, la marque est donc à moi, non ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est la conviction la plus répandue, et c’est aussi la source de la majorité des litiges entre associés. De nombreux entrepreneurs considèrent naturellement que la marque leur appartient parce qu’ils ont imaginé le nom ou conçu le concept.</p>
<p style="text-align: justify;">Juridiquement, la situation est souvent tout autre.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque la marque a été déposée au nom de la société, c’est cette dernière qui en est propriétaire, et elle seule. Le fait d’être fondateur, dirigeant ou créateur du concept ne suffit pas à revendiquer la propriété de la marque.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette dissociation entre la personne qui a eu l’idée et la personne morale titulaire des droits est au cœur de nombreux conflits.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Ne pas confondre marque, nom de domaine et dénomination sociale</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une autre confusion fréquente concerne la nature même des droits. Plusieurs signes distinctifs coexistent souvent, sans être interchangeables :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>La marque : </strong>signe déposé à l’INPI qui protège un nom, un logo ou un slogan pour des produits et services donnés.</li>
<li><strong>La dénomination sociale : </strong>le nom officiel de la société, figurant dans ses statuts et au registre du commerce.</li>
<li><strong>Le nom commercial : </strong>le nom sous lequel l’entreprise est connue du public.</li>
<li><strong>Le nom de domaine : </strong>l’adresse du site internet, qui relève d’un régime distinct.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Ces droits peuvent appartenir à des titulaires différents et obéir à des règles propres. Avant tout projet de transfert, il est indispensable de vérifier précisément qui est titulaire de quoi.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Premier réflexe : consulter le Registre national des marques à l’INPI pour identifier le titulaire officiel de la marque. C’est cette inscription, et non le sentiment de paternité du fondateur, qui détermine la propriété juridique.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Pourquoi vouloir transférer une marque à son nom personnel ?</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Est-ce que ma situation justifie vraiment ce transfert ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs situations, fréquemment rencontrées, peuvent justifier le transfert d’une marque vers le patrimoine personnel du dirigeant. Identifier sa propre motivation est essentiel, car elle détermine la manière de structurer et de sécuriser l’opération.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Anticiper un conflit entre associés</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le dirigeant souhaite sécuriser un actif stratégique avant une réorganisation du capital ou une montée en tension entre associés. La marque, souvent l’actif le plus précieux de l’entreprise, devient alors un enjeu de pouvoir.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Préparer une cession d’entreprise</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La question de la propriété de la marque est souvent déterminante lors des négociations de cession. Certains dirigeants souhaitent conserver la marque pour la valoriser séparément, ou pour l’exploiter dans une nouvelle activité.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Réorganiser un groupe de sociétés</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">De nombreux groupes choisissent de dissocier la propriété de la marque de son exploitation, en logeant la marque dans une structure dédiée ou dans le patrimoine du dirigeant, qui la concède ensuite sous licence aux sociétés opérationnelles.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Préparer la transmission de son patrimoine</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La marque peut constituer un actif immatériel à forte valeur économique. L’intégrer au patrimoine personnel permet d’anticiper sa transmission successorale dans des conditions maîtrisées.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Chaque motivation appelle une structuration différente. Un transfert préparant une cession ne se monte pas comme un transfert anticipant un conflit entre associés.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>C’est pourquoi l’analyse préalable de l’objectif est la première étape de toute opération sécurisée.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Le transfert est-il juridiquement possible ? Le cadre légal</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Concrètement, ai-je le droit de le faire ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui. Une marque est un actif incorporel librement transmissible. Mais cette liberté s’exerce dans un cadre formel strict, dont le non-respect peut entraîner la nullité de l’opération.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le principe de libre transmissibilité</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Conformément à l’article L. 714-1 du Code de la propriété intellectuelle, les droits attachés à une marque sont transmissibles en totalité ou en partie, indépendamment de la personne qui les exploite.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela signifie qu’une société peut transférer la propriété de sa marque à son dirigeant tout en continuant à l’exploiter, moyennant un contrat de licence.</p>
<p style="text-align: justify;">Deux précisions importantes : la cession peut être totale ou partielle (par classes de produits et services), mais elle ne peut jamais comporter de limitation territoriale. On ne peut pas céder une marque française « pour la région Île-de-France uniquement ».</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les trois voies possibles : cession, donation, apport</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le transfert peut emprunter trois modalités juridiques distinctes, chacune avec ses implications :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>La cession à titre onéreux : </strong>la modalité la plus courante. La société vend la marque à la personne physique moyennant un prix, ce qui suppose une valorisation préalable.</li>
<li><strong>La donation : </strong>transmission gratuite, plus rare, qui soulève des questions fiscales spécifiques et des risques juridiques importants (abus de biens sociaux, atteinte aux droits des créanciers et associés).</li>
<li><strong>L’apport en société suivi d’un rachat : </strong>montage patrimonial complexe impliquant une holding, qui nécessite un accompagnement fiscal et juridique pointu.</li>
</ul>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>L’écrit obligatoire, à peine de nullité</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">L’article L. 714-1 du CPI impose un formalisme strict : la cession doit être constatée par écrit, à peine de nullité. Un simple accord oral, même entre parties de bonne foi, est juridiquement nul.</p>
<p style="text-align: justify;">L’acte doit comporter l’identification précise des parties, la désignation de la marque (dénomination, numéro d’enregistrement, classes), l’étendue de la cession, le prix et les garanties.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Attention : L’écrit n’est pas ici une simple condition de preuve, mais une condition de validité. En son absence, la cession est frappée de nullité absolue, invocable par toute partie intéressée, sans limitation de délai.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Les risques juridiques à ne surtout pas sous-estimer</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Qu’est-ce que je risque vraiment si je m’y prends mal ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est ici que se joue toute la différence entre une opération sécurisée et une opération dangereuse. Le transfert d’une marque vers le patrimoine d’un dirigeant ou d’un associé comporte des risques juridiques et pénaux majeurs.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Abus de biens sociaux : un risque pénal majeur</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Si un dirigeant fait céder par sa société une marque à son profit personnel à un prix manifestement sous-évalué, il commet un abus de biens sociaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Conformément à l’article L. 241-3 du Code de commerce, ce délit est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende. La société se dépouille en effet d’un actif sans contrepartie équitable, dans l’intérêt personnel du dirigeant et contre l’intérêt social.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La valorisation objective et documentée de la marque est absolument indispensable pour écarter tout risque pénal. Le prix doit refléter la valeur réelle de marché, justifiée par une méthode reconnue et, idéalement, par un rapport d’expert indépendant.</em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Conventions réglementées : une procédure obligatoire</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Lorsque la cession intervient entre la société et l’un de ses dirigeants, administrateurs ou actionnaires significatifs, elle constitue une convention réglementée soumise à une procédure de contrôle.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les sociétés anonymes notamment, l’article L. 225-38 du Code de commerce impose une autorisation préalable du conseil d’administration, l’information des commissaires aux comptes, un rapport spécial et l’approbation par l’assemblée générale. L’intéressé ne participe ni aux délibérations ni au vote.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Attention : Le non-respect de la procédure des conventions réglementées peut entraîner la nullité de la convention, la responsabilité du dirigeant et l’obligation de restituer les avantages indument perçus.</em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Requalification fiscale en distribution déguisée</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">L’administration fiscale peut requalifier une cession sous-évaluée en distribution déguisée de bénéfices. Les conséquences sont lourdes : réintégration de l’avantage anormal dans le résultat imposable de la société, imposition de l’avantage entre les mains du dirigeant comme revenu distribué, pénalités et intérêts de retard.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Protection des créanciers et des associés minoritaires</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La cession d’un actif important peut porter atteinte aux droits des créanciers sociaux. Si elle intervient en fraude de leurs droits, ils peuvent exercer une action paulienne.</p>
<p style="text-align: justify;">Si la société fait ultérieurement l’objet d’une procédure collective, la cession peut être annulée si elle est intervenue pendant la période suspecte. De leur côté, les associés minoritaires peuvent engager une action en responsabilité contre les dirigeants ou demander une expertise de gestion.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>La perte de valeur de la société</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une conséquence souvent négligée : une société privée de sa marque peut voir sa valorisation fortement diminuer. Si la marque était l’un de ses principaux actifs, son départ appauvrit la société — ce qui peut léser les autres associés et compliquer une cession future de l’entreprise.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A RETENIR</strong></p>
<ul>
<li style="text-align: justify;">Un prix sous-évalué expose le dirigeant à un abus de biens sociaux (5 ans / 375 000 €).</li>
<li style="text-align: justify;">La procédure des conventions réglementées est obligatoire dès que le dirigeant est concerné.</li>
<li style="text-align: justify;">Une sous-évaluation peut être requalifiée fiscalement en distribution déguisée.</li>
<li style="text-align: justify;">Les créanciers et associés minoritaires disposent de voies de recours.</li>
<li style="text-align: justify;">La valorisation objective et documentée est la clé de voute de toute la sécurité de l’opération.<strong></strong></li>
</ul>
<h2>La valorisation de la marque : l’enjeu central de l’opération</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Combien vaut ma marque, et comment fixer un prix incontestable ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">La valorisation est le point névralgique du transfert. C’est elle qui conditionne la sécurité juridique et fiscale de toute l’opération.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi évaluer la marque ?</strong></h3>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Sécurité juridique : justifier le prix face aux associés, aux créanciers et à l’administration fiscale</li>
<li>Prévention du risque pénal : écarter tout soupçon d’abus de biens sociaux</li>
<li>Optimisation fiscale : déterminer la base d’imposition des plus-values et des droits d’enregistrement</li>
<li>Négociation : disposer d’une base objective pour fixer le prix entre les parties</li>
</ul>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les méthodes d’évaluation reconnues</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs méthodes peuvent être combinées pour obtenir une fourchette de valeur :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>La méthode des coûts historiques : </strong>évalue la marque sur la base des coûts engagés pour sa création et sa protection. Limite : elle ne reflète pas la valeur économique actuelle.</li>
<li><strong>La méthode comparative : </strong>compare la marque à des marques similaires ayant fait l’objet de transactions récentes. Limite : les transactions sont souvent confidentielles.</li>
<li><strong>La méthode des revenus futurs : </strong>la plus utilisée pour les marques à forte notoriété, elle actualise les flux de revenus futurs. Sa variante, la méthode des redevances, estime les redevances théoriques que la société paierait sous licence.</li>
<li><strong>La méthode mixte : </strong>combine plusieurs approches pour retenir une valeur pondérée.</li>
</ul>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les critères qui déterminent la valeur</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs facteurs influencent la valeur d’une marque : sa notoriété, son ancienneté et son historique, le chiffre d’affaires qu’elle génère, son positionnement, l’étendue de sa protection (classes, territoires, absence de contentieux) et son potentiel de développement.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le rôle du commissaire aux apports</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">En cas d’apport de la marque en société, l’article L. 526-31 du Code de commerce prévoit le recours à un commissaire aux apports, chargé de vérifier que la valeur des biens apportés correspond au moins à celle des titres remis en contrepartie.</p>
<p style="text-align: justify;">Certaines SARL et SAS peuvent en être dispensées sous conditions, mais cette dispense ne supprime jamais l’obligation de valorisation objective.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Quelle fiscalité pour le transfert ?</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Combien ça va me coûter en impôts et en taxes ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le transfert génère des conséquences fiscales à anticiper, tant pour la société cédante que pour la personne physique acquéreuse. Ces aspects doivent être étudiés au cas par cas, en coordination avec un expert-comptable ou un conseil fiscal.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Droits d’enregistrement et TVA</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Les cessions de marques, en tant que biens meubles incorporels, sont soumises aux droits d’enregistrement prévus par le Code général des impôts.</p>
<p style="text-align: justify;">En cas d’apport en société, des régimes spécifiques s’appliquent (articles 809 et 810 du CGI), avec des possibilités d’exonération sous condition d’engagement de conservation des titres pendant trois ans.</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, la cession d’une marque à titre onéreux par un assujetti est en principe soumise à la TVA au taux normal de 20 %.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>La plus-value au niveau de la société cédante</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Si la marque était inscrite à l’actif du bilan, sa cession génère une plus-value (ou moins-value) imposable selon le régime des plus-values professionnelles.</p>
<p style="text-align: justify;">Sous certaines conditions, notamment de durée de détention, le régime favorable des plus-values à long terme peut s’appliquer.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les leviers d’optimisation légaux</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs leviers permettent d’optimiser l’opération dans le respect de la légalité :</p>
<ul>
<li style="text-align: justify;">le choix de la modalité de transfert (cession, apport, donation)</li>
<li style="text-align: justify;">l’engagement de conservation des titres</li>
<li style="text-align: justify;">l’étalement du prix sur plusieurs exercices</li>
<li style="text-align: justify;">une valorisation objective et documentée qui sécurise le prix retenu.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><em>Attention :  La fiscalité du transfert dépend étroitement de la situation précise de la société, de son régime d’imposition et de l’objectif poursuivi. Toute optimisation doit être validée par un conseil fiscal avant la réalisation de l’opération.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Que devient l’exploitation de la marque après le transfert ?</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Si je récupère la marque, ma société peut-elle continuer à l’utiliser ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est une question essentielle, et pourtant souvent oubliée. Dans la plupart des cas, la société continue d’exploiter la marque après son transfert. Cette exploitation doit alors être encadrée par un contrat de licence.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le contrat de licence : un passage obligé</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Sans contrat de licence, la société exploiterait une marque qui ne lui appartient plus, ce qui crée une ins#sécurité juridique majeure.</p>
<p style="text-align: justify;">Le contrat de licence doit préciser les conditions d’exploitation, la durée, le territoire, les éventuelles redevances et les modalités de contrôle de l’usage de la marque par le titulaire.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le risque de déchéance pour non-usage</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une marque qui n’est pas exploitée pendant une période ininterrompue de cinq ans peut faire l’objet d’une déchéance pour non-usage.</p>
<p style="text-align: justify;">Le contrat de licence permet précisément d’assurer une exploitation continue et documentaire de la marque, protégeant ainsi le titulaire contre ce risque.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La licence post-transfert n’est pas une simple formalité : elle organise la coexistence entre le nouveau titulaire et la société exploitante. Une convention bien rédigée évite les conflits futurs et sécurise la valeur de la marque pour les deux parties.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Les formalités INPI : comment rendre le transfert opposable</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Une fois l’accord signé, est-ce que c’est terminé ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Non. La signature de l’acte de cession opère le transfert entre les parties, mais elle ne suffit pas à le rendre opposable aux tiers. Une formalité essentielle reste à accomplir : l’inscription au Registre national des marques.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les deux étapes du transfert</strong></h3>
<ol style="text-align: justify;">
<li><strong> </strong><strong>Formaliser le contrat de cession. </strong>L’acte doit définir précisément la marque concernée, les parties, les conditions financières et la date du transfert.</li>
<li><strong> </strong><strong>Inscrire la cession au Registre national des marques. </strong>Cette inscription à l’INPI rend la cession opposable aux tiers.</li>
</ol>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi l’inscription est indispensable</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Conformément à l’article L. 714-7 du Code de la propriété intellectuelle, toute transmission des droits attachés à une marque doit, pour être opposable aux tiers, être inscrite au Registre national des marques.</p>
<p style="text-align: justify;">Tant que la cession n’est pas inscrite, le nouveau titulaire ne peut pas se prévaloir de sa qualité face aux tiers, ni agir en contrefaçon, ni opposer ses droits aux licenciés ou créanciers du cédant.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>La procédure et les délais</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">L’article R. 714-4 du CPI énumère les pièces requises : un bordereau de demande d’inscription, une copie ou un extrait de l’acte de cession, le justificatif de paiement de la redevance, et le cas échéant le pouvoir du mandataire.</p>
<p style="text-align: justify;">L’INPI traite généralement les demandes complètes dans un délai de deux à quatre semaines, puis la cession est publiée au Bulletin officiel de la propriété industrielle (BOPI).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Condition préalable : le cédant doit être inscrit comme titulaire au registre. En cas de cession antérieure non inscrite, il faut d’abord régulariser cette situation avant de pouvoir inscrire la nouvelle cession.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Les 7 erreurs les plus fréquentes (et comment les éviter)</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Quels sont les pièges dans lesquels tombent les autres dirigeants ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Voici les erreurs les plus couramment rencontrées dans les transferts de marques. Les connaître permet de les anticiper.</p>
<ol>
<li>Penser que le fondateur est automatiquement propriétaire de la marque.</li>
<li><strong> </strong>Organiser un transfert sans évaluer objectivement la valeur de la marque.</li>
<li><strong> </strong>Oublier d’anticiper les conséquences fiscales de l’opération.</li>
<li><strong> </strong>Négliger les droits des associés minoritaires et les procédures d’autorisation.</li>
<li><strong> </strong>Confondre la marque avec le nom de domaine ou la dénomination sociale.</li>
<li><strong> </strong>Oublier de formaliser une licence d’exploitation au profit de la société.</li>
<li><strong> </strong>Ne pas procéder aux formalités d’inscription auprès de l’INPI.</li>
</ol>
<h2 style="text-align: justify;">FAQ : Transfert de marque société vers nom personnel</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Puis-je transférer gratuitement la marque de ma société à mon nom ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">C’est juridiquement possible par voie de donation, mais cette modalité est rare et risquée. Une transmission gratuite ou à prix symbolique attire particulièrement l’attention de l’administration fiscale et expose le dirigeant à une qualification d’abus de biens sociaux, la société se dépouillant d’un actif sans contrepartie.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la grande majorité des cas, une cession à prix de marché, justifiée par une valorisation, est nettement préférable.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Quel prix fixer pour éviter l’abus de biens sociaux ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le prix doit refléter la valeur réelle de marché de la marque, déterminée par une méthode d’évaluation reconnue et, idéalement, par un rapport d’expert indépendant.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n’existe pas de « prix forfaitaire » : tout dépend de la notoriété de la marque, du chiffre d’affaires qu’elle génère et de son potentiel. La documentation de cette valorisation est la meilleure protection contre une mise en cause pénale ou fiscale.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Faut-il l’accord de tous les associés ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Cela dépend de la forme de la société et de ses statuts. Lorsque le dirigeant ou un associé significatif est concerné, l’opération relève généralement de la procédure des conventions réglementées, qui impose une autorisation et une approbation par les organes sociaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Les statuts ou un pacte d’associés peuvent par ailleurs prévoir des clauses d’agrément ou de préemption. Une analyse préalable est indispensable.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Ma société peut-elle continuer à utiliser la marque après le transfert ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Oui, à condition de mettre en place un contrat de licence. Une fois la marque transférée à votre nom, la société ne peut continuer à l’exploiter légalement que si vous lui en concédez l’usage par licence. Cette convention précise notamment la durée, le territoire et les éventuelles redevances.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Combien de temps prend l’inscription du transfert à l’INPI ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Si le dossier est complet et conforme, l’INPI traite généralement la demande d’inscription dans un délai de deux à quatre semaines. En cas de pièces manquantes, l’INPI adresse une notification invitant à régulariser. La cession devient opposable aux tiers à compter de son inscription, et non à la date de signature de l’acte.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Que se passe-t-il si je transfère la marque avant une liquidation ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">C’est une situation à haut risque. Si la société fait l’objet d’une procédure collective, une cession intervenue pendant la période suspecte peut être annulée, et les créanciers peuvent contester l’opération.</p>
<p style="text-align: justify;">Un transfert dans ce contexte ne doit jamais être réalisé sans l’accompagnement d’un avocat spécialisé, et toujours à un prix de marché incontestable, avant toute cessation de paiements.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>En conclusion, le transfert d’une marque d’une société vers le patrimoine personnel d’un dirigeant est une opération au carrefour de trois branches du droit : propriété intellectuelle, droit des sociétés et fiscalité. Elle est tout à fait réalisable, mais elle ne s’improvise jamais.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les enjeux sont multiples : validité de la cession, opposabilité aux tiers, prévention du risque pénal d’abus de biens sociaux, optimisation fiscale, protection des associés et des créanciers, et organisation de l’exploitation future par licence.</p>
<p style="text-align: justify;">Chacun de ces points peut, s’il est négligé, transformer une opération patrimoniale légitime en source de contentieux.</p>
<p style="text-align: justify;">L’anticipation et l’accompagnement pluridisciplinaire sont la clé d’un transfert sécurisé. Une marque est souvent l’un des actifs les plus stratégiques de l’entreprise : avant toute opération, une analyse juridique approfondie permet d’éviter des conséquences parfois difficiles à corriger.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous envisagez de transférer une marque de votre société à votre nom personnel ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le Cabinet Nathalie Matteoda, avocat spécialisé en propriété intellectuelle, <a href="/avocat-droit-marques">droit des marques à Paris</a>, vous accompagne à chaque étape : audit de faisabilité, valorisation, rédaction de l’acte de cession et de la licence, formalités INPI. Une opération sécurisée sur tous les plans.</em></p>
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<p style="text-align: justify;">Suivre mon actualité sur Linkedin ?<span> </span><a href="https://www.linkedin.com/in/matteoda-nathalie/" target="_blank" rel="noopener">Nathalie Matteoda – Avocat en droit de la propriété intellectuelle</a></p></div>
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		<title>Comment encadrer l’usage de l’intelligence artificielle en entreprise ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie Matteoda]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 09:20:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/comment-encadrer-usage-intelligence-artificielle-en-entreprise">Comment encadrer l’usage de l’intelligence artificielle en entreprise ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><div class="et_pb_section et_pb_section_3 et_section_regular" >
				
				
				
				
				
				
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				<div class="et_pb_text_inner"><p style="text-align: justify;">Vos équipes utilisent déjà <strong>ChatGPT, Copilot, Claude ou Gemini.</strong> Probablement tous les jours, et probablement sans cadre formel.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Rédaction d’e-mails, réponses aux clients, tri de candidatures, création de contenus, analyse de données</strong> : l’intelligence artificielle s’est installée dans les usages professionnels plus vite que les entreprises n’ont eu le temps de l’encadrer.</p>
<p style="text-align: justify;">Face à ce constat, beaucoup de dirigeants ont une première réflexion : <strong>« il nous faut une charte IA ».</strong> C’est une bonne intuition.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais entre le règlement européen sur l’<strong>intelligence artificielle (AI Act), le RGPD, le droit du travail, le secret des affaires et la propriété intellectuelle</strong>, une <strong>simple charte est rarement suffisante pour protéger réellement l’entreprise</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet article répond aux trois questions que se posent aujourd’hui les dirigeants :<strong> quelles sont mes obligations ? Quels sont les risques concrets ? Et comment mettre en place une véritable gouvernance de l’IA ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Avertissement : cet article fournit une information juridique générale et ne constitue pas un conseil individualisé. Chaque entreprise présente une situation spécifique qui mérite une analyse dédiée. Pour sécuriser l’usage de l’IA dans votre organisation, consultez un avocat spécialisé.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">L’IA est déjà dans votre entreprise, souvent sans que vous le sachiez</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Mes équipes utilisent-elles déjà l’IA sans cadre ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">La réponse est presque toujours oui. La première étape d’une démarche de conformité consiste donc à prendre conscience de l’ampleur réelle des usages, bien au-delà de ce que la direction imagine.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Des usages quotidiens devenus invisibles pour la direction</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">L’intelligence artificielle est aujourd’hui mobilisée dans des tâches que peu de dirigeants associent spontanément à un risque juridique :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Rédaction de contrats, de devis, de comptes rendus et d’e-mails</li>
<li>Réponses automatisées aux clients et gestion du service après-vente</li>
<li>Tri et présélection de candidatures lors des recrutements</li>
<li>Production de contenus marketing, visuels et publicitaires</li>
<li>Analyse de données commerciales et prédictions de comportement client</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Les outils concernés sont nombreux et souvent gratuits : ChatGPT, Copilot, Claude, Gemini, Midjourney, Notion AI, parmi des dizaines d’autres. Leur facilité d’accès explique leur diffusion rapide et incontrôlée.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le « shadow AI » : le risque que personne ne pilote</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">On désigne par « shadow AI » l’ensemble des usages de l’intelligence artificielle adoptés par les collaborateurs en dehors de tout cadre validé par l’entreprise.</p>
<p style="text-align: justify;">Un commercial qui colle un fichier client dans un outil gratuit pour le résumer, une assistante RH qui soumet des CV à une IA pour les classer, un graphiste qui génère des visuels à partir d’un outil dont il n’a pas lu les conditions d’utilisation : autant de pratiques courantes, et autant de points d’entrée pour un incident juridique.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le shadow AI est aujourd’hui la principale source de risque IA en entreprise. On ne peut pas encadrer ce que l’on ne connaît pas : la cartographie des usages réels est le point de départ de toute démarche sérieuse.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Les 5 risques juridiques que tout dirigeant doit connaître</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Qu’est-ce que je risque vraiment ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Derrière chaque usage de l’IA se cachent des risques juridiques précis, rattachés à des textes en vigueur. En voici les cinq principaux.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Risque 1 · Données personnelles et RGPD</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Dès qu’un outil d’IA traite des données clients, salariés ou prospects, le RGPD s’applique. Soumettre une base de données à une IA, automatiser une décision affectant une personne, ou traiter des données sensibles sans base légale expose l’entreprise à des sanctions.</p>
<p style="text-align: justify;">L’article 22 du RGPD encadre strictement les décisions entièrement automatisées, et l’article 9 protège les données sensibles (santé, opinions, origine, etc.).</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Risque 2 · Secret des affaires et confidentialité</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Lorsqu’un collaborateur saisit des informations stratégiques (données financières, fichiers clients, contrats, projets) dans une IA générative externe, ces données peuvent être conservées, voire utilisées pour entraîner le modèle.</p>
<p style="text-align: justify;">La protection du secret des affaires, <strong>garantie par les articles L. 151-1 et suivants du Code de commerce</strong>, suppose que l’entreprise ait pris des mesures de protection raisonnables. Laisser circuler librement des informations confidentielles dans des outils externes fragilise précisément cette protection.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Risque 3 · Risques RH et discrimination algorithmique</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Les outils d’IA utilisés en recrutement, en évaluation ou en gestion de carrière peuvent reproduire et amplifier des biais discriminatoires présents dans leurs données d’entraînement.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, les <strong>articles 225-1 et 225-2 du Code pénal interdisent toute discrimination fondée sur des critères prohibés</strong>. Une décision RH discriminatoire prise à l’aide d’une IA engage la responsabilité de l’entreprise, même si le biais provient de l’algorithme.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Risque 4 · Propriété intellectuelle</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Les contenus générés par IA soulèvent deux questions distinctes : <strong>qui en est titulaire, et présentent-ils un risque de contrefaçon ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Conformément à l’article L. 111-1 du Code de la propriété intellectuelle, seule une personne physique peut être auteur. Un contenu purement généré par IA n’est en principe pas protégeable et son exploitation commerciale sans vérification peut exposer l’entreprise à une action en contrefaçon si l’IA a reproduit une œuvre protégée.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Risque 5 · Responsabilité et contrats</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une erreur générée par une IA comme une information fausse communiquée à un client, un calcul erroné, un conseil inexact,  peut engager la responsabilité civile de l’entreprise.</p>
<p style="text-align: justify;">A cela s’ajoute le risque de dépendance à un fournisseur unique, dont la défaillance ou le changement de conditions peut déstabiliser une activité entière. Ces risques doivent être anticipés contractuellement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A RETENIR</strong></p>
<p style="text-align: justify;">✔  RGPD : tout traitement de données personnelles par l’IA doit reposer sur une base légale.</p>
<p style="text-align: justify;">✔  Secret des affaires : ne jamais injecter d’informations confidentielles dans une IA externe non sécurisée.</p>
<p style="text-align: justify;">✔  RH : toute décision automatisée affectant une personne exige une supervision humaine.</p>
<p style="text-align: justify;">✔  PI : les contenus générés par IA ne sont en principe pas protégeables et peuvent être contrefaisants.</p>
<p style="text-align: justify;">✔  Responsabilité : l’entreprise reste responsable des erreurs produites par les outils qu’elle déploie.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Pourquoi une charte IA seule ne suffit pas à vous protéger</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« J’ai déjà une charte IA : est-ce que ça me couvre ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est probablement la question la plus importante de cet article. Beaucoup d’entreprises pensent être protégées parce qu’elles ont diffusé une charte IA. En réalité, tout dépend de la manière dont cette charte a été adoptée.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Charte informative ou charte normative : une distinction capitale</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une charte IA simplement diffusée par e-mail ou publiée sur l’intranet n’a qu’une portée informative. Elle sensibilise, elle guide, mais elle ne crée aucune obligation contraignante pour les salariés et ne peut pas fonder une sanction disciplinaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour devenir contraignante, <strong>la charte doit être intégrée au règlement intérieur</strong>. Conformément à l’article L. 1321-1 du Code du travail, le règlement intérieur fixe les règles générales et permanentes de l’entreprise, ce qui inclut les règles d’usage des outils informatiques et, par extension, de l’IA.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>La procédure à respecter pour rendre la charte opposable</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Pour qu’une charte IA acquière une portée normative, une procédure stricte doit être suivie, définie par les articles L. 1321-4 et suivants du Code du travail :</p>
<ol style="text-align: justify;">
<li><strong> </strong>Consultation préalable du Comité Social et Économique (CSE) avec recueil de son avis</li>
<li><strong> </strong>Transmission du projet, accompagné de l’avis du CSE, à l’inspection du travail</li>
<li><strong> </strong>Dépôt au greffe du conseil de prud’hommes</li>
<li><strong> </strong>Information effective de l’ensemble des salariés</li>
<li><strong> </strong>Respect d’un délai d’au moins un mois avant l’entrée en vigueur</li>
</ol>
<p style="text-align: justify;"> <em>A défaut de cette procédure, une charte reste purement informative. Elle ne peut pas servir de fondement à un licenciement, même en cas de manquement grave d’un salarié, par exemple l’injection de données confidentielles dans un outil externe.</em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Ce que la charte ne remplace jamais</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Même parfaitement rédigée et intégrée au règlement intérieur, la charte IA ne se substitue pas aux obligations techniques et organisationnelles imposées par le RGPD et l’AI Act.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle ne remplace ni le registre des traitements, ni les analyses d’impact (AIPD), ni les évaluations de conformité, ni la documentation technique, ni la supervision humaine effective des décisions automatisées.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La charte est un élément d’un dispositif, jamais le dispositif tout entier. Elle est nécessaire, mais elle doit s’inscrire dans une gouvernance globale pour produire un effet protecteur réel.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Ce que l’AI Act impose réellement aux entreprises en 2026</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« L’AI Act, ça me concerne, moi, simple utilisateur d’IA ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui. Beaucoup de dirigeants pensent que l’AI Act ne vise que les géants technologiques qui conçoivent les modèles.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est une erreur : le règlement européen 2024/1689, dit AI Act, impose aussi des obligations aux entreprises qui se contentent d’utiliser des systèmes d’IA.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Votre entreprise est un « déployeur » au sens de l’AI Act</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">L’article 3 de l’AI Act qualifie de « déployeur » toute entité qui utilise un système d’IA dans le cadre de son activité professionnelle.</p>
<p style="text-align: justify;">A ce titre, votre entreprise est soumise à des obligations spécifiques. L’article 4 impose notamment de garantir un niveau suffisant de maîtrise de l’IA par le personnel qui l’utilise. Ceci suppose des actions de formation continue, et non la seule diffusion d’une charte.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le régime par niveau de risque : interdit, élevé, limité, minimal</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">L’AI Act gradue ses obligations selon le niveau de risque du système d’IA :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Risque inacceptable : </strong>pratiques interdites (manipulation comportementale, notation sociale, certaines reconnaissances faciales), article 5</li>
<li><strong>Risque élevé : </strong>systèmes de recrutement, d’évaluation des salariés, de tri de CV sont des obligations strictes, articles 6 et suivants</li>
<li><strong>Risque limité : </strong>chatbots, IA générative sont des obligations de transparence</li>
<li><strong>Risque minimal : </strong>filtres anti-spam, IA de confort n&rsquo;ont pas d’obligation spécifique</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Le point d’attention majeur pour les entreprises concerne les systèmes à haut risque.</p>
<p style="text-align: justify;">Si vous utilisez une IA pour trier des candidatures ou évaluer vos collaborateurs, vous êtes soumis à des obligations lourdes : système de gestion des risques, contrôle de la qualité des données, traçabilité, supervision humaine effective et information des personnes concernées.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Des sanctions à la hauteur de l’enjeu</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Les manquements à l’AI Act sont lourdement sanctionnés. Pour les violations les plus graves, les amendes peuvent atteindre 35 millions d’euros ou 7 % du chiffre d’affaires annuel mondial en droit français, le montant le plus élevé étant retenu. Ces sanctions s’ajoutent à celles prévues par le RGPD, qui s’applique de manière cumulative.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>IA et propriété intellectuelle : le sujet souvent oublié</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« A qui appartiennent les contenus que mon entreprise génère avec l’IA ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est l’angle mort de la plupart des démarches de conformité IA. Pourtant, dès qu’une entreprise exploite commercialement des contenus générés par IA, comme des visuels, textes, code, supports marketing, elle s’expose à des questions de propriété intellectuelle réelles.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Qui est titulaire d’un contenu généré par IA ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">En droit français, seule une personne physique peut être auteur d’une œuvre (article L. 111-1 du CPI). L’intelligence artificielle n’étant pas une personne juridique, elle ne peut pas être titulaire de droits d’auteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Un contenu purement généré par une IA, sans intervention créative humaine caractérisée, n’est donc en principe pas protégeable par le droit d’auteur.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Peut-on protéger une création assistée par IA ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La situation diffère lorsque l’IA n’est qu’un outil au service d’une création humaine. Si une personne fait des choix créatifs significatifs, tels que direction artistique, sélection, retouche, composition, l’œuvre résultante peut potentiellement être protégée, à condition de pouvoir démontrer cette empreinte créative. La frontière est délicate et s’apprécie au cas par cas.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le risque de contrefaçon des contenus générés</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Un modèle d’IA est entraîné sur d’immenses corpus de données, dont des œuvres protégées. Il peut donc générer des contenus reproduisant tout ou partie d’une création existante.</p>
<p style="text-align: justify;">L’entreprise qui exploite un tel contenu sans vérification s’expose à une action en contrefaçon, même de bonne foi. De plus, les conditions générales d’utilisation de certains outils n’autorisent pas l’exploitation commerciale des contenus produits.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Comment sécuriser l’exploitation commerciale</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs mesures permettent de réduire ce risque :</p>
<ul>
<li style="text-align: justify;">vérifier les conditions d’utilisation et les licences de chaque outil</li>
<li style="text-align: justify;">conserver une trace des interventions humaines dans le processus créatif</li>
<li style="text-align: justify;">mettre en place une vérification systématique avant toute diffusion externe</li>
<li style="text-align: justify;">et prévoir des clauses contractuelles adaptées avec les prestataires et les fournisseurs d’IA. La charte IA doit intégrer ces règles d’exploitation.<strong></strong></li>
</ul>
<h2>Les 7 piliers d’une gouvernance IA solide</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Concrètement, par où je commence ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une gouvernance de l’IA efficace repose sur sept piliers complémentaires. Ensemble, ils constituent le dispositif que la charte seule ne peut pas remplacer.</p>
<ol>
<li><strong>Cartographier les usages : </strong>identifier tous les outils d’IA utilisés dans l’entreprise, y compris les usages informels, et déterminer lesquels traitent des données personnelles ou sensibles.</li>
<li><strong> </strong><strong>Identifier et hiérarchiser les risques : é</strong>valuer le niveau de risque de chaque usage au regard de l’AI Act, du RGPD, du secret des affaires et du droit du travail.</li>
<li><strong> </strong><strong>Définir une politique interne et une charte opposable : </strong>rédiger une charte IA et l’intégrer au règlement intérieur selon la procédure légale, pour lui donner une portée contraignante.</li>
<li><strong> </strong><strong>Former les équipes : </strong>répondre à l’obligation de maîtrise de l’IA posée par l’article 4 de l’AI Act, avec des formations générales et spécialisées par métier.</li>
<li><strong> </strong><strong>Encadrer les prestataires et fournisseurs : </strong>vérifier les conditions d’utilisation, conclure des contrats de sous-traitance (DPA) conformes au RGPD, et négocier des garanties contractuelles.</li>
<li><strong> </strong><strong>Sécuriser les créations et les données : </strong>protéger le secret des affaires, vérifier les droits sur les contenus générés, et mettre en place des mesures techniques de sécurité.</li>
<li><strong> </strong><strong>Mettre en place une gouvernance IA : </strong>créer un comité IA pluridisciplinaire (juridique, DSI, RH, DPO, métiers) chargé de piloter la stratégie, de valider les outils et de suivre les risques.</li>
</ol>
<p style="text-align: justify;"><em>Ces sept piliers ne se mettent pas en place en une fois. Une démarche progressive, pilotée et documentée, est plus efficace et plus crédible en cas de contrôle qu’une réaction précipitée.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Trois situations concrètes et ce qu’elles enseignent</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Est-ce que mon cas ressemble à l’un de ceux-là ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ces trois situations, fréquemment rencontrées, illustrent les limites d’une charte isolée et l’intérêt d’une gouvernance complète.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cas 1 · La PME avec une charte « par e-mail »</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une PME diffuse une charte IA par courriel pour encadrer l’usage de ChatGPT et d’autres outils gratuits.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette charte n’ayant pas été intégrée au règlement intérieur, elle reste purement informative : elle ne peut pas fonder de sanction.</p>
<p style="text-align: justify;">Surtout, elle ne protège pas contre les fuites d’informations stratégiques injectées dans des outils externes, ni contre les manquements au RGPD. En cas de contrôle, elle ne suffira pas à démontrer les mesures de conformité exigées.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cas 2 · L’entreprise qui recrute via une IA</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une entreprise utilise un outil d’IA pour trier les CV et noter les candidats. Il s’agit d’un système à haut risque au sens de l’AI Act.</p>
<p style="text-align: justify;">Les obligations se cumulent : gestion des risques, contrôle des biais, traçabilité et supervision humaine effective au titre de l’AI Act, mais aussi information des candidats et encadrement des décisions automatisées au titre de l’article 22 du RGPD.</p>
<p style="text-align: justify;">Une charte, même normative, ne suffit pas : elle doit être complétée par des mesures techniques, organisationnelles et pédagogiques.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cas 3 · Le traitement de données sensibles sans formation</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une entreprise traite des données personnelles, parfois sensibles, via des outils d’IA, mais sans former ni contrôler ses équipes, malgré l’existence d’une charte.</p>
<p style="text-align: justify;">La charte ne remplace ni le registre des traitements, ni les analyses d’impact, ni la politique de gestion des droits des personnes. En cas de contrôle de la CNIL, sa seule existence ne démontrera pas la mise en œuvre de mesures appropriées et effectives.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L’enseignement commun à ces trois cas : la charte est un point de départ utile, mais la sécurité juridique ne se construit qu’avec un dispositif complet, documenté et réellement appliqué.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Votre entreprise est-elle prête ? La checklist de conformité IA</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« Comment je sais où j’en suis ? »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cette checklist d’auto-évaluation permet d’identifier rapidement vos zones de risque prioritaires. Chaque case non cochée signale un point à traiter.</p>
<p>☐ Les outils d’IA utilisés dans l’entreprise sont identifiés et recensés</p>
<p>☐ Les données saisies dans ces outils sont maîtrisées et encadrées</p>
<p>☐ Une charte IA existe et a été intégrée au règlement intérieur</p>
<p>☐ Les équipes ont été formées à un usage conforme et sécurisé</p>
<p>☐ Les contrats avec les fournisseurs d’IA ont été analysés (CGU, DPA)</p>
<p>☐ Les créations générées par IA sont sécurisées juridiquement</p>
<p>☐ Les risques RH et de discrimination ont été évalués</p>
<p>☐ Une gouvernance IA (comité, référent, procédures) a été mise en place</p>
<p style="text-align: justify;">Si plusieurs cases restent vides, votre entreprise présente une exposition juridique qu’il est préférable de traiter avant qu’un incident ou un contrôle ne survienne.</p>
<h2 style="text-align: justify;">FAQ : Charte IA et gouvernance en entreprise</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Une charte IA est-elle obligatoire en entreprise ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Aucun texte n’impose expressément l’adoption d’une charte IA dédiée. En revanche, l’AI Act impose au déployeur de garantir la maîtrise de l’IA par son personnel, et le RGPD exige des mesures techniques et organisationnelles appropriées.</p>
<p style="text-align: justify;">La charte est l’un des outils les plus efficaces pour répondre à ces obligations, mais elle doit s’inscrire dans une démarche plus large.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Quelle différence entre une charte IA et son intégration au règlement intérieur ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une charte simplement diffusée a une portée informative : elle guide les collaborateurs mais ne peut pas fonder de sanction. Une charte intégrée au règlement intérieur, après consultation du CSE et accomplissement des formalités légales, devient contraignante et opposable aux salariés.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est cette seconde forme qui permet à l’employeur d’exercer son pouvoir disciplinaire en cas de manquement.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Peut-on licencier un salarié qui a injecté des données confidentielles dans ChatGPT ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">C’est possible, mais la sécurité juridique du licenciement dépend de plusieurs facteurs : l’existence d’une charte ayant valeur de règlement intérieur, la réalité des formations dispensées, l’existence de clauses de confidentialité et la gravité du manquement.</p>
<p style="text-align: justify;">En l’absence de cadre clair et de formation préalable, le licenciement peut être requalifié en licenciement sans cause réelle et sérieuse. Une analyse au cas par cas est indispensable.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>L’AI Act s’applique-t-il aux PME ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Oui. L’AI Act ne prévoit pas d’exonération générale pour les PME. Toute entreprise qui utilise un système d’IA est qualifiée de déployeur et soumise aux obligations correspondant au niveau de risque de cet usage.</p>
<p style="text-align: justify;">Le règlement prévoit toutefois certaines mesures de soutien et de proportionnalité pour les petites structures, mais sans les dispenser des obligations fondamentales.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Qui est propriétaire d’un contenu généré par une IA dans mon entreprise ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">En principe, un contenu purement généré par IA n’est pas protégeable par le droit d’auteur, l’IA ne pouvant être qualifiée d’auteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela signifie que l’entreprise ne dispose pas nécessairement de droits exclusifs sur ce contenu et qu’un tiers pourrait potentiellement l’exploiter.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsqu’une intervention créative humaine significative existe, la protection devient envisageable. Les conditions d’utilisation de l’outil et les contrats applicables doivent être vérifiés.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Faut-il consulter le CSE avant de déployer un outil d’IA ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Dans de nombreux cas, oui. Le Code du travail impose la consultation du CSE pour l’introduction de nouvelles technologies susceptibles d’avoir des conséquences sur l’emploi, la qualification, la rémunération ou les conditions de travail.</p>
<p style="text-align: justify;">Le déploiement d’un outil d’IA significatif entre fréquemment dans ce cadre, et son intégration à la charte du règlement intérieur nécessite également une consultation préalable.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>En conclusion, l’intelligence artificielle est devenue un outil de travail quotidien dans la plupart des entreprises. La véritable question n’est plus de savoir si l’IA doit être utilisée, mais comment l’utiliser dans un cadre juridiquement sécurisé.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une simple charte, surtout lorsqu’elle est diffusée sans valeur normative, ne suffit généralement pas. La protection réelle de l’entreprise passe par une approche globale, associant gouvernance, conformité réglementaire, protection des données, propriété intellectuelle et accompagnement des équipes.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette démarche n’a rien d’insurmontable.</p>
<p style="text-align: justify;">Menée de façon progressive et documentée, avec l’appui d’un conseil spécialisé, elle permet de transformer un risque diffus en un avantage maîtrisé et de tirer pleinement parti de l’IA sans exposer l’entreprise.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous souhaitez sécuriser l’usage de l’IA dans votre entreprise ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le Cabinet Nathalie Matteoda, avocat spécialisé en <a href="/avocat-droit-numerique">droit du numérique</a> et en propriété intellectuelle à Paris, vous accompagne : audit de conformité IA, rédaction d’une charte intégrée au règlement intérieur, mise en place d’une gouvernance complète.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Prendre rendez-vous  : </strong><strong>Tél. 06 42 18 50 53<span> </span>ou prenez<span> </span><a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/avocat-prendre-rdv">rendez-vous en ligne.</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Suivre mon actualité sur Linkedin ?<span> </span><a href="https://www.linkedin.com/in/matteoda-nathalie/" target="_blank" rel="noopener">Nathalie Matteoda – Avocat en droit de la propriété intellectuelle</a></p></div>
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		<title>Contrat de cession de droits d’auteur : les clauses indispensables pour éviter les litiges</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie Matteoda]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 May 2026 07:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/contrat-cession-droits-auteur-clauses-eviter-litiges">Contrat de cession de droits d’auteur : les clauses indispensables pour éviter les litiges</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
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				<div class="et_pb_text_inner"><p style="text-align: justify;">Vous venez de terminer une création pour un client : un logo, un site internet, une série de photographies, une campagne visuelle, un texte. La mission est livrée, la facture réglée.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais une question essentielle reste souvent sans réponse : <strong>à qui appartiennent les droits sur cette création ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En droit français, la réponse est claire : <strong>l’auteur d’une œuvre est le seul titulaire de ses droits par défaut.</strong> Le paiement d’une prestation ne vaut pas cession automatique des droits d’auteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Sans contrat de cession rédigé dans les formes, le client qui utilise la création au-delà de ce qui a été convenu verbalement s’expose à une action en contrefaçon. Et l’auteur qui n’a pas pris soin de définir précisément l’étendue de la cession peut se retrouver privé de tout contrôle sur l’exploitation de son œuvre.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce <strong>décalage entre la réalité commerciale et le cadre juridique</strong> est l’une des principales <strong>sources de litiges entre créatifs, agences et commanditaires</strong>. Il est pourtant évitable, à condition de formaliser correctement la cession de droits dans un contrat adapté.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet article vous explique ce que dit la loi, quelles clauses sont obligatoires, lesquelles sont stratégiques, et quelles erreurs éviter pour sécuriser durablement vos relations créatives.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Pourquoi un contrat de cession de droits d’auteur est indispensable dès la première commande</h2>
<p style="text-align: justify;">Le droit d’auteur nait automatiquement dès la création d’une œuvre originale, sans formalité ni dépôt préalable.</p>
<p style="text-align: justify;">Conformément à l’article L. 111-1 du Code de la propriété intellectuelle, <strong>l’auteur jouit de son œuvre « du seul fait de sa création »</strong>. Ce principe fondamental a une conséquence directe sur les relations contractuelles : le transfert des droits d’auteur à un tiers n’est jamais présumé. Il doit être expressément prévu dans un contrat écrit.</p>
<p style="text-align: justify;">La facture, le bon de commande, le devis, le brief ou le virement bancaire ne valent pas cession. Même si votre client a payé intégralement votre prestation, il n’est pas pour autant propriétaire des droits sur la création livrée, sauf si un contrat de cession a été conclu.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Ce que risque le client sans contrat de cession</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Sans contrat de cession en bonne et due forme, le client qui exploite la création, même commandée et payée, s’expose à une action en contrefaçon.</p>
<p style="text-align: justify;">La contrefaçon est une infraction grave en droit français : elle expose son auteur à des sanctions civiles (dommages et intérêts) et pénales (jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende conformément à l’article L. 335-2 du CPI).</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Ce que risque le créatif sans contrat de cession</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Du côté du créatif, l’absence de contrat crée une zone grise dangereuse.</p>
<p style="text-align: justify;">Si l’étendue de la cession n’est pas précisément définie, des litiges peuvent émerger sur l’utilisation faite de l’œuvre : le client se considère à bon droit propriétaire, l’auteur estime que certains usages dépassent ce qui était convenu. En l’absence d’écrit, la preuve de l’accord initial est extrêmement difficile à apporter.</p>
<p style="text-align: justify;">En pratique : le<strong> contrat de cession de droits d’auteur</strong> doit être <strong>signé avant le début de la création</strong>, ou au plus tard <strong>à la livraison</strong>. Attendre que le litige éclate pour formaliser les droits est toujours une mauvaise stratégie.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Les mentions obligatoires selon le Code de la propriété intellectuelle</h2>
<p style="text-align: justify;">L’article L. 131-3 du Code de la propriété intellectuelle pose une règle d’interprétation stricte : la transmission des droits d’auteur est soumise à la condition que chacun des droits cédés fasse l’objet d’une mention distincte dans l’acte de cession, et que le domaine d’exploitation soit délimité « quant à son étendue et à sa destination, quant au lieu et quant à la durée ».</p>
<p style="text-align: justify;">En clair : un contrat qui se contente d’indiquer « le client dispose de tous les droits sur la création » est insuffisant, voire inopposable. La loi exige que chaque dimension de la cession soit clairement définie.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>1. L’étendue des droits cédés</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le droit d’auteur comprend deux grandes catégories de droits : les droits patrimoniaux et les droits moraux.</p>
<p style="text-align: justify;">Les droits patrimoniaux, les seuls cessibles, recouvrent notamment :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Le droit de reproduction : toute fixation de l’œuvre permettant de la communiquer au public de manière indirecte (impression, numérisation, copie&#8230;)</li>
<li>Le droit de représentation : toute communication de l’œuvre au public de manière directe (diffusion, projection, affichage&#8230;)</li>
<li>Le droit d’adaptation : la traduction, l’arrangement, la transformation de l’œuvre</li>
<li>Le droit de distribution et de mise à disposition en ligne</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Le contrat doit préciser lesquels de ces droits sont cédés. Une cession « tous droits » sans précision reste fragile, même si elle est couramment utilisée en pratique.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>A NOTER :   Les droits moraux (droit de divulgation, droit au respect de l’intégrité de l’œuvre, droit de repentir, droit de paternité) sont inaliénables et imprescriptibles. Ils ne peuvent pas être cédés, même contractuellement.</em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>2. La durée de la cession</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La durée de la cession doit être indiquée avec précision. Le contrat peut prévoir :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Une durée limitée : « pour une durée de cinq ans à compter de la livraison »</li>
<li>Une durée égale à la durée légale du droit d’auteur : « pour toute la durée des droits d’auteur telle que définie par la loi » (soit la vie de l’auteur + 70 ans)</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">L’absence de mention de durée est interprétée restrictivement par les tribunaux.</p>
<p style="text-align: justify;">En cas de litige, la durée sera souvent réduite à ce qui était raisonnablement prévisible au moment de la conclusion du contrat.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>3. Le territoire</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La cession peut être limitée géographiquement. Il convient de préciser si les droits sont cédés pour :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>La France uniquement</li>
<li>L’Union européenne</li>
<li>Le monde entier</li>
<li>Un territoire spécifique défini contractuellement</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">En l’absence de précision territoriale, la cession est interprétée comme limitée au territoire français. Pour les créations destinées à une exploitation numérique ou internationale, cette précision est donc cruciale.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>4. La destination de la cession</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La destination définit l’usage pour lequel les droits sont cédés. Elle doit correspondre aux besoins réels du client :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Usage interne (communication interne, formation)</li>
<li>Usage commercial (site internet, plaquettes, packaging)</li>
<li>Usage publicitaire (campagnes, affichage, réseaux sociaux)</li>
<li>Revente ou exploitation par des tiers</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><em>Si le client utilise la création à des fins non prévues par le contrat, par exemple, une illustration commandée pour un usage interne revendue à un tiers, il s’agit d’une exploitation non autorisée susceptible d’engager sa responsabilité.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Les clauses facultatives mais stratégiques à ne pas négliger</h2>
<p style="text-align: justify;">Au-delà des mentions obligatoires, certaines clauses ne sont pas imposées par la loi mais s’avèrent indispensables dans la pratique pour éviter les malentendus et sécuriser la relation à long terme.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Clause d’exclusivité ou de non-exclusivité</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Par défaut, une cession n’est pas exclusive. L’auteur peut donc céder les mêmes droits sur la même œuvre à plusieurs clients. Pour éviter toute ambigüité, le contrat doit préciser expressément :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Si la cession est exclusive : le créatif ne peut plus exploiter l’œuvre ni la céder à un tiers pendant la durée du contrat</li>
<li>Si la cession est non exclusive : le créatif conserve la possibilité de céder les mêmes droits à d’autres commanditaires</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">L’exclusivité est une contrepartie significative pour le client : elle doit généralement se refléter dans la rémunération de l’auteur.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Clause de garantie d’éviction et d’originalité</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Par cette clause, le créatif garantit au client que l’œuvre est originale, qu’elle ne reproduit pas une œuvre protégée existante, et que la cession n’est pas susceptible d’être contestée par un tiers.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette garantie est essentielle pour le client qui ne souhaite pas être exposé à des recours en contrefaçon après la livraison.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Clause de mention du nom de l’auteur (droit de paternité)</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Même si le droit moral est incessible, le contrat peut préciser les modalités d’attribution : le nom du créatif doit-il figurer sur la création ? Peut-il être omis pour des usages commerciaux spécifiques ?</p>
<p style="text-align: justify;">Cette clause est particulièrement importante dans le secteur publicitaire, où les créations sont souvent exploitées sans mention de leur auteur.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Clause de révision de la rémunération</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La loi prévoit, pour certains contrats, un droit à rémunération proportionnelle à l’exploitation. En pratique, beaucoup de contrats prévoient une rémunération forfaitaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est recommandé de préciser les conditions dans lesquelles une révision de la rémunération peut être demandée, notamment si l’exploitation de l’œuvre dépasse le cadre initialement prévu.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Clause de sous-licence</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le client peut-il céder à son tour les droits acquis à une filiale, un partenaire, un prestataire ?</p>
<p style="text-align: justify;">Le contrat doit répondre expressément à cette question, faute de quoi toute sous-licence sera considérée comme non autorisée.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Cession versus licence : quelle différence et quand choisir l’une ou l’autre ?</h2>
<p style="text-align: justify;">La cession et la licence sont deux mécanismes distincts de transmission des droits d’auteur. Leur confusion est fréquente et peut avoir des conséquences importantes sur les droits de chaque partie.</p>
<p style="text-align: justify;"></p>
<table width="624">
<tbody>
<tr>
<td>
<p><strong>Critère</strong></p>
</td>
<td>
<p><strong>Cession de droits</strong></p>
</td>
<td>
<p><strong>Licence d’exploitation</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td>
<p>Nature</p>
</td>
<td>
<p>Transfert définitif des droits patrimoniaux</p>
</td>
<td>
<p>Autorisation d’utilisation, sans transfert de propriété</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td>
<p>L’auteur reste titulaire ?</p>
</td>
<td>
<p>Non (pour les droits cédés)</p>
</td>
<td>
<p>Oui, il conserve la titularité</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td>
<p>Révocable ?</p>
</td>
<td>
<p>Non, sauf clause contraire</p>
</td>
<td>
<p>Oui, selon les termes du contrat</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td>
<p>Durée</p>
</td>
<td>
<p>Définie dans le contrat</p>
</td>
<td>
<p>Définie dans le contrat</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td>
<p>Recommandé pour</p>
</td>
<td>
<p>Créations intégrées à un produit ou une marque</p>
</td>
<td>
<p>Usages limités dans le temps ou le périmètre</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;">La licence est souvent préférable pour le créatif qui souhaite conserver le contrôle sur l’exploitation de son œuvre. La cession est généralement souhaitée par le client qui cherche une sécurité juridique totale sur son utilisation de la création.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le choix entre cession et licence doit être décidé en fonction de la nature de la création, de son usage prévu et de l’équilibre négocié entre les parties. Il est recommandé de consulter un avocat spécialisé pour déterminer la formule la plus adaptée à votre situation.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Les cas particuliers à ne pas négliger</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le salarié créatif : qui est titulaire des droits ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Dans la relation de travail, le régime des droits d’auteur est spécifique. Contrairement au droit des brevets, l’employeur ne bénéficie pas d’une attribution automatique des droits d’auteur sur les œuvres créées par ses salariés dans le cadre de leur mission. L’auteur reste le salarié lui-même.</p>
<p style="text-align: justify;">La cession des droits au profit de l’employeur doit donc être expressément prévue dans le contrat de travail ou dans un accord séparé.</p>
<p style="text-align: justify;">A défaut, l’employeur ne dispose que d’un droit d’utilisation limité aux besoins prévisibles de l’entreprise.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>⚠️ Exception importante : les logiciels créés par un salarié dans l’exercice de ses fonctions appartiennent à l’employeur dès leur création, conformément à l’article L. 113-9 du CPI. Cette exception ne s’applique pas aux autres types d’œuvres.</em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le freelance et l’agence : qui cède quoi au client final ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Lorsqu’une agence fait appel à des prestataires indépendants pour réaliser une création commandée par un client, la chaîne de cession des droits doit être parfaitement structurée.</p>
<p style="text-align: justify;">L’agence ne peut céder au client final que les droits qu’elle a elle-même reçus des créatifs. Si les contrats avec les freelances ne prévoient pas une cession complète et adéquate, l’agence ne peut pas transmettre des droits qu’elle ne possède pas.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les œuvres de collaboration</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Lorsqu’une œuvre est créée par plusieurs auteurs (œuvre de collaboration au sens de l’article L. 113-2 du CPI), chacun d’eux est cotitulaire des droits.</p>
<p style="text-align: justify;">La cession de l’œuvre nécessite alors l’accord de tous les coauteurs. Cette situation est fréquente dans les projets musicaux, audiovisuels ou multimédia.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Les erreurs les plus fréquentes dans les contrats de cession de droits</h2>
<p style="text-align: justify;">Voici les cinq erreurs les plus couramment rencontrées dans les contrats de cession de droits d’auteur, et comment les éviter.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Erreur 1 : La cession « tous droits » sans précision</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La mention « le client est propriétaire de tous les droits sur la création » ne satisfait pas aux exigences de l’article L. 131-3 du CPI.</p>
<p style="text-align: justify;">Les tribunaux l’interprètent restrictivement et peuvent limiter la cession à ce qui était strictement nécessaire pour l’usage prévu. Rédiger une cession détaillée reste la seule manière de sécuriser les droits du client.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Erreur 2 : L’absence de mention de durée</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Un contrat qui ne précise pas la durée de la cession expose le client à une remise en cause de l’exploitation à terme. La jurisprudence tend à limiter la durée à ce qui était prévisible lors de la conclusion du contrat.</p>
<p style="text-align: justify;">Mentionner expressément que la cession est consentie « pour toute la durée légale des droits d’auteur » est la solution la plus sécurisante pour le client.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Erreur 3 : Oublier la dimension numérique</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Un contrat rédigé il y a plusieurs années peut ne pas prévoir l’exploitation de la création sur les réseaux sociaux, les plateformes de streaming, les applications mobiles ou les outils d’intelligence artificielle.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2026, toute cession doit expressément couvrir les supports numériques actuels et anticiper les usages futurs.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Erreur 4 : Ne pas encadrer la sous-licence</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Si le contrat ne prévoit pas expressément la possibilité de sous-licencier les droits, le client ne peut pas les transférer à une filiale, un partenaire ou un prestataire. Cette situation est particulièrement problématique pour les groupes qui développent des marques ou des contenus exploités par plusieurs entités.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Erreur 5 : Confondre paiement et cession</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le paiement intégral d’une prestation créative ne vaut pas cession des droits d’auteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette confusion est l’une des plus répandues et l’une des plus coûteuses : des entreprises qui croyaient être propriétaires de leurs visuels ou de leur identité visuelle se sont retrouvées assignées en contrefaçon, parfois plusieurs années après la livraison.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A RETENIR</strong></p>
<p style="text-align: justify;">✔  La cession de droits d’auteur doit être écrite et préciser : droits cédés, durée, territoire et destination.</p>
<p style="text-align: justify;">✔  Le paiement d’une prestation ne vaut jamais cession automatique des droits.</p>
<p style="text-align: justify;">✔  Les droits moraux (paternité, intégrité) ne peuvent pas être cédés.</p>
<p style="text-align: justify;">✔  La cession est définitive ; la licence est révocable et plus souple pour le créatif.</p>
<p style="text-align: justify;">✔  En 2026, toute cession doit explicitement couvrir les supports numériques.</p>
<p style="text-align: justify;">✔  Les salariés conservent leurs droits d’auteur sauf clause expresse dans le contrat de travail.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Checklist : les éléments essentiels d’un contrat de cession de droits d’auteur</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Avant de signer ou de faire signer un contrat de cession, vérifiez que les éléments suivants sont présents :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Identification précise des parties (auteur et cessionnaire)</li>
<li>Désignation de l’œuvre ou des œuvres concernées</li>
<li>Énumération des droits cédés (reproduction, représentation, adaptation…)</li>
<li>Durée de la cession (limitée ou pour toute la durée légale)</li>
<li>Territoire de la cession (France, UE, monde entier)</li>
<li>Destination et usages autorisés</li>
<li>Exclusivité ou non-exclusivité expressément prévue</li>
<li>Modalités de la rémunération (forfait, redevance proportionnelle)</li>
<li>Garantie d’originalité et d’éviction</li>
<li>Mention de la possibilité ou de l’interdiction de sous-licence</li>
<li>Précision sur le droit de paternité (mention du nom ou anonymat)</li>
<li>Clause de révision ou de renon ciation</li>
<li>Couverture des supports numériques actuels</li>
<li>Loi applicable et juridiction compétente</li>
</ul>
<h2 style="text-align: justify;">Vos questions Mes réponses : Contrat de cession de droits d’auteur</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Un contrat de cession de droits d’auteur doit-il obligatoirement être écrit ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Oui. L’article L. 131-2 du Code de la propriété intellectuelle impose que la cession des droits d’auteur soit constatée par écrit. Un accord verbal peut être invoqué pour d’autres types d’obligations, mais il ne suffit pas à prouver une cession de droits d’auteur. En cas de litige, la preuve de la cession incombe à celui qui s’en prévaut.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>L’auteur peut-il céder tous ses droits moraux dans un contrat de cession ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Non. Les droits moraux (droit de divulgation, droit au respect de l’intégrité, droit de paternité, droit de repentir) sont inaliénables en droit français. Toute clause visant à les céder est nulle de plein droit. En revanche, certains aménagements contractuels sont possibles : par exemple, accepter que son nom ne figure pas sur la création pour un usage publicitaire spécifique.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Que se passe-t-il si le contrat ne précise pas l’étendue de la cession ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Conformément à l’article L. 131-3 du CPI, l’interprétation sera restrict ive. Les tribunaux limiteront la cession à ce qui était strictement nécessaire pour l’usage prévu lors de la conclusion du contrat. Tout usage supplémentaire sera considéré comme non autorisé, et pourra faire l’objet d’une action en contrefaçon.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Un salarié créateur peut-il conserver ses droits d’auteur sur les œuvres réalisées pour son employeur ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">En principe, oui. En droit français, le salarié reste l’auteur des œuvres qu’il crée dans le cadre de son contrat de travail, même si l’employeur bénéficie souvent d’un droit d’exploitation. Pour que l’employeur dispose d’une cession complète, une clause expresse doit figurer dans le contrat de travail ou dans un avenant. L’exception concerne les logiciels, qui font l’objet d’un régime spécifique.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Comment contester une cession de droits abusive ou signée sous pression ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une cession peut être contestée sur plusieurs fondements : vice du consentement (erreur, dol, violence), déséquilibre significatif dans les droits et obligations des parties, ou encore non-respect des conditions formelles posées par le CPI. La lésion qualifiée peut également permettre à l’auteur d’obtenir une révision de sa rémunération. Ces actions se prescrivent généralement dans un délai de cinq ans. Consultez un avocat spécialisé pour évaluer les possibilités de recours dans votre situation.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>En conclusion, le contrat de cession de droits d’auteur n’est pas une formalité administrative : c’est un acte juridique structurant qui définit qui peut faire quoi, pendant combien de temps, sur quel territoire et à quelles conditions.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Sa rédaction négligée ou son absence pure et simple est la première source de litiges entre créatifs et commanditaires.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2026, la multiplication des formats numériques, des usages de l’intelligence artificielle et des collaborations à distance rend la formalisation des cessions de droits encore plus nécessaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Un contrat bien rédigé protège les deux parties : il garantit au créatif le respect de ses droits et de sa rémunération, et au client la sécurité juridique de son exploitation.</p>
<p style="text-align: justify;">La rédaction ou la relecture d’un contrat de cession par un avocat spécialisé en propriété intellectuelle reste l’investissement le plus rentable pour éviter des litiges coûteux.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous avez besoin de faire rédiger ou réviser un contrat de cession de droits d’auteur ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le Cabinet Nathalie Matteoda, avocat spécialisé en droit de la propriété intellectuelle à Paris, analyse votre situation et sécurise vos contrats. Prenez rendez-vous pour un premier échange.</em></p>
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<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/contrat-cession-droits-auteur-clauses-eviter-litiges">Contrat de cession de droits d’auteur : les clauses indispensables pour éviter les litiges</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>IA et RGPD en 2026 : comment les entreprises doivent encadrer l’utilisation des données personnelles dans leurs outils d’intelligence artificielle</title>
		<link>https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/ia-rgpd-2026-utilisation-donnees-personnelles-outils-intelligence-artificielle</link>
					<comments>https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/ia-rgpd-2026-utilisation-donnees-personnelles-outils-intelligence-artificielle#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Nathalie Matteoda]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2026 14:38:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/ia-rgpd-2026-utilisation-donnees-personnelles-outils-intelligence-artificielle">IA et RGPD en 2026 : comment les entreprises doivent encadrer l’utilisation des données personnelles dans leurs outils d’intelligence artificielle</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><div class="et_pb_section et_pb_section_5 et_section_regular" >
				
				
				
				
				
				
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				<div class="et_pb_text_inner"><p style="text-align: justify;">En 2026, l’intelligence artificielle générative est devenue une infrastructure quotidienne pour des millions d’entreprises.</p>
<p style="text-align: justify;">Rédaction de contenus, analyse de données clients, automatisation des process, personnalisation des offres, génération de visuels ou de code : les outils IA se sont installés dans les pratiques métiers à une vitesse que les cadres juridiques ont eu du mal à suivre.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, derrière chaque usage de l’IA se pose, souvent sans que l’entreprise ne s’en rende compte, une question fondamentale : ces outils traitent-ils des données personnelles ? Et si oui, ce traitement est-il conforme au Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) ?</p>
<p style="text-align: justify;">La réponse est fréquemment défavorable. Alimenter un modèle d’IA avec des données clients, utiliser un outil d’IA générative hébergé aux États-Unis, automatiser des décisions à partir de profils personnels : autant de pratiques qui soulèvent des risques RGPD immédiats, souvent ignorés jusqu’à ce qu’un contrôle ou un incident les révèle.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2026, la convergence entre le RGPD et le règlement européen sur l’intelligence artificielle (IA Act) crée un cadre réglementaire plus exigeant que jamais.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet article vous explique les <strong>principaux risques, les obligations applicables et les actions concrètes à mettre en œuvre pour utiliser l’IA en conformité.</strong></p>
<h2 style="text-align: justify;">Pourquoi l’utilisation d’outils d’IA soulève des enjeux RGPD immédiats pour les entreprises</h2>
<p style="text-align: justify;">Le RGPD s’applique dès lors qu’une organisation traite des données à caractère personnel ? c’est-à-dire toute information permettant d’identifier, directement ou indirectement, une personne physique.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela inclut les noms, adresses e-mail, numéros de téléphone, identifiants clients, historiques d’achat, comportements de navigation, et bien d’autres données couramment utilisées en entreprise.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, la plupart des usages professionnels de l’IA impliquent, à un degré ou à un autre, le traitement de ce type de données.</p>
<p style="text-align: justify;">L’entreprise qui utilise un outil d’IA devient, au sens du RGPD, responsable du traitement ou coresponsable et doit assumer l’ensemble des obligations qui en découlent.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>L’IA générative : un cas particulier à surveiller</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Les outils d’IA générative comme ChatGPT, Claude, Gemini ou Copilot soulèvent des questions spécifiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsqu’un collaborateur soumet des données clients, des e-mails internes, des contrats ou des informations médicales à un de ces outils, il effectue techniquement un transfert de données vers le système du fournisseur.</p>
<p style="text-align: justify;">Si ce fournisseur est établi hors de l’Union européenne, ce transfert doit respecter des conditions strictes prévues par les articles 44 et suivants du RGPD.</p>
<p style="text-align: justify;">De plus, certains fournisseurs d’IA utilisent par défaut les données soumises pour améliorer leurs modèles. Ce qui constitue un traitement supplémentaire non consenti par les personnes concernées.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette pratique est incompatible avec le RGPD si elle n’est pas encadrée par un contrat de sous-traitance adéquat et une option de désactivation effective.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>⚠️ En l’absence de paramétrage spécifique, certains outils d’IA grand public ne garantissent pas que les données saisies ne seront pas utilisées pour l’entraînement du modèle. Vérifiez systématiquement les conditions d’utilisation et les paramètres de confidentialité de chaque outil avant tout usage professionnel avec des données personnelles.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">Les 5 risques RGPD concrets liés à l’utilisation de l’IA en entreprise</h2>
<p style="text-align: justify;">Voici les situations à risque les plus fréquemment rencontrées lors d’un audit RGPD d’entreprises utilisant des outils d’IA.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Risque 1 · Alimenter un outil d’IA avec des données clients sans base légale valide</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le RGPD exige que tout traitement de données personnelles repose sur une base légale : consentement, exécution d’un contrat, obligation légale, intérêt légitime, etc. (article 6 du RGPD).</p>
<p style="text-align: justify;">Soumettre une base de données clients à un outil d’IA pour générer des analyses commerciales, des segments marketing ou des prédictions comportementales constitue un nouveau traitement qui doit lui-même être justifié par une base légale adéquate.</p>
<p style="text-align: justify;">L’intérêt légitime peut constituer une base légale valide, à condition de mener un test de mise en balance rigoureux.</p>
<p style="text-align: justify;">Le consentement des personnes concernées peut être nécessaire si le traitement va au-delà de ce qu’elles pouvaient raisonnablement anticiper lors de la collecte initiale de leurs données.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Risque 2 · Transférer des données personnelles vers des serveurs hors de l’Union européenne</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La plupart des grands fournisseurs d’IA sont établis aux États-Unis. Le transfert de données personnelles vers ces pays n’est licite que si des garanties appropriées sont mises en place. Depuis l’arrêt Schrems II de la CJUE (juillet 2020) et l’adoption du Data Privacy Framework UE-États-Unis en juillet 2023, le cadre juridique applicable a évolué, mais reste complexe.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2026, les entreprises doivent vérifier que leur fournisseur d’IA est certifié Data Privacy Framework ou qu’il a mis en place des clauses contractuelles types (CCT) validées par la Commission européenne.</p>
<p style="text-align: justify;">A défaut, le transfert est illégal et expose l’entreprise à des sanctions de la CNIL.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Risque 3 · Prendre des décisions automatisées sans information des personnes concernées</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">L’article 22 du RGPD encadre strictement les décisions automatisées produisant des effets juridiques ou affectant significativement les personnes.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela inclut notamment : le refus automatisé d’un crédit, le scoring client, la modulation automatisée d’une offre tarifaire, ou le filtrage automatisé de candidatures à l’emploi.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ces situations, les personnes concernées ont le droit d’être informées de l’existence d’une telle décision automatisée, d’obtenir une explication sur la logique utilisée, et de demander un réexamen humain.</p>
<p style="text-align: justify;">Le non-respect de ces droits expose l’entreprise à des actions en justice et à des amendes significatives.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Risque 4 · Utiliser des données sensibles pour entraîner ou affiner un modèle</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Les données dites sensibles (santé, opinions politiques, origine ethnique, données biométriques, vie sexuelle, conviction religieuse) font l’objet d’une protection renforcée au titre de l’article 9 du RGPD. Leur traitement est en principe interdit, sauf exceptions strictement limitées.</p>
<p style="text-align: justify;">Les entreprises du secteur de la santé, des ressources humaines ou de l’assurance qui utilisent des données médicales ou biographiques pour entraîner ou personnaliser un modèle d’IA s’exposent à des sanctions extrêmement lourdes si elles ne disposent pas d’une base légale spécifique et de garanties adéquates.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Risque 5 · Absence de contrat de sous-traitance avec le fournisseur d’IA</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Dès lors qu’une entreprise confie à un fournisseur d’IA le traitement de données personnelles pour son compte, ce fournisseur est qualifié de sous-traitant au sens de l’article 28 du RGPD.</p>
<p style="text-align: justify;">La conclusion d’un contrat de sous-traitance (Data Processing Agreement, DPA) est obligatoire.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce contrat doit notamment préciser la nature et la finalité du traitement, les obligations du sous-traitant en matière de sécurité, les conditions de sous-traitance ultérieure et les modalités de retour ou de destruction des données. Beaucoup d’entreprises utilisent des outils d’IA sans avoir signé ou vérifié ce contrat.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>⚠️ Attention : cliquer sur « Accepter les conditions générales d’utilisation » d’un outil IA ne vaut pas signature d’un DPA conforme au RGPD. Vérifiez spécifiquement l’existence d’un accord de sous-traitance de données dans la documentation juridique de chaque fournisseur.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A RETENIR</strong></p>
<p style="text-align: justify;">✔ Toute utilisation d’IA traitant des données personnelles doit reposer sur une base légale RGPD identifiée.</p>
<p style="text-align: justify;">✔ Les transferts vers des fournisseurs hors UE doivent être couverts par des garanties appropriées (DPF, CCT).</p>
<p style="text-align: justify;">✔ Les décisions automatisées doivent être signalées et permettre un recours humain.</p>
<p style="text-align: justify;">✔ Les données sensibles nécessitent une base légale spécifique avant tout usage dans un système d’IA.</p>
<p style="text-align: justify;">✔ Un contrat de sous-traitance (DPA) doit être signé avec chaque fournisseur d’IA traitant des données pour votre compte.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Ce que l’IA Act impose en complément du RGPD depuis 2026</h2>
<p style="text-align: justify;">Le règlement européen sur l’intelligence artificielle (règlement UE 2024/1689, dit IA Act) est entré en application progressive depuis 2024, avec des obligations pleinement applicables en 2026 pour plusieurs catégories d’opérateurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Il crée un cadre réglementaire complémentaire au RGPD, dont les entreprises utilisatrices d’IA doivent tenir compte.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>La classification des systèmes d’IA par niveau de risque</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">L’IA Act classe les systèmes d’IA en quatre catégories selon le niveau de risque qu’ils présentent :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Risque inacceptable</strong> : IA interdites (manipulation comportementale, notation sociale, reconnaissance faciale en temps réel dans l’espace public sauf exceptions)</li>
<li><strong>Risque élevé</strong> : IA soumises à des obligations strictes (recrutement, crédit, éducation, infrastructures critiques, justice)</li>
<li><strong>Risque limité</strong> : obligations de transparence (chatbots, génération de contenus)</li>
<li><strong>Risque minimal</strong> : pas d’obligation spécifique (filtres anti-spam, IA de jeux vidéo)</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Les entreprises qui utilisent ou déploient des systèmes d’IA à risque élevé doivent notamment mener des évaluations de conformité, tenir une documentation technique, assurer une supervision humaine et garantir la traçabilité des décisions.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les obligations de transparence pour les IA génératives</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Depuis le 2 août 2025, les systèmes d’IA générative à usage général (GPAI, General Purpose AI) sont soumis à des obligations de transparence spécifiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Les fournisseurs de ces modèles doivent notamment publier un résumé des données utilisées pour l’entraînement et respecter le droit de la propriété intellectuelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour les entreprises utilisatrices, l’IA Act impose également de signaler à leurs utilisateurs lorsqu’ils interagissent avec un système d’IA (obligation de divulgation) et de s’assurer que les contenus générés par IA sont identifiables comme tels lorsqu’ils sont susceptibles d’induire les personnes en erreur.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Checklist : 6 actions pour utiliser l’IA en conformité avec le RGPD</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Ces six actions constituent un socle minimum de conformité pour toute entreprise utilisant des outils d’IA traitant des données personnelles. Elles ne remplacent pas un audit juridique complet, mais permettent d’identifier rapidement les zones de risque prioritaires.</p>
<ol>
<li><strong>Cartographier vos usages IA traitant des données personnelles</strong><br />Identifiez l’ensemble des outils d’IA utilisés dans votre organisation (y compris les usages « informels » par vos collaborateurs) et déterminez lesquels traitent des données personnelles. Intégrez ces traitements à votre registre des activités de traitement (RAT), obligatoire pour les entreprises de plus de 250 salariés et recommandé pour toutes les autres.</li>
</ol>
<ol start="2" style="text-align: justify;">
<li><strong> Vérifier et formaliser vos contrats de sous-traitance (DPA)</strong><br />Pour chaque fournisseur d’IA traitant des données personnelles pour votre compte, vérifiez qu’un Data Processing Agreement conforme à l’article 28 du RGPD est en place. Si votre fournisseur propose un DPA standard, vérifiez qu’il couvre bien vos usages spécifiques.</li>
</ol>
<ol start="3" style="text-align: justify;">
<li><strong> Sécuriser les transferts hors Union européenne</strong><br />Vérifiez la localisation des serveurs de vos fournisseurs d’IA. Si des données sont transférées hors UE, assurez-vous que les garanties appropriées sont en place : certification Data Privacy Framework pour les fournisseurs américains, clauses contractuelles types (CCT) pour les autres pays.</li>
</ol>
<ol start="4" style="text-align: justify;">
<li><strong> Identifier la base légale de chaque traitement IA</strong><br />Pour chaque usage de l’IA impliquant des données personnelles, documentez la base légale applicable (consentement, intérêt légitime, exécution d’un contrat&#8230;). Si vous vous appuyez sur l’intérêt légitime, réalisez et conservez un test de mise en balance dûment documenté.</li>
</ol>
<ol start="6" style="text-align: justify;">
<li><strong> Mettre à jour vos mentions d’information</strong><br />Informez les personnes concernées (clients, employés, prospects) de l’utilisation de leurs données dans des systèmes d’IA, conformément aux articles 13 et 14 du RGPD. Précisez notamment la finalité, la durée de conservation et les droits dont elles disposent, y compris le droit de s’opposer à un traitement automatisé</li>
</ol>
<p style="text-align: justify;"><em>Ces six actions constituent un point de départ, pas une fin en soi. Un audit RGPD &amp; IA mené par un avocat spécialisé permet d’aller plus loin : cartographie complète, analyse des risques, mise en conformité documentée et accompagnement en cas de contrôle de la CNIL.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Quelles sanctions risque-t-on en cas de non-conformité RGPD liée à l’IA ?</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">La CNIL a renforcé ses contrôles sur les usages de l’IA depuis 2024. Plusieurs décisions de sanction portant spécifiquement sur des traitements automatisés et des transferts vers des outils d’IA ont été publiées, donnant un signal clair sur les priorités de contrôle.</p>
<p style="text-align: justify;">Les sanctions encourues en cas de manquement au RGPD peuvent atteindre :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires annuel mondial de l’entreprise (le montant le plus élevé est retenu) pour les violations les plus graves</li>
<li>10 millions d’euros ou 2 % du chiffre d’affaires pour d’autres manquements, notamment le défaut de contrat de sous-traitance ou l’absence de base légale</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Au-delà des amendes, une violation RGPD liée à l’IA peut entraîner des conséquences graves pour la réputation de l’entreprise, des actions en responsabilité civile de la part des personnes concernées, et — dans certains cas — une interdiction temporaire de traitement.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>⚠️ La CNIL peut également prononcer des sanctions provisoires en urgence lorsqu’un traitement illicite présente un risque sérieux et immédiat pour les personnes. Une interdiction de traitement d’urgence peut paralyser tout ou partie des opérations d’une entreprise.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>FAQ : IA et RGPD en entreprise</strong></h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Peut-on utiliser des données clients pour alimenter un outil d’IA sans violer le RGPD ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Oui, sous conditions. L’utilisation de données clients dans un outil d’IA constitue un traitement au sens du RGPD, qui doit reposer sur une base légale valide. Selon les cas, le consentement ou l’intérêt légitime peut être invoqué. Il faut également s’assurer que les personnes concernées ont été informées de cet usage et qu’un contrat de sous-traitance a été conclu avec le fournisseur de l’outil. En tout état de cause, il est recommandé de réaliser une analyse d’impact relative à la protection des données (AIPD) si le traitement est susceptible d’engendrer un risque élevé.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>ChatGPT et les outils d’IA générative sont-ils conformes au RGPD en 2026 ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La réponse dépend de la version utilisée et du paramétrage adopté. Les versions entreprises de ces outils (OpenAI Enterprise, Microsoft Copilot for Microsoft 365, etc.) proposent généralement des DPA conformes au RGPD et des options de désactivation de l’utilisation des données pour l’entraînement. Les versions grand public présentent des risques plus élevés et ne doivent pas être utilisées avec des données personnelles sensibles sans vérification préalable. En tout état de cause, la conformité ne dépend pas seulement du fournisseur mais aussi de l’usage que vous en faites.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Faut-il signer un contrat de sous-traitance avec son fournisseur d’IA ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Oui, dès lors que le fournisseur traite des données personnelles pour votre compte. L’article 28 du RGPD l’impose sans exception. Ce contrat doit préciser la nature du traitement, les finalités, les mesures de sécurité mises en place, les conditions de sous-traitance ultérieure et les modalités de retour ou de destruction des données à la fin du contrat. L’absence de ce contrat est un manquement autonome au RGPD, sanctionné indépendamment des autres violations.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Quelle est la différence entre le RGPD et l’IA Act pour les entreprises ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le RGPD protège les droits des personnes physiques à l’égard du traitement de leurs données personnelles. Il s’applique à tout responsable de traitement ou sous-traitant, que l’IA soit impliquée ou non. L’IA Act, quant à lui, régule les systèmes d’intelligence artificielle eux-mêmes, en imposant des obligations aux fournisseurs et aux déployeurs de ces systèmes selon leur niveau de risque. Les deux règlements s’appliquent de manière cumulative lorsqu’un système d’IA traite des données personnelles.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Quelles sanctions risque-t-on si l’on utilise l’IA sans respecter le RGPD ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Les sanctions administratives de la CNIL peuvent atteindre 20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires annuel mondial, selon le montant le plus élevé. Au-delà des amendes, l’entreprise peut faire l’objet d’une injonction de mise en conformité, d’une suspension du traitement, et de recours civils de la part des personnes dont les droits ont été violés. La publication des décisions de sanction sur le site de la CNIL génère également un impact réputat ionnel significatif.</p>
<p style="text-align: justify;">En conclusion, l’intelligence artificielle représente une opportunité considérable pour les entreprises. Mais son déploiement sans cadre juridique adéquat est devenu l’un des principaux vecteurs de risque RGPD en 2026.</p>
<p style="text-align: justify;">La bonne nouvelle : les obligations applicables sont compréhensibles et maîtrisables.</p>
<p style="text-align: justify;">Identifier ses usages, conclure les contrats nécessaires, informer les personnes concernées et former ses équipes : ce sont des actions concrètes, proportionnées, qui permettent de bénéficier des apports de l’IA sans exposer son entreprise à des sanctions ou des litiges.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2026, la question n’est plus de savoir si votre entreprise utilisera l’IA — elle l’utilise probablement déjà. La question est de savoir si elle le fait de façon juridiquement sécurisée.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous utilisez des outils d’IA en entreprise et souhaitez vérifier votre conformité RGPD ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le Cabinet Nathalie Matteoda, avocat spécialisé en droit du numérique et en propriété intellectuelle à Paris, réalise des audits RGPD &amp; IA sur mesure. Nous identifions vos risques et vous accompagnons dans la mise en conformité.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nathalie Matteoda, Avocat Propriété Intellectuelle : Tél. 06 42 18 50 53<span> </span>ou prenez<span> </span><a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/avocat-prendre-rdv">rendez-vous en ligne.</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Suivre mon actualité sur Linkedin ?<span> </span><a href="https://www.linkedin.com/in/matteoda-nathalie/" target="_blank" rel="noopener">Nathalie Matteoda – Avocat en droit de la propriété intellectuelle</a></p></div>
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<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/ia-rgpd-2026-utilisation-donnees-personnelles-outils-intelligence-artificielle">IA et RGPD en 2026 : comment les entreprises doivent encadrer l’utilisation des données personnelles dans leurs outils d’intelligence artificielle</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Résolution du Parlement européen du 10 mars 2026 : ce que l’UE exige désormais pour protéger vos droits face à l’IA générative</title>
		<link>https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/parlement-europeen-droits-ia-generative</link>
					<comments>https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/parlement-europeen-droits-ia-generative#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Nathalie Matteoda]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Apr 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/?p=3422</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/parlement-europeen-droits-ia-generative">Résolution du Parlement européen du 10 mars 2026 : ce que l’UE exige désormais pour protéger vos droits face à l’IA générative</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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				<div class="et_pb_text_inner"><p style="text-align: justify;">Le 10 mars 2026, le Parlement européen a adopté une résolution dédiée aux <strong>opportunités et défis de l’IA générative pour le droit d’auteur</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette prise de position arrive à un moment où les modèles capables de produire textes, images, musiques ou vidéos se diffusent massivement dans les entreprises (marketing, branding, contenus, design, formations, documentation).</p>
<p style="text-align: justify;">Cette résolution <strong>n’a pas la même portée qu’un règlement</strong> (elle ne crée pas, à elle seule, d’obligations directement applicables). Mais elle <strong>trace une ligne politique</strong> et invite la Commission à faire évoluer le cadre : transparence, respect du droit d’auteur, lutte contre les usages abusifs (dont les deepfakes) et clarification du statut des contenus générés.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour les PME, l’enjeu est immédiat : <strong>vos outils IA vont évoluer</strong> (plus d’exigences de transparence côté fournisseurs), et <strong>vos créations “100 % IA” restent juridiquement fragiles</strong> si vous ne structurez pas l’apport humain.</p>
<h2 style="text-align: justify;">La résolution du 10 mars 2026 : contexte, contenu, portée</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ce que c’est (et ce que ce n’est pas)</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une résolution du Parlement européen est un <strong>texte d’orientation politique</strong> : elle exprime une position, formule des demandes, et pèse dans les débats à venir. Elle ne remplace pas les textes existants (droit d’auteur, RGPD, droit des marques, AI Act, etc.).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi elle compte pour les dirigeants ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Parce qu’elle confirme une trajectoire : <strong>plus de transparence sur l’entraînement</strong>, <strong>mieux encadrer les usages à risque</strong>, et <strong>réaffirmer le rôle central de la création humaine</strong> dans la protection par droit d’auteur.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Les 3 principes structurants retenus par le Parlement européen</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>1) La propriété intellectuelle est réaffirmée comme un droit fondamental</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La résolution rappelle que la propriété intellectuelle s’inscrit dans le socle des droits fondamentaux de l’UE, ce qui justifie des exigences fortes lorsqu’un modèle d’IA exploite des contenus protégés.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Implication pratique :</strong> l’approche “on verra plus tard” devient risquée. A mesure que le cadre se densifie, <strong>les entreprises devront pouvoir justifier</strong> leurs choix (outils, licences, processus créatif, traçabilité).</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>2) Transparence accrue sur les contenus d’entraînement et respect du droit d’auteur</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le Parlement demande une meilleure capacité à identifie et encadrer l’usage de contenus protégés dans l’entraînement des modèles.</p>
<p style="text-align: justify;">Point clé pour les PME : cette logique est cohérente avec les obligations “GPAI” (general-purpose AI) de l’AI Act, qui imposent aux fournisseurs :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>de mettre en place une <strong>politique de conformité au droit d’auteur de l’UE</strong>, incluant la prise en compte des réserves de droits/opt-out (Directive 2019/790) ;</li>
<li>de publier un <strong>résumé du contenu utilisé pour l’entraînement</strong>.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Même si vous n’êtes pas fournisseur de modèle, cela va influencer :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>vos <strong>choix d’outils</strong> (ceux qui documentent mieux, rassurent mieux)</li>
<li>vos <strong>clauses contractuelles</strong> (agences / prestataires / plateformes)</li>
<li>votre <strong>gestion du risque</strong> si vous exploitez des outputs pour des campagnes, packagings, visuels, catalogues.</li>
</ul>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>3) Primauté de la création humaine : les contenus “100 % IA” restent, en principe, hors droit d’auteur</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La résolution maintient une ligne directrice : <strong>la protection par droit d’auteur vise la création humaine</strong>, et les contenus entièrement générés par IA demeurent, en principe, <strong>dans une zone non protégée</strong> (souvent présentée comme proche du “domaine public” dans l’approche politique).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Implication opérationnelle :</strong> si vous voulez une protection solide, l’apport humain doit être :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>réel (choix créatifs, direction, sélection, retouches)</li>
<li><strong>démontrable</strong> (preuves et traçabilité).</li>
</ul>
<h2 style="text-align: justify;">Ce que cela change pour les PME utilisatrices d’outils IA</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Documenter l’apport humain devient un réflexe de protection</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Si votre communication, vos designs ou votre branding s’appuient sur l’IA, votre enjeu n’est pas “utiliser ou non l’IA”, mais <strong>organiser la création</strong> pour pouvoir dire : <em>“ce résultat est issu d’un processus créatif humain, assisté par IA”</em>.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Bonnes pratiques simples (et défendables) :</strong></h3>
<ul style="text-align: justify;">
<li>garder les prompts et itérations qui traduisent une intention créative</li>
<li>conserver les versions (v1, v2, v3…), et les raisons de sélection</li>
<li>archiver les retouches (fichiers source, calques, exports datés)</li>
<li>consigner qui valide artistiquement (nom, date, livrable).</li>
</ul>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Vérifier les conditions des outils IA (et les aligner avec votre risque)</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Deux questions à trancher avant de déployer une IA en production marketing :</p>
<ol style="text-align: justify;">
<li><strong>Que dit l’outil sur l’entraînement et réutilisation ?</strong></li>
<li><strong>Que dit l’outil sur les droits attachés aux outputs ?</strong> (licence d’utilisation, restrictions, garanties)</li>
</ol>
<p style="text-align: justify;">Avec la montée des obligations de transparence côté fournisseurs (politique copyright + résumé d’entraînement), vos critères de sélection peuvent évoluer : vous chercherez des outils qui vous donnent <strong>des éléments exploitables en gouvernance</strong>.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Mettre à jour vos contrats (agences, freelances, salariés)</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Dans la pratique, le risque “PI IA” ne vient pas seulement de l’outil : il vient du <strong>montage contractuel</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">A cadrer :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>qui est auteur (si l’apport humain existe)</li>
<li>qui est titulaire des droits d’exploitation</li>
<li>quelles garanties sur les contenus intégrés (musiques, images, typographies, datasets, banques)</li>
<li>quelles obligations de traçabilité (preuves de processus).</li>
</ul>
<h2 style="text-align: justify;">Ce que la résolution anticipe pour les réformes à venir</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Vers une exigence renforcée de licences et traçabilité ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le Parlement pousse vers un cadre plus robuste pour l’entraînement sur œuvres protégées.<br />Sans préjuger des arbitrages futurs, la tendance est claire : <strong>transparence et conformité copyright</strong>.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Ce que cela signifie pour une PME :</strong></h3>
<ul style="text-align: justify;">
<li>mieux vaut anticiper aujourd’hui une “hygiène PI IA” (documentation + contrats) que devoir la reconstruire sous pression demain (litige, contentieux, due diligence, levée, cession).</li>
</ul>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Deepfakes : image, voix, identité… ce que la résolution met sur la table</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La résolution aborde aussi le sujet des <strong>deepfakes</strong> et appelle à renforcer la protection, notamment par :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>une meilleure transparence/étiquetage des contenus générés ou manipulés</li>
<li>un cadre permettant de limiter les atteintes aux droits et aux personnes.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Pour une entreprise, le risque est très concret :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>faux dirigeant en vidéo/voice note (fraude, social engineering)</li>
<li>faux recrutement / faux messages RH</li>
<li>faux avis, fausses prises de position publiques</li>
<li>parasitisme et atteinte à la marque via des contenus manipulés.</li>
</ul>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Checklist PME : sécuriser vos créations assistées par IA dès 2026</strong></h2>
<ol style="text-align: justify;">
<li><strong>Cartographiez vos usages IA</strong> (marketing, design, branding, formation, supports commerciaux).</li>
<li><strong>Qualifiez le niveau d’intervention humaine</strong> (faible, moyen, fort).</li>
<li><strong>Formalisez un process “preuve”</strong> (prompts, versions, retouches, validations).</li>
<li><strong>Vérifiez les CGU/licences des outils</strong> (droits sur outputs, restrictions, traçabilité).</li>
<li><strong>Mettez à jour vos contrats</strong> (prestataires, agences, freelances : droits + garanties + documentation).</li>
<li><strong>Choisissez la bonne stratégie PI</strong> selon l’actif :</li>
<ul>
<li>marque (nom, logo)</li>
<li>droit d’auteur (si originalité humaine démontrable)</li>
<li>dessins &amp; modèles (design/GUI)</li>
<li>secret des affaires (méthodes, prompts structurés, workflows, datasets internes).</li>
</ul>
</ol>
<h2 style="text-align: justify;">Résolution Parlement européen IA et droit d’auteur (2026) : Vos Questions Nos Réponses</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Une résolution du Parlement européen change-t-elle immédiatement la loi ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Non. Elle <strong>n’est pas un règlement</strong>. En revanche, elle <strong>oriente</strong> les travaux et influence les futures évolutions.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les contenus “100 % IA” sont-ils protégeables par droit d’auteur ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La ligne politique réaffirmée est : <strong>seules les créations humaines</strong> entrent dans le champ du droit d’auteur, et les contenus entièrement générés restent juridiquement fragiles.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Qu’est-ce qui doit être documenté si l’on veut revendiquer une protection ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Tout ce qui prouve une <strong>direction créative humaine</strong> : prompts itératifs, choix, sélection, retouches, intégration, validations, fichiers sources et versions datées.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Est-ce que l’AI Act impose déjà quelque chose sur le droit d’auteur ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Pour les fournisseurs de modèles d’IA à usage général, l’AI Act prévoit une <strong>politique de conformité au droit d’auteur</strong> et un <strong>résumé public du contenu d’entraînement</strong> (obligations expliquées dans les lignes directrices de la Commission).</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Audit “Pratiques IA &amp; Création” (PME, marques, contenus)</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Vous utilisez l’IA pour créer des <strong>visuels, noms, slogans, contenus marketing ou éléments d’identité</strong> et vous voulez sécuriser ce que vous exploitez (et ce que vous pourrez défendre) ?</p>
<p style="text-align: justify;">Le Cabinet Nathalie Matteoda (Paris 8) vous propose un <strong>audit opérationnel</strong> :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>cartographie de vos usages IA,</strong></li>
<li><strong>sécurisation contractuelle (agences, prestataires, plateformes),</strong></li>
<li><strong>stratégie de preuve,</strong></li>
<li><strong>recommandations PI (marque, droit d’auteur, dessins &amp; modèles, secret des affaires).</strong></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Objectif : <strong>protéger vos actifs immatériels</strong> et réduire votre risque juridique dès 2026.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nathalie Matteoda, Avocat Propriété Intellectuelle : Tél. 06 42 18 50 53<span> </span>ou prenez<span> </span><a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/avocat-prendre-rdv">rendez-vous en ligne.</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Suivre mon actualité sur Linkedin ?<span> </span><a href="https://www.linkedin.com/in/matteoda-nathalie/" target="_blank" rel="noopener">Nathalie Matteoda – Avocat en droit de la propriété intellectuelle</a></p></div>
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<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/parlement-europeen-droits-ia-generative">Résolution du Parlement européen du 10 mars 2026 : ce que l’UE exige désormais pour protéger vos droits face à l’IA générative</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
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		<item>
		<title>Vous lancez un réseau de franchise : avez-vous vraiment sécurisé votre marque ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie Matteoda]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Apr 2026 10:51:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/?p=3407</guid>

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				<div class="et_pb_text_inner"><p style="text-align: justify;">Franchise Expo Paris s’est tenu du <strong>14 au 16 mars 2026</strong> à la Porte de Versailles (44e édition, plus de 500 enseignes, 600 exposants). Sur les stands, une question reste pourtant rarement posée, alors qu’elle est décisive pour la solidité d’un réseau :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avez-vous structuré votre propriété intellectuelle avant de signer votre premier contrat de franchise ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La question peut sembler technique. Elle est, en réalité, fondamentale. La <strong>marque</strong> est le socle juridique de tout réseau : c’est elle que le franchiseur concède, que le franchisé exploite, et sur laquelle repose la valeur de l’enseigne.</p>
<p style="text-align: justify;">Si elle est mal déposée, au mauvais nom ou sur un territoire insuffisant, <strong>l’ensemble du modèle peut être fragilisé, parfois des années après le lancement</strong>.</p>
<h2 style="text-align: justify;">La marque : le premier actif d’un réseau de franchise</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Ce que vous concédez réellement à vos franchisés</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Rejoindre un réseau de franchise, c’est obtenir le droit d’exploiter <strong>une marque</strong>, un <strong>concept</strong> et un <strong>savoir-faire</strong>. Le franchisé verse un droit d’entrée et des redevances en contrepartie de ce droit d’usage.</p>
<p style="text-align: justify;">Autrement dit, il « achète » avant tout <strong>de la propriété intellectuelle</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">La marque est l’actif central : elle identifie le réseau, distingue l’enseigne, porte la promesse commerciale et une part importante de la valeur économique du concept. Sans marque déposée et valide, <strong>il n’existe pas de licence solide</strong> et donc pas de franchise robuste.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Une marque non déposée ou mal déposée met tout le réseau en danger</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le scénario est fréquent : un concept fonctionne, le franchiseur recrute vite, signe des contrats… <strong>sans recherche d’antériorités sérieuse</strong>, sans dépôt adapté, ou avec un dépôt « approximatif ».</p>
<p style="text-align: justify;">Conséquence : une opposition ou une action d’un tiers titulaire d’une marque antérieure peut survenir plus tard, avec un risque réel :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>annulation de la marque</strong> ou limitation du périmètre,</li>
<li><strong>interdiction d’exploitation</strong>,</li>
<li>remise en cause du modèle économique,</li>
<li>et potentiellement, tensions contractuelles avec les franchisés (garanties, responsabilité, indemnisation).</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Un franchiseur qui concède une marque fragile <strong>expose ses franchisés, </strong>et s’expose lui-même, car il garantit, de fait, un droit qu’il doit pouvoir démontrer comme solide.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Les 3 erreurs de dépôt les plus fréquentes chez les franchiseurs débutants</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Erreur n°1 : un dépôt de marque trop étroit</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La marque est déposée dans une ou deux classes correspondant à l’activité « du moment ». Puis le réseau s’étend : nouveaux services, formation, e-commerce, application, merchandising… et une partie de l’activité se retrouve <strong>sans protection</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Le risque : un tiers peut déposer une marque proche sur les classes non couvertes, créant une zone de conflit. Ce qui paraissait secondaire au démarrage devient, avec la croissance, une brèche exploitable.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Erreur n°2 : la marque déposée au nom du dirigeant (au lieu de la société)</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">C’est une erreur courante et structurante : la marque est déposée par le fondateur avant la création de la société franchiseur. Ensuite, c’est la société qui signe le contrat et concède la licence.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette discordance peut :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>fragiliser la cohérence juridique des licences,</li>
<li>compliquer une levée de fonds,</li>
<li>ralentir une cession du réseau,</li>
<li>créer des discussions lourdes en due diligence.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">La régularisation est souvent possible, mais elle a un coût, demande de la méthode et doit idéalement être faite <strong>avant</strong> les premières signatures.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Erreur n°3 : aucune surveillance de marque</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Déposer une marque n’est pas suffisant : sans surveillance, vous pouvez découvrir tardivement qu’une marque similaire a été enregistrée alors qu’une action simple (opposition) n’était possible que dans un délai court.</p>
<p style="text-align: justify;">Passé ce délai, les actions deviennent plus longues, plus incertaines et plus coûteuses.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A retenir :</strong> déposer, c’est le début. Surveiller, défendre et adapter à la croissance du réseau, c’est ce qui protège la valeur dans la durée.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Au-delà de la marque : savoir-faire, manuel opératoire, charte graphique, outils digitaux</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le savoir-faire : l’actif le plus précieux (et le plus difficile à défendre)</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le savoir-faire est le cœur du concept franchisé. Pour être défendable, il doit être <strong>original, substantiel, secret et documenté</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Sa protection ne repose pas sur un dépôt : elle repose sur sa qualification juridique, sur la <strong>documentation</strong> (manuel opératoire) et sur des <strong>clauses de confidentialité solides</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Un savoir-faire mal documenté est un savoir-faire difficile à défendre, notamment si un franchisé sortant réutilise des éléments clés « en les rebaptisant ».</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Charte graphique et identité visuelle : droits d’auteur et dessins &amp; modèles</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Logo, codes visuels, typographies, univers graphique : ces éléments peuvent relever du <strong>droit d’auteur</strong> (si originalité démontrable) et parfois d’un dépôt en <strong>dessins et modèles</strong> pour renforcer la protection.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans un réseau, où ces éléments sont déclinés par des dizaines d’unités, la question essentielle est :<br /><strong>qui détient les droits ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Avez-vous des cessions claires avec l’agence, le designer, le studio ? Sans cela, l’actif est exploité… mais juridiquement fragile.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Outils numériques, logiciels, bases, noms de domaine</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">En 2026, le patrimoine immatériel d’un réseau dépasse largement la marque : applications, plateformes e-learning, logiciels de gestion, base de données, noms de domaine, templates, contenus.</p>
<p style="text-align: justify;">La question clé n’est pas seulement « est-ce protégé ? », mais aussi : <strong>qui est titulaire</strong>, dans quelles conditions, et que prévoit le contrat (prestataire, co-développement, maintenance, réversibilité, licences) ?</p>
<h2 style="text-align: justify;">Ce que doit contenir un contrat de franchise solide sur le volet propriété intellectuelle</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>1) Identifier précisément les droits concédés</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le contrat doit lister clairement :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>marque(s) (et références d’enregistrement),</li>
<li>périmètre territorial,</li>
<li>durée et conditions,</li>
<li>éléments inclus (charte, contenus, outils),</li>
<li>statut des mises à jour.</li>
</ul>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>2) Encadrer l’usage de la marque</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le contrat doit prévoir :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>respect strict de la charte,</li>
<li>interdiction de modification des signes distinctifs,</li>
<li>obligation de signalement des atteintes ou copies repérées localement.</li>
</ul>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>3) Protéger le savoir-faire : confidentialité pendant et après</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La confidentialité doit être précise (périmètre, durée, sanctions). Un simple principe général est rarement suffisant quand survient un litige.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>4) Prévoir les obligations post-contractuelles</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Que se passe-t-il à la fin du contrat ?</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>arrêt immédiat de l’usage de la marque,</li>
<li>restitution et suppression des outils et contenus,</li>
<li>encadrement de la réutilisation des méthodes,</li>
<li>clauses adaptées (non-concurrence, non-affiliation), à calibrer avec prudence et proportionnalité.</li>
</ul>
<h3 style="text-align: justify;"><strong> 5) Définir les leviers d’action en cas de violation</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Procédure d’alerte, mesures conservatoires, actions possibles (contrefaçon, concurrence déloyale, atteinte au savoir-faire), délais et modalités : l’objectif est d’éviter l’improvisation au pire moment.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Questions fréquentes des franchiseurs en développement</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Faut-il déposer la marque avant de signer le premier contrat de franchise ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Oui. Idéalement, la marque doit être déposée et la situation sécurisée avant de concéder une licence. Signer sur une marque « fragile » augmente les risques en cas de contestation ultérieure.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Dans quelles classes faut-il déposer la marque d’un réseau ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Les classes doivent couvrir l’activité actuelle et les extensions réalistes (formation, digital, services associés, produits dérivés). Une stratégie de dépôt se construit sur le modèle économique du réseau, pas uniquement sur l’activité du jour 1.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le savoir-faire peut-il être protégé comme une marque ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Non. Le savoir-faire ne se dépose pas. Il se protège par sa structuration (secret, documentation) et par des clauses contractuelles robustes, notamment confidentialité et obligations post-contractuelles.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Que faire si un franchisé sortant réutilise le concept ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Tout dépend de la qualité du dispositif : documentation du savoir-faire, clauses, preuves, et réactivité. Un audit en amont facilite une action rapide et crédible si un conflit survient.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Conclusion : la question à se poser maintenant, pas après le premier litige</h2>
<p style="text-align: justify;">Franchise Expo Paris 2026 a fermé ses portes. Beaucoup de franchiseurs vont signer dans les prochaines semaines. La propriété intellectuelle doit être sécurisée <strong>avant</strong> les premières signatures : marque, savoir-faire, identité visuelle, outils digitaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Les erreurs de démarrage (dépôt incomplet, marque au mauvais nom, contrat peu précis, savoir-faire non documenté) se paient souvent plus tard — et plus cher — quand le réseau a déjà grandi.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous développez un réseau de franchise et vous souhaitez sécuriser votre modèle avant de recruter vos franchisés ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Cabinet Nathalie Matteoda (Paris 8) — Avocate en propriété intellectuelle et droit des réseaux</strong> :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>audit du portefeuille de marque (INPI et UE selon votre expansion),</li>
<li>cartographie des actifs immatériels (savoir-faire, charte, contenus, outils),</li>
<li>revue du volet PI du contrat et cohérence avec le DIP,</li>
<li>mise en place d’une stratégie de surveillance et de défense.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Contactez le Cabinet pour un <strong>audit express “PI franchise”</strong> avant vos premières signatures.</p>
<p><strong>Tél. 06 42 18 50 53<span> </span>ou prenez<span> </span><a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/avocat-prendre-rdv">rendez-vous en ligne.</a></strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>IA Générative et Marque : ce que les dirigeants de PME doivent savoir en 2026</title>
		<link>https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/ia-generative-marque-pme</link>
					<comments>https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/ia-generative-marque-pme#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Nathalie Matteoda]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Mar 2026 12:53:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/ia-generative-marque-pme">IA Générative et Marque : ce que les dirigeants de PME doivent savoir en 2026</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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				<div class="et_pb_text_inner"><p style="text-align: justify;">L’intelligence artificielle générative s’est installée dans les pratiques quotidiennes des entreprises. En 2026, de nombreuses PME utilisent déjà des <strong>outils d’IA</strong> pour créer des <strong>noms de marque, des logos, des slogans, des visuels marketing ou des contenus publicitaires.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce mouvement s’accélère avec l’adoption de solutions accessibles et peu coûteuses. Pourtant, une question juridique majeure demeure : <strong>ces créations sont-elles réellement protégeables ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Peut-on déposer une marque créée avec l’IA à l’INPI ?<br />Que se passe-t-il si un concurrent copie le logo ou le nom généré ?<br />Et comment sécuriser juridiquement une identité de marque construite avec ces outils ?</p>
<p style="text-align: justify;">Pour les dirigeants de PME, ces questions deviennent stratégiques. Une identité de marque mal protégée peut entraîner une perte d’avantage concurrentiel, des litiges ou des coûts de rebranding.</p>
<p style="text-align: justify;">L’objectif de cet article est de vous donner une lecture claire et opérationnelle des <strong>enjeux juridiques liés aux marques créées avec l’IA générative en 2026.</strong></p>
<h2 style="text-align: justify;">Pourquoi 2026 change la donne pour les marques créées avec l’IA ?</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>L’IA générative est devenue un outil courant de branding</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, l’IA intervient dans de nombreuses étapes du branding :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>recherche de noms de marque</li>
<li>création de logos et univers graphiques</li>
<li>génération de slogans</li>
<li>conception de visuels marketing</li>
<li>création de contenus web et publicitaires</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Pour les PME, ces outils permettent de <strong>réduire les coûts et d’accélérer les cycles de création</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, cette rapidité peut masquer des risques juridiques importants : disponibilité du nom, titularité des droits, reproduction involontaire d’un signe existant ou encore incohérence dans la protection de la marque.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>L’entrée en application progressive de l’AI Act européen</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Depuis 2025-2026, le règlement européen sur l’intelligence artificielle (AI Act) s’applique progressivement dans l’Union européenne.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce texte vise principalement les fournisseurs et les systèmes d’IA, mais il impacte indirectement les entreprises utilisatrices, notamment en matière :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>de <strong>transparence sur les outils utilisés</strong>,</li>
<li>de <strong>gestion des risques liés aux contenus générés</strong>,</li>
<li>de <strong>traçabilité des processus de création</strong>.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Pour une PME, cela signifie que l’utilisation de l’IA dans la communication et le branding doit désormais s’inscrire dans une <strong>gouvernance plus structurée</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A retenir :</strong> l’IA facilite la création, mais elle ne remplace pas une stratégie juridique de protection de la marque.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Peut-on déposer une marque créée avec l’IA à l’INPI ?</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le critère essentiel : la distinctivité du signe</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Contrairement à une idée répandue, l’utilisation d’un outil d’IA n’empêche pas de déposer une marque.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour être enregistrée, une marque doit simplement respecter les critères classiques du droit des marques :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>être <strong>distinctive</strong></li>
<li>être <strong>disponible</strong></li>
<li>ne pas être <strong>trompeuse ou descriptive</strong></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, un nom ou un logo généré par IA peut parfaitement être déposé <strong>si ces conditions sont réunies</strong>.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le risque accru de conflits avec des marques existantes</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le principal problème vient du mode de fonctionnement des outils d’IA.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces systèmes s’appuient sur d’énormes bases de données et produisent des résultats statistiques proches des tendances du marché. Cela augmente la probabilité que le nom généré soit :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>déjà utilisé par une entreprise</li>
<li>très proche d’une marque existante</li>
<li>descriptif ou générique</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Sans recherche d’antériorités, une PME peut donc choisir un nom séduisant… mais juridiquement fragile.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Logo généré par IA : protection et limites</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Un logo généré par IA peut être protégé par :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>le <strong>droit des marques</strong> (si déposé)</li>
<li>éventuellement le <strong>droit d’auteur</strong>, si l’œuvre présente une originalité suffisante</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Toutefois, si le visuel est trop générique ou proche d’autres créations, sa protection peut être contestée.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A retenir :</strong> l’IA ne bloque pas le dépôt d’une marque, mais elle augmente le risque de créer un signe juridiquement faible.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Qui détient les droits sur un logo ou un visuel généré par IA ?</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>La contribution humaine reste déterminante</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">En droit d’auteur, la protection repose sur l’existence d’une création originale reflétant la personnalité de son auteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque l’IA intervient, la question devient : <strong>quelle est la part de création humaine ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Plus l’intervention humaine est importante (brief, choix artistiques, retouches, direction créative), plus la protection est solide.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les conditions d’utilisation des outils d’IA</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Un point souvent négligé concerne les <strong>conditions générales d’utilisation des outils d’IA</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Certaines plateformes prévoient par exemple :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>une licence non exclusive sur les contenus générés</li>
<li>des limitations sectorielles</li>
<li>des exclusions de garantie</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Ces éléments peuvent fragiliser la capacité de l’entreprise à revendiquer des droits exclusifs sur son identité visuelle.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le rôle des prestataires et agences</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Lorsque la création est réalisée par une agence ou un freelance utilisant l’IA, la question de la titularité devient essentielle.</p>
<p style="text-align: justify;">Les contrats doivent préciser :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>la cession des droits</li>
<li>les garanties contre les atteintes aux droits de tiers</li>
<li>la transparence sur les outils utilisés</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>A retenir :</strong> ce qui compte juridiquement n’est pas l’outil utilisé, mais la <strong>chaîne des droits</strong> et la <strong>traçabilité de la création</strong>.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Les principaux risques pour une PME qui crée sa marque avec l’IA</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Risque d’opposition lors du dépôt de marque</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Si la marque est trop proche d’un signe existant, son titulaire peut former une opposition devant l’INPI ou l’EUIPO.</p>
<p style="text-align: justify;">La PME peut alors être contrainte de :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>modifier son identité</li>
<li>abandonner le dépôt</li>
<li>engager des frais supplémentaires</li>
</ul>
<h3><strong>Risque de contrefaçon involontaire</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Un logo ou un visuel généré par IA peut reproduire des éléments présents dans des œuvres existantes.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce cas, l’entreprise peut être accusée de contrefaçon même si la reproduction est involontaire.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Risque de dilution de la marque</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">L’utilisation incohérente d’un nom ou d’un logo sur différents supports peut fragiliser la protection.</p>
<p style="text-align: justify;">Une identité de marque mal structurée devient plus difficile à défendre juridiquement.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Risque de preuve insuffisante</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">En cas de litige, l’entreprise doit être capable de prouver :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>la date de création</li>
<li>l’usage de la marque</li>
<li>les choix créatifs réalisés</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Sans documentation, cette preuve devient complexe.</p>
<h2 style="text-align: left;">Comment sécuriser une marque créée avec l’IA : la méthode recommandée ?</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Etape 1 : vérifier la disponibilité du signe</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Avant toute communication publique, il est essentiel de réaliser une recherche d’antériorités portant sur :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>les marques enregistrées</li>
<li>les noms de société</li>
<li>les noms de domaine</li>
<li>les usages existants</li>
</ul>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Etape 2 : structurer la création de la marque</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Il est conseillé de documenter :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>le brief initial</li>
<li>les propositions générées</li>
<li>les versions retenues</li>
<li>les modifications apportées</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Cette traçabilité renforce la preuve en cas de litige.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Etape 3 : déposer la marque rapidement</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le dépôt auprès de l’INPI permet de sécuriser juridiquement le signe et de disposer d’un monopole d’exploitation.</p>
<p style="text-align: justify;">Selon la stratégie de développement, un dépôt peut être envisagé :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>en France</li>
<li>dans l’Union européenne</li>
<li>à l’international</li>
</ul>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Etape 4 : encadrer contractuellement les créations</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Les relations avec les agences, designers ou freelances doivent prévoir :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>la cession des droits</li>
<li>la garantie d’éviction</li>
<li>les modalités d’utilisation des outils d’IA</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>A retenir :</strong> une marque forte repose sur trois piliers : <strong>disponibilité, dépôt, preuve d’usage</strong>.</p>
<h2 style="text-align: left;">Vos questions &#8211; Mes réponses : IA générative et protection de votre marque</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Peut-on déposer un nom de marque proposé par une IA ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Oui. L’important est que le nom soit distinctif et disponible. Une recherche d’antériorités reste indispensable avant le dépôt.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Un logo généré par IA est-il protégé automatiquement ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Non. La protection dépend du droit mobilisé (marque, droit d’auteur) et de la capacité à démontrer l’originalité et la titularité des droits.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Que faire si un concurrent copie un nom ou un logo créé avec l’IA ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Il est possible d’agir sur plusieurs fondements juridiques : contrefaçon de marque, concurrence déloyale ou parasitisme selon les cas.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Faut-il éviter l’IA pour créer une marque ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Non. L’IA peut être un outil efficace, à condition que la création et la protection juridique soient correctement encadrées.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’accompagnement du Cabinet Nathalie Matteoda expert en <a href="/avocat-droit-marques">droit des marques</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les dirigeants de PME utilisent de plus en plus l’IA pour leur communication et leur branding, souvent sans mesurer les implications juridiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Cabinet Nathalie Matteoda accompagne les entreprises pour :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>sécuriser le choix d’un nom de marque</li>
<li>réaliser les recherches d’antériorités</li>
<li>définir une stratégie de dépôt (INPI, UE, international)</li>
<li>encadrer contractuellement les créations réalisées avec l’IA</li>
<li>agir en cas de copie ou de conflit de marque.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">En conclusion, l’intelligence artificielle transforme profondément la manière dont les entreprises créent leur identité de marque.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais en matière de propriété intellectuelle, <strong>la rapidité de création ne doit pas faire oublier la rigueur juridique</strong>. Une marque mal sécurisée peut entraîner des litiges, une perte d’avantage concurrentiel ou des coûts de rebranding importants.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour les PME, la bonne approche consiste à intégrer dès le départ une <strong>stratégie juridique de protection des marques</strong>, compatible avec l’usage des outils d’IA.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous utilisez l’intelligence artificielle pour créer votre identité de marque ou vos contenus marketing ?</p>
<p style="text-align: justify;">Maître Nathalie Matteoda, avocat en propriété intellectuelle à Paris 8, vous accompagne pour <strong>sécuriser juridiquement votre marque, vos créations et vos outils numériques</strong> avant qu’un litige ne survienne.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tél. 06 42 18 50 53<span> </span>ou prenez<span> </span><a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/avocat-prendre-rdv">rendez-vous en ligne.</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Suivre mon actualité sur Linkedin ?<span> </span><a href="https://www.linkedin.com/in/matteoda-nathalie/" target="_blank" rel="noopener">Nathalie Matteoda – Avocat en droit de la propriété intellectuelle</a></p></div>
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		<title>La valorisation d’une marque dans une cession d’entreprise : le levier immatériel qui peut changer le prix de vente</title>
		<link>https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/valorisation-marque-cession-entreprise</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie Matteoda]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 10:24:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/valorisation-marque-cession-entreprise">La valorisation d’une marque dans une cession d’entreprise : le levier immatériel qui peut changer le prix de vente</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
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				<div class="et_pb_text_inner"><p style="text-align: justify;">Lors d’une cession d’entreprise, les dirigeants de PME raisonnent souvent en priorité sur le chiffre d’affaires, l’EBITDA, l’outil industriel ou le fonds de commerce. Pourtant, <strong>la marque</strong> (nom, logo, signe distinctif) peut représenter une part significative de la valeur et, à l’inverse, devenir un <strong>point de blocage</strong> si elle est mal sécurisée.</p>
<p style="text-align: justify;">A Paris et en Île-de-France comme partout en France, les repreneurs et investisseurs sont de plus en plus attentifs aux <strong>actifs immatériels</strong> : marque(s), logiciels, design, bases de données, savoir-faire. La propriété intellectuelle n’est plus une « formalité » : c’est un <strong>actif économique</strong> et un <strong>risque juridique</strong> à traiter sérieusement avant la signature.</p>
<p style="text-align: justify;">Objectif de cet article : vous donner un cadre clair pour <strong>comprendre pourquoi la marque pèse dans une valorisation</strong>, <strong>identifier les méthodes de valorisation</strong>, <strong>éviter les pièges juridiques fréquents</strong>, et <strong>préparer une cession “clean” côté PI</strong> avec l’appui de Maître Nathalie Matteoda, avocat en propriété intellectuelle à Paris 8.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Pourquoi la marque pèse autant dans la valeur d’une entreprise</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>La marque est un actif patrimonial autonome</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Juridiquement, une marque est un droit de propriété intellectuelle qui confère <strong>un monopole d’exploitation</strong>, renouvelable (par périodes de 10 ans), et <strong>cessible</strong>. Elle peut être vendue, apportée, licenciée, voire donnée en garantie.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Conséquence business :</strong> une marque peut concentrer la valeur créée par l’entreprise (notoriété, confiance, préférence client, capacité à vendre plus cher, capacité à se développer). Lors d’une cession, elle peut donc faire basculer la discussion du “prix” vers la “valeur”.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Une marque peut avoir une valeur même sans exploitation immédiate</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Point souvent contre-intuitif : une marque peut conserver une valeur <strong>même si elle est peu exploitée</strong> (ou exploitée de manière irrégulière), parce que l’enregistrement confère un droit exclusif et un potentiel de revenus futurs (licences, extension de gamme, internationalisation).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Attention :</strong> ce potentiel n’efface pas les risques (déchéance pour non-usage, conflits, fragilités du dépôt). Il doit être documenté et sécurisé.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>La structure de l’opération change la logique de valorisation</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La marque ne se valorise pas de la même façon selon que vous réalisez :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>une <strong>cession de la marque seule</strong>,</li>
<li>une <strong>cession du fonds de commerce</strong>,</li>
<li>une <strong>cession des titres</strong> (cession de société).</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Chaque option entraîne des effets pratiques (périmètre transféré, garanties, formalités, fiscalité) et influence la manière dont la marque “pèse” dans le prix final.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Comment valoriser une marque dans une cession : 3 approches utilisées</h2>
<p style="text-align: justify;">Il n’existe pas une méthode unique. En pratique, on combine souvent plusieurs approches pour construire une valorisation cohérente et défendable.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>1) L’approche par les revenus (logique “royalties / cash-flows”)</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La valeur repose sur les revenus futurs attribuables à la marque : redevances de licence (réelles ou théoriques), chiffre d’affaires “porté” par la marque, marge liée à la notoriété. Les flux futurs sont ensuite <strong>actualisés</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A retenir :</strong> c’est une méthode utile lorsque la marque est réellement un moteur commercial (effet “pricing”, réachat, communauté, distribution).</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>2) L’approche par comparaison (marché / transactions)</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">On compare avec des cessions de marques similaires et/ou des <strong>taux de royalties</strong> observés dans le secteur.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A retenir :</strong> pertinente si votre secteur est “lisible” (références disponibles) et si vous pouvez justifier la comparabilité (marché, maturité, canaux, territoires).</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>3) L’approche patrimoniale (coûts &amp; investissements)</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La valeur peut intégrer les investissements marketing, le coût de création, la notoriété acquise.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A retenir :</strong> utile pour “raconter” l’effort d’édification de l’actif, mais rarement suffisante seule. Une marque vaut surtout par ce qu’elle permet de générer (ou d’empêcher aux autres de capter).</p>
<h2 style="text-align: justify;">Les risques juridiques fréquents qui font baisser le prix (ou bloquent la cession)</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Titularité : la marque n’appartient pas à la “bonne” entité</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Cas classique : la marque est déposée au nom du dirigeant, ou détenue par une autre société du groupe. Résultat : <strong>la cession peut être bloquée</strong> ou nécessiter une restructuration préalable (cession intragroupe, apport, licence, etc.).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Réflexe dirigeant :</strong> avant toute négociation, vérifiez qui est titulaire (INPI / EUIPO / OMPI selon le périmètre) et alignez la marque avec le périmètre vendu.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Absence d’audit PI : validité, litiges, licences… rien n’est cadré</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Avant une cession, il faut vérifier la validité de la marque, l’absence de litige, l’existence de licences.</p>
<p style="text-align: justify;">Sans audit, vous vous exposez à :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>des demandes d’ajustement du prix (earn-out, retenues, escrow),</li>
<li>des garanties plus lourdes,</li>
<li>des conditions suspensives supplémentaires,</li>
<li>voire un abandon de l’opération si le risque est jugé trop élevé.</li>
</ul>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Prix de cession mal justifié : risque de contestation fiscale</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une marque cédée à un prix trop faible (ou incohérent) peut être contestée, avec un risque de redressement ou de requalification.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>En pratique :</strong> il ne s’agit pas de “gonfler” artificiellement, mais de pouvoir <strong>expliquer</strong> et <strong>documenter</strong> la valeur : logique économique, périmètre, preuves d’exploitation, comparables, cohérence avec l’opération.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Ce qu’un repreneur/investisseur attend : un dossier PI “prêt data room”</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>1) Une cartographie claire des actifs immatériels</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Au-delà de la marque, les dirigeants doivent identifier les actifs immatériels : marques, logiciels, design, bases de données, savoir-faire.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Objectif :</strong> montrer que l’entreprise maîtrise ce qui crée sa différenciation (et que ce qui est vendu correspond à ce qui est exploité).</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>2) Une preuve de “contrôle” : contrats, licences, chaîne des droits</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Dans une cession, la marque ne vit pas seule. Elle interagit avec :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>contrats de distribution / licence,</li>
<li>contrats prestataires (création, design, marketing),</li>
<li>clauses d’usage (charte, guidelines),</li>
<li>noms de domaine, réseaux sociaux, marketplaces,</li>
<li>contentieux et antériorités.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Plus votre chaîne des droits est claire, plus la valorisation est crédible.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>3) Une capacité d’anticipation : risques identifiés, plan de remédiation prêt</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Les meilleurs dossiers ne prétendent pas être “sans risque”. Ils montrent :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>les points faibles,</li>
<li>les actions correctrices engagées,</li>
<li>les délais réalistes,</li>
<li>et l’impact estimé sur l’opération.</li>
</ul>
<h2 style="text-align: justify;">Checklist dirigeants PME : sécuriser la marque avant une cession</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong>Etape 1 : Audit PI avant la cession</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Réaliser un audit de propriété intellectuelle avant la cession. <br />Inclure : validité, titularité, classes/territoires, usage, oppositions/litiges, licences, cohérence marque et activité.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Etape 2 : Titularité : aligner l’actif avec l’entité vendue</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Vérifier la titularité et corriger si nécessaire (cession, apport, réorganisation).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Etape 3 : Documenter la valeur économique</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Documenter la valeur économique de la marque : rôle dans les ventes, dans la marge, dans l’acquisition client, dans la distribution, dans l’export.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Etape 4 : Préparer les éléments “data room”</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Regrouper : certificats, preuves d’usage, contrats liés, licences, chartes, décisions/risques, actions de défense, historique des dépôts.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>L’accompagnement de Maître Nathalie Matteoda (Paris 8) : Propriété intellectuelle, stratégie et sécurisation des opérations</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><span>Le Cabinet Nathalie Matteoda aide les entreprises et les dirigeants à adopter une approche orientée business : la PI comme levier de performance et de sécurisation des opérations (cession, croissance, franchise, digital).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span>L’objectif est d’éviter les angles morts et de rendre l’actif compréhensible, défendable et valorisable.</span></p>
<p style="text-align: justify;">Concrètement, l’accompagnement peut inclure :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>audit propriété intellectuelle pré-cession</strong> et cartographie des risques,</li>
<li>recommandations de structuration (titularité, licences, cohérence périmètre vendu),</li>
<li>préparation des éléments clés pour la <strong>data room</strong>,</li>
<li>stratégie de preuve et de défense (en amont et en cas de litige),</li>
<li>articulation avec les autres actifs immatériels (logiciels, design, bases de données, savoir-faire).</li>
</ul>
<h2 style="text-align: justify;">Valorisation d’une marque et cession d’entreprise : Vos questions – Mes Réponses</h2>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Une marque “peu exploitée” a-t-elle vraiment de la valeur ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Elle peut en avoir, car l’enregistrement confère un droit exclusif et un potentiel de revenus futurs. Mais l’absence d’exploitation augmente les risques (notamment de fragilisation) et doit être analysée au cas par cas.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi la titularité est-elle un point bloquant en cession ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Si la marque est détenue par une autre personne/entité (dirigeant, holding, autre filiale), l’acheteur ne récupère pas automatiquement le droit. Il faut alors restructurer ou contractualiser, ce qui impacte calendrier, garanties et prix.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Quels sont les “red flags” PI qui font baisser le prix ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Typiquement : absence d’audit, marque non alignée avec l’entité cédée, litiges ou risques d’opposition, licences mal cadrées, preuve d’usage insuffisante, portefeuille incohérent.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Comment rendre une valorisation “défendable” ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">En combinant une logique économique (revenus/royalties, comparables, investissements) avec un dossier juridique solide (validité, titularité, périmètre, contrats, preuves).</p>
<p style="text-align: justify;">En conclusion, une entreprise ne se valorise plus uniquement sur ses actifs matériels : <strong>les actifs immatériels, et la marque en premier lieu, pèsent directement dans le prix, la négociation et la sécurité juridique de la cession</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous préparez une cession (ou une levée) et vous voulez éviter une décote “PI” de dernière minute ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Contactez <strong>Maître Nathalie Matteoda, avocat en propriété intellectuelle à Paris 8</strong>, pour un <strong>audit express “marque et actifs immatériels”</strong> et une feuille de route de sécurisation (titularité, preuves, contrats, portefeuille, data room) avant entrée en négociation.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tél. 06 42 18 50 53<span> </span>ou prenez<span> </span><a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/avocat-prendre-rdv">rendez-vous en ligne.</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Suivre mon actualité sur Linkedin ?<span> </span><a href="https://www.linkedin.com/in/matteoda-nathalie/" target="_blank" rel="noopener">Nathalie Matteoda – Avocat en droit de la propriété intellectuelle</a></p></div>
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<p>L’article <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr/valorisation-marque-cession-entreprise">La valorisation d’une marque dans une cession d’entreprise : le levier immatériel qui peut changer le prix de vente</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.matteoda-propriete-intellectuelle.fr">Nathalie Matteoda Avocat en propriété intellectuelle</a>.</p>
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